Monsters Legacy Collections
Universal Studio

Année: 1931-1946
Classification: PG
Durée: 1064 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono) + Espagnol (Mono) sur un des films
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 6 (3 DVD-9 + 3 DVD-18)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon François Langevin
2 mai 2004

Avec la venue prochaine de la méga production Van Helsing, Universal Studios propose aux fans et aux curieux du genre horreur, un méga coffret intitulé "The Monster Legacy Collection", coffret divisé en trois segments, chacun couvrant un de ces êtres supernaturels qui ont fait tant frémir. Un premier volet est consacré à Dracula, le deuxième à Frankenstein et le dernier à l'homme loup-garou. Dans tous les cas, c'est à l'œuvre des artisans et des pionniers que l'on rend hommage et aux belles années de la Universal (1931 – 1946). Il est bon de souligner que plusieurs de ces films étaient introuvables depuis belle lurette sur support DVD. Alors, sans plus tarder, laissez-moi vous présenter chacun de ces monstres sacrés du septième art.


Dracula

Dracula est certes le personnage le plus fascinant du genre horreur. Né de l'imaginaire de Bram Stoker à la fin du 19e siècle, c'est par le biais de Bela Lugosi que la créature prend son envol et son mordant. D'ailleurs, Lugosi dira vers la fin de sa vie que Dracula fût la meilleure et la pire des choses qui pouvait lui arriver. Il ne put jamais se détacher du personnage. Universal nous présente 5 variations vampiriques du seigneur des ténèbres.

Dracula (1931)

Ce film est reconnu officiellement comme le premier film sur Dracula, malgré le fait que Nosferatu de F.W. Murnau tourné en 1922 l'eût précédé. Une violation des droits d'auteurs empêcha ce film de garder l'affiche. Réalisé par Tod Browning, Dracula reste fidèle à l'oeuvre littéraire et favorise une approche théâtrale. C'est à travers une caméra statique et de longs plans que l'on assiste aux péripéties du comte jusqu'à son ultime rencontre avec le professeur Van Helsing. Ce film, sans être un chef-d'œuvre, est devenu culte et plusieurs répliques font maintenant partie du folklore gothique. (i.e. Children of the Night...")

Dracula (1931) Version espagnole

Réalisé par George Melford, ce film est un véritable clone du premier. Tourné simultanément et avec des acteurs espagnols, le film utilisait les mêmes décors que l'original sauf qu'il était tourné la nuit. Ce film se démarque par une caméra beaucoup plus nerveuse et par un jeu beaucoup plus physique des comédiens. Néanmoins, le charisme de Carlos Vallerias alias Dracula n'a pas la même envergure que celui de Bela Lugosi. À voir absolument pour apprécier deux variations d'un même thème.

Dracula's Daughter (1936)

Ce film débute où l'original se termine. Le professeur Van Helsing ou plutôt Von Helsing est arrêté par deux policiers pour meurtre. Il tentera de prouver qu'il a tué un vampire. Pendant ce temps, une mystérieuse femme enlève le corps du comte Dracula, pensant guérir le mal qui l'afflige. Ce film, qui se voulait un tremplin pour renflouer les coffres de la Universal, s'est finalement avéré le tombeau du producteur Carl Leammle. Un scénario intéressant et audacieux pour l'époque séduit, mais une distribution cahoteuse enlise cette production, notamment Gloria Holden dans le rôle de la comtesse Zaleska qui offre un jeu aussi nuancé qu'un caillou.

Son of Dracula (1943)

Ce film raconte l'histoire d'une jeune aristocrate qui invite le comte Alucard (Dracula épelé à l'envers) au domaine familial. Le comte fera le nécessaire pour que la jeune femme hérite du domaine et l'épousera au grand dam de son fiancé. Le rythme y est soutenu et pour la première fois on assiste à la transformation de Dracula en chauve-souris. Les effets spéciaux sont efficaces pour l'époque et l'action beaucoup plus soutenue que dans les opus précédents. À noter que c'est Lon Chaney Jr. "Wolf Man" qui s'est vu offrir le rôle de Dracula, Bela Lugosi étant considéré comme trop instable à l'époque. C'est dommage, car ce Dracula vole beaucoup plus bas que celui de Bela Lugosi . Malgré cet irritant, ce film est un pur régal et indiscutablement le meilleur de ce mini coffret.

House of Dracula (1945)

Finalement disponible en DVD pour la première fois, ce film met en vedette Dracula, Frankenstein et l'homme loup-garou. Étant donné que cet opus vient clore l'ère d'épouvante de Universal, quoi de mieux qu'un dernier tour de piste pour toutes ces créatures. Ce film raconte l'histoire de Dracula (John Carradine) qui cherche une cure au vampirisme et s'adresse au docteur Edelman dans le but de remédier à la situation. L'homme loup-garou (Lon Chaney Jr.) ira consulter également de docteur dans le but de trouver une cure à sa lycanthropie. Par un soir de pleine lune, l'homme loup-garou tentera de mettre fin à ses jours simplement pour être retrouvé inconscient par le docteur aux côtés d'une créature inanimée (Frankenstein). Le docteur ramènera tout ce beau monde chez lui et en suivra le genre de party ou même le ritalin n'a pas d'effets. Ce film a de très grosses lacunes dans le scénario et il est strictement intéressant pour voir la confrontation entre les trois créatures. Fait à noter, après ce film les contrats de Lon Chaney Jr. et de Jack Pierce (responsable du maquillage de Dracula, Frankenstein et du loup-garou) ne furent pas renouvelés.

La vidéo des films de ce mini coffret est décevante. On aurait pu espérer un travail de restauration plus exhaustif, mais perdurent certains bruits de fonds et des impuretés et égratignures à l'image. Par contre, aucun artéfact de compression n'est à signaler. Les noirs sont prononcés et le contraste entre les tons de gris manque de précision. Considérant l'âge de ces films, on peut dire que la qualité d'image est satisfaisante mais sans plus. Le volet audio est quant à lui correct. Les voix sont claires et audibles et le mixage avec la trame musicale est fait correctement. Quelques légers bruits de fond demeurent perceptibles, mais cette trame mono est plus qu'adéquate.

Les suppléments sont nombreux et intéressants. On retrouve un petit documentaire de Stephen Sommers qui nous parle de son film Van Helsing et de sa vision de Dracula. On retrouve ensuite un documentaire de 35 minutes intitulé "The Road to Dracula", véritable musée d'informations et d'anecdotes sur l'origine de Dracula. À noter que l'historien David Skal commente la version originale de Dracula. Je vous recommande d'écouter ce film en utilisant cette piste audio, un vrai cours de cinéma vous attend. Une galerie de photos, une bande-annonce et des photos de productions viennent clore cette section. Le menu est quant à lui statique, accompagné d'une trame musicale. C'est une chauve-souris qui nous indique la sélection active du menu.


Frankenstein

Frankenstein est sûrement la créature la plus connue des films d'épouvantes aux côtés de Dracula. Si Dracula cultive le culte de la nuit et de l'immortalité, Frankenstein est l'archétype de la réincarnation. Issu de la plume de Mary Shelley en 1816, ce monstre a vu le jour au grand écran en 1931 et Universal Studios nous présente ici un mini coffret digne du personnage et de celui qui l'incarne, l'illustre Boris Karloff.

Frankenstein (1931)

Ce film raconte l'histoire d'un scientifique obsédé par l'idée de régénérer des tissus morts. Après quelques échecs, il arrive finalement à donner vie à une créature. Malheureusement pour lui, l'être réincarné est plutôt instable et lors de sa fuite, il en profite pour semer les germes de la colère bien malgré lui. Brillamment réalisé par James Whale, ce film se veut beaucoup plus dynamique et intrigant que n'a pu l'être Dracula la même année. C'est dans ce film que l'on entend la fameuse réplique "It's Alive" criée par un docteur comprenant ce qu'a vécu Dieu lors de la création. Une scène d'anthologie!

The Bride of Frankenstein (1935)

Cette suite très réussie de l'original reprend peu après la fin du premier film. La femme du docteur Frankenstein est kidnappée par un scientifique dément voulant créer une femme monstre pour l'accoupler au monstre Frankenstein. Boris Karloff reprend son rôle du monstre Frankenstein et la talentueuse Elsa Lanchester celui de la femme monstre. James Whale est encore aux commandes de ce film qui, comme son prédécesseur, est vivant, rempli d'actions et de frissons. À voir absolument pour la scène d'amour déchirante entre Karloff et Lanchester.

Son of Frankenstein (1939)

Ce film raconte l'histoire du fils du docteur Henry Frankenstein, Wolf Von, pour le nommer(Basil Rathbone), lequel hérite du domaine familial. En le visitant, il croise le vieil assistant de son défunt père, Ygor (Bela Lugosi), lequel le convainc de reprendre l'œuvre du paternel. C'est Rowland Lee qui se trouve à la barre de ce film, qui somme toute, est dans la lignée des deux précédents, mais le scénario s'étiole quelque peu et ça commence à sentir le réchauffé.

Ghost of Frankeinstein (1942)

Ygor (Bela Lugosi), ayant miraculeusement survécu aux évènements du film précédent, fait renaître la créature cette fois jouée par Lon Chaney Jr. et se met à la poursuite de l'autre fils du docteur Frankenstein, Ludwig, dans le but de la persuader de faire de la créature quelque chose d'encore plus fort. Réalisé par Erle Kenton, ce film réussit tant bien que mal à soutirer quelques frissons, mais on se rend compte que le scénario est mal ficelé et qu'il commence à y avoir de sérieuses invraisemblances. Du cinéma de formules quoi!

House of Frankenstein (1944)

Dans dernier opus, on retrouve Boris Karloff, mais surprise, dans le rôle du professeur fou Nieman, lequel s'évade d'un institut psychiatrique pour redonner vie à Dracula (John Carradine), au monstre Frankenstein (Glenn Strange) et à l'homme loup-garou (Lon Chaney Jr.) . Quoi de mieux qu'une monstrueuse armée pour combattre tous les ennemis que le machiavélique docteur s'est fait au fil des ans. Réalisé par Erle Kenton ce film est ficelé d'invraisemblances, mais le divertissement, comme les monstres, est au rendez-vous.

Le rendu visuel de ce coffret est surprenant considérant l'âge des films. Peu de poussières et d'impuretés sont détectables sur la pellicule. Le contraste entre les différentes teintes de gris est prononcé offrant une belle image noir et blanc. La restauration de ces films est digne de mention. Le volet audio aurait par contre pu bénéficier d'une meilleure restauration. Des bruits de fonds sont omniprésents, mais pas au point d'en altérer les registres de voix et d'affecter la compréhension des dialogues. La trame musicale est bien rendue et se fond bien à la trame sonore du film.

Les suppléments sont nombreux, à commencer par le petit documentaire de Stephen Sommers qui nous parle de son film Van Helsing et de sa vision de Frankenstein. Deux documentaires instructifs et intéressants suivent. On retrouve "The Frankenstein Files – How Hollywood Made a Monster" et "She's Alive, Creating the Bride of Frankenstein" d'une durée respective de 39 et 45 minutes. Ces deux documentaires regorgent d'anecdotes et de faits historiques. À voir absolument! Il y a également un petit film de 1932 intitulé "Boo" nous présentant ces monstres d'Hollywood dans une histoire cauchemardesque aux saveurs burlesques. À noter que les deux premiers films de ce coffret possèdent une trame de commentaires très riche en renseignements. Le menu est quant à lui statique, accompagné d'une trame musicale. C'est par une vis mécanique que l'on nous navigue à travers les options du menu.


L'homme loup-garou (Wolfman)

Comparativement aux deux premières créatures, l'homme loup-garou n'est pas une adaptation d'un livre et est le fruit de l'imaginaire de Curt Siodmak. Il a écrit le scénario des deux premiers "Wolf Man" mettant en vedette Lon Chaney Jr en se documentant abondamment sur le monde de la lycanthropie.

Wolf Man (1941)

Ce film raconte l'histoire de Larry Talbot (Lon Chaney Jr.) qui rentre au bercail après une absence de 18 ans. Un soir, en allant se faire dire la bonne aventure avec sa dulcinée et une amie, cette dernière est terrassée par un loup. N'écoutant que son courage, notre héros tue la bête, mais non sans avoir été mordu. Le lendemain, s'étant levé de mauvais poil, il prend conscience de son nouveau look hirsute et se rend vite compte que les nuits de pleine lune ont du mordant. Réalisé par George Waggner, ce film est certes le meilleur de la série. Il s'imprègne d'une ambiance fantomatique amenant un bon niveau de tension. La transformation de l'homme en loup-garou est vraiment bien réussie pour l'époque.

Frankenstein Meets the Wolf Man (1943)

Lon Chaney Jr. reprend le collier de son personnage. Il reprend vie par une nuit où des pilleurs de tombe lui rendent visite dans le but de le dégarnir de sa richesse éternelle. Toujours désireux de trouver une cure à sa double identité, il met la main sur le journal du docteur Frankenstein et dans son désir d'expérimenter les découvertes du docteur, il redonne vie au monstre Frankenstein. Ce film sent le réchauffé, le scénario est truffé d'invraisemblances, mais c'est un petit prix à payer pour voir ces deux monstres du cinéma en pleins débats.

Werewolf in London (1935)

Fait avant l'ère Lon Chaney Jr. c'est Henry Hull qui personnifie le loup-garou et son interprétation n'est pas au poil. Le film raconte l'histoire d'un botaniste qui ramène du Tibet une fleur aux vertus magiques qui fleurit seulement par pleine lune. Hélas, il ramène également de son voyage la lycanthropie. Un deuxième loup-garou, lui aussi à la recherche de cette fleur, amènera les deux créatures sur le chemin des confrontations. Ce film est franchement un ramassis de clichés et je dois l'avouer un vrai placebo. En passant, ce film n'a rien à voir avec "An American Werewolf in London" de John Landis.

She-Wolf of London (1946)

Ce film atteint des paroxysmes d'ennuis et met en vedette June Lockhart (la maman dans la télésérie Lost in Space) dans le rôle de Phyllis Allenby, jeune descendante d'une longue lignée qui est sous l'emprise d'une malédiction. En apprenant la rumeur qu'un loup-garou court dans les parages, elle se persuade qu'elle a quelque chose à voir avec ce nouveau cas de rage. Franchement en voyant cet effort, on peut comprendre pourquoi Universal a mis fin à l'ère des films d'épouvante. À conseiller seulement pour les insomniaques!

L'image de ces films est dans l'ensemble très respectable. Demeurent quelques impuretés ici et là, mais rien pour déranger l'œil. La texture d'image est parfois plus granuleuse, mais dans l'ensemble le travail de restauration est plus que convenable. Aucun artéfact de compression n'est à signaler. Le contraste entre les teintes de gris est assez profond, ce qui nous permet de bien distinguer les formes mêmes par faible éclairage. Le volet audio est lui aussi très convenable. Des bruits de fond sont perceptibles, mais, dans l'ensemble, les dialogues sont facilement audibles et une trame musicale discrète se marie bien au mixage sonore.

Les suppléments sont nombreux, à commencer encore une fois, par le petit documentaire de Stephen Sommers qui nous parle de son film Van Helsing et de sa vision de l'homme loup-garou. Le documentaire "Monster by moonlights" se veut le plus intéressant du plateau que je vous recommande fortement ne serait-ce que pour apprivoiser la bête. À noter une trame de commentaires rédigée par l'historien "Tom Weaver" est présente sur le film "Wolf Man", trame dont je recommande l'écoute. Les anecdotes et détails que l'on y trouve rendent l'expérience drôlement plus enrichissante. Le menu est quant à lui statique, accompagné d'une trame musicale. C'est par trois griffes, couleur sang, que l'on navigue entre les différentes options de chacun des films.


Universal Studios a eu la bonne idée de rééditer plusieurs titres de la belle époque des films d'horreur dans le but de promouvoir la venue prochaine du film Van Helsing. La présentation de ce méga coffret est un pur régal. Chacun des trois boîtiers renfermant deux DVD est d'une texture cartonnée et glacée à l'effigie d'une des créatures et enveloppé dans une jaquette cartonnée à fenêtre plastifiée rehaussant l'allure de la créature mythique. En plus, une pléthore de suppléments accompagne chacun des boîtiers rendant leur visionnement, une expérience unique. Comme ultime valeur ajoutée, trois statuettes immortalisant vous savez qui, ornent ce splendide coffret qu'est "The Monster Legacy Collection". Pour environ 80 dollars, cette monstrueuse compilation de 14 films est une véritable aubaine. Je félicite Universal Studios de cette belle initiative qui, en plus d'être une véritable mine d'informations sur l'ère d'épouvante, se veut un hommage aux grands de cette époque, tout spécialement Jack Pierce responsable du maquillage des créatures, et aux films de série B. À noter que l'on peut se procurer les trois minis coffrets individuellement pour environ 35 dollars. Indiscutablement un incontournable pour tout admirateur du genre horreur et des films classiques.


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