The Mummy (1932)
Special Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Karl Freund
Année: 1932
Classification: PG
Durée: 75 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
5 août 2008

Retrouvez Boris Karloff au meilleur de sa forme (quoique bien des gens affirment que Bride Of Frankenstein soit de loin son meilleur effort) alors qu'il interprète sous les maquillages délirants de Jack Pierce le rôle-titre et son alter ego Ardeth Bay. Le film a également vu un remake en 1999 sous la tutelle de Stephen Sommers, mettant en vedette Brendan Fraser, ces dernières aventures s'inspirant largement du scénario original de Peter Jackson pour son remake de King Kong (scénario datant alors de 1996). Ici, par contre, l'ensemble sympathique et grandiose éclipse d'un revers de la main son remake creux et sans âme.

Une équipe d'archéologues éveille, lors de fouilles, une momie vengeresse désirant retrouver l'amour de sa vie, s'étant réincarnée sous les traits d'une jeune aristocrate (Zita Johann, fabuleuse de mysticisme et d'une sensualité élégante).

Le film renoue avec plusieurs éléments ayant servis pour le Dracula de Tod Browning: quelques décors, des articles, objets et mêmes acteurs se joignent afin d'aider le réalisateur dans sa quête de rendre crédible cette fable sur l'amour immortel. Karloff crève l'écran dans un rôle le confinant encore une fois sous un maquillage énorme, néanmoins génial par Jack Pierce. Certains morceaux du synopsis ont également été pigés dans Dracula afin de rendre cette quête de la flamme perdue plus tragique. La momie, une fois régénérée, prend une apparence de personne âgée, Ardeth Bay, un égyptien gentleman, un peu comme Dracula se posant en gentilhomme devant Mina Harker. Malgré une durée relativement courte pour ce métrage, le rythme lent du film (la recette de Universal) n'altère en rien le plaisir à regarder Karloff et compagnie se la jouer expressionniste. Les décors, chargés et contrastant avec les personnages, comportent des qualités exceptionnelles de textures et teintes variées. Le montage, le grain de la pellicule, les éclairages somptueux, tout appelle à la nostalgie d'un cinéma qui, par bonheur, semble ressurgir grâce à la magie de la vie numérique. Sans égaler Dracula ou Frankenstein (on parle tout de même d'un film d'exploitation commerciale), "The Mummy" premier du nom, propose malgré tout de fascinantes excursions dans le macabre, sans avoir recours au déversement d'hémoglobine. Misant davantage sur la suggestion plutôt que la présentation, l'aura éternelle du film préserve cette peur sans nom qui gît au fond de chacun de nous, laissant au spectateur le soin de se faire sa propre idée... n'est-ce pas là le plus effrayant?

En guise de suppléments, cette édition peut se targuer d'être la meilleure "incarnation" numérique. Une pléthore d'entrevues, de revuettes, de bandes-annonces et d'affiches complètent les galettes numériques en plus de pistes de commentaires par l'historien Paul M. Jensen ainsi qu'une autre par Rick Baker, Scott Essman, Steven Haberman, Bob Burns et Brent Armstrong. Les documentaires s'étendent sur le tournage du film avec des anecdotes savoureuses, un autre s'attardant sur le travail gigantesque de Jack Pierce, un très (trop) court coup d'œil à l'évolution de la franchise à travers le temps ainsi qu'un dernier morceau de près de 95 minutes intitulé "Universal Horror" relatant la naissance de l'horreur à l'ère de la Crise économique mondiale. Un excellent travail de recherche, bien que parfois sentant les congratulations, dont on remarque plutôt l'honnêteté et les intervenants (dont la légendaire Fay Wray!!!) ainsi que les informations pertinentes. Les commentaires offrent de très bons moments d'information parfois totalement inconnue du public, de caprices d'acteurs, le tout passant à la vitesse grand V. Les intervenants de la seconde piste retrouvent rapidement leur cœur d'enfant, étant majoritairement maquilleurs. Si toutes les éditions spéciales prenaient modèle sur celle-ci, il serait difficile de se plaindre.

L'image du film est habilement restaurée. Les nuances de gris, les noirs et blancs, sont magnifiquement corrigés tout en laissant la pellicule originale préserver son grain. Les textures sont ainsi préservées, laissant la richesse de l'époque tant par les décors et les costumes ou les maquillages, d'opérer son charme. Le son, qui arbore une trame en 2.0, n'est pas encore du 5.1, mais mérite tout de même une belle note: l'ancienne édition comportait des traces de picotements (un peu comme un vieux vinyle rongé) ici corrigés pour le plus grand bien de nos oreilles. Les dialogues ressortent, tout autre son étant relégué à l'arrière-plan. Bon, on ne patauge pas en THX, mais c'est déjà mieux que rien, non?

Pour les amoureux/amoureuses du cinéma d'antan, ce plat composé par la Universal est tout indiqué comme étant un classique du genre, redorant à nouveau le blason du studio le plus populaire sur la planète (ils n'ont certes pas choisi le logo pour rien... ils l'ont mérité). Il ne reste qu'à attendre l'ultime film d'horreur de subir les honneurs d'une telle édition, et j'ai nommé Bride of Frankenstein.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments10
Vidéo9
Audio8