Sorti tout droit de l'imaginaire du réalisateur Wes Craven, le personnage de Freddy Krueger est devenu l'une des figures importantes du cinéma d'horreur contemporain. Tout en utilisant un ton sarcastique ainsi qu'une bonne dose d'originalité, les épisodes demeuraient malgré leurs défauts, des divertissements amusants à visionner entre amis. Toutefois, malgré la popularité de ses massacres nocturnes, notre tueur aux longues griffes n'a jamais affirmé sa véritable personnalité telle qu'imaginée par son créateur. Tout d'abord, dépeint comme un pédophile dans la première version du scénario, celui-ci s'est vu transformé en simple psychopathe au cours de sa mise sur pied afin de ne pas froisser les âmes sensibles. À l'image de la nouvelle mode d'Hollywood de reproduire des films qui ont déjà été réalisés, le premier épisode de la série "A Nightmare on Elm Street" s'est vu adapter au goût du jour, mais d'une manière peu convaincante.
Victimes de cauchemars incessants dans lesquels ils se retrouvent poursuivis par un individu brûlé, dont la main est munie de griffes acérées, les enfants de la ville de Springwood se retrouveront plongés dans une mystérieuse vague de suicides. Tout en voyant ses plus proches amis perdre la vie dans leur sommeil, Nancy se verra plongée dans un combat contre le mal qui lui révélera non seulement la véritable nature de cette tuerie, mais également lui dévoilera un secret qui bouleversera sa vie à tout jamais.
Composé d'un récit dans lequel on nous offre une personnification de Freddy Krueger semblable à celle imaginée originalement par Wes Craven, cette toute nouvelle adaptation du film "A Nightmare on Elm Street" se dénote par le sujet de la pédophilie. Tout en oubliant son caractère de tueur en série qui avait fait sa popularité, l'éventreur de Springwood s'avère être transformé cette fois-ci en pédophile en soif de vengeance. Muni d'un caractère plus sombre qu'autrefois, notre tueur favori se retrouve à la fois plus mystérieux que jamais, sans pour autant démontrer davantage de cruauté envers ses proies. Arborant avant tout un caractère moins expressif et moins dynamique que dans la série originale, la méchanceté de cet être machiavélique se retrouve étouffée derrière un visage inexpressif qui ne se révèle en aucun cas horrifiant. Malgré une interprétation intéressante de la part de Jackie Earle Haley qui réussit par son timbre de voix peu commun, à injecter une part insolite à son personnage, ce dernier n'arrive malheureusement pas à faire oublier la construction simpliste de son personnage ainsi que l'acteur Robert Englund. Malheureusement, marquée par la mise de côté de son caractère jovial à vouloir tourmenter ses victimes jusqu'à la mort, cette toute nouvelle vision de cet icône de l'horreur nous déçoit par son manque d'originalité dans sa manière de tuer. À l'aide d'un scénario peu original et d'une réalisation qui ne désire pas choquer les cœurs sensibles, le film"A Nightmare on Elm Street" s'avère être un divertissement bancal qui, par son sujet mal exploité n'arrive malencontreusement jamais à nous faire ressentir la moindre frousse. Agrémenté de nombreuses répétitions ainsi que par un manque de profondeur psychologique des jeunes protagonistes qui ne tentent absolument rien afin d'échapper aux griffes meurtrières de leur assaillant, le tout s'avère être peu prenant et de loin, moins intéressant que son original.
La qualité de l'image est à première vue plus qu'excellente. Ne possédant pratiquement aucun grain ni de défaut quelconque, le transfert offre une image claire, dans lequel il accentue les détails à la perfection. Composée d'une belle palette de couleurs, notamment lors des scènes de jour et un niveau de contrastes absolument parfait afin de bien suivre l'action proposée à l'écran, et cela même dans les scènes plus sombres. Agrémentée également d'une excellente bande sonore DTS-HD Master Audio qui rehausse avec vigueur l'ambiance horrifiante par son excellente reproduction des sons ambiants. Tout en englobant particulièrement bien l'action présentée à l'écran, l'univers sonore de Freddy Krueger n'a jamais eu une sonorité aussi inquiétante que réaliste.
Munie de diverses interviews ainsi que de scènes supprimées au montage final, la section des suppléments devient avant tout fascinante, grâce à l'accessibilité du mode "Maniacal Movie Mode". Tout en nous proposant la possibilité de regarder différents éléments d'information lors du visionnement du long métrage, le tout s'avère intéressant malgré sa courte durée qui l'empêche de nous proposer certains renseignements détaillés sur cette production. Le segment "Focus Point" nous présente un survol bien illustré de la conception des costumes ainsi que du maquillage, pour le plus grand plaisir des mordus de la conception d'un film d'horreur.
Loin de la qualité de son œuvre originale, la relecture du film"A Nightmare on Elm Street" s'avère décevante par le traitement peu développé de son sujet et pour l'absence de renouveau ainsi que celle d'éléments horrifiants.
| Film | 4 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |