Bien que je ne crois pas que, le jour de la fin du monde venue, les grands sages qui se réuniront pour juger des meilleurs films de tous les temps incluront un film de zombies dans leur palmarès, il faut tout de même reconnaître que depuis La nuit des morts-vivants de George A. Romero, ce genre cinématographique a la couenne dure. Chaque année voit sortir son lot, parfois maigre, mais tout de même présent, de films de zombie. Il est des années où ces bons vieux morts-vivants ont la cote plus que d'autre. Il est aussi des réalisateurs et des scénaristes qui ont plus de talent que d'autres et qui nous donnent donc des films de meilleure qualité. On a qu'à voir le récent 28 Days Later de Danny Boyle pour en être convaincu...
"The Living Dead at Manchester Morgue", du réalisateur espagnol Jorge Grau est certainement considéré parmi les classiques du genre. Sorti en 1974, en pleine vague européenne de films de zombies (surtout italiens et espagnols il est vrai), ce long-métrage a gracieusement traversé les époques et, contrairement à beaucoup des films du genre de sa période, a su maintenir une réputation et un public enthousiaste. Connu sous une myriade de titres différents tels le poétique "Let Sleeping Corpses Lie" ou le plus prosaïque (et minable) "Don't Open the Window" (au secours!!!), il est intéressant de voir qu'on se soit finalement entendu sur le titre de "The Living Dead at Manchester Morgue" pour sa réimpression en DVD. Bien que son titre espagnol original ait été "Los suenos de los muertos" (Les rêves des morts), le titre anglais est plus pratique et réfère au lieu de l'apothéose du film...
Superbement filmé dans la campagne anglaise, le film contient une bonne balance entre le suspense pré-zombies et les attaques horrifiques de ces derniers. Contrairement à beaucoup de ses pairs, "The Living Dead at Manchester Morgue" n'est pas tombé dans le panneau de l'armée de zombies attaquant la petite maison de campagne, mais a su pondéré ses morts vivants (une dizaine au total) et les utiliser avec plus de punch. Le film tient donc autant du suspense d'horreur que du film purement sanglant et lève-le-coeur. Bien qu'il contienne sa part de repas cannibale (ces pauvres zombies doivent bien se nourrir après tout!), il met surtout l'accent sur l'ambiance apeurante des situations et la tension qui règne pour les personnages pris dans ce village pas ordinaire.
L'histoire est assez traditionnelle pour ce genre de films. Un jeune couple (Ray Lovelock et Christine Galbo) se retrouve témoin d'un meurtre dans une petite maison de campagne et doit rester quelques jours au village le temps de l'enquête. Au même moment, le ministère de l'agriculture teste dans la région une machine à ondes sonores qui doit aider les fermiers en enrayant les parasites et insectes qui nuisent aux récoltes. Or, cette machine influant sur le système nerveux simple de ces bestioles, finit aussi par avoir de l'effet sur les cerveaux peu développés de certains êtres humains, nommément celui des bébés et celui des gens morts récemment! Notre couple doit donc affronter quelques-unes de ces créatures avant de réussir à prouver qu'ils ne sont pas les instigateurs de tous ces meurtres affreux qui semblent les suivre à la trace... Mais l'inspecteur chargé de l'enquête (Arthur Kennedy) ne veut rien entendre et continue de soupçonner ces deux jeunes drogués aux cheveux longs...
Au niveau vidéo, on a retrouvé une belle copie d'origine pour en extraire ce transfert. Très peu de rayures ou de saletés, des couleurs justes respectant le "look" de l'époque (c'est-à-dire un peu terne et baveuses), et un beau travail sur les contrastes. Pour l'audio, l'éternel problème des doublages de voix refait surface (ce qui est fréquent avec des coproductions lorsque, dans la même séquence, des acteurs de différentes nationalités peuvent parler différentes langues entre eux, comme c'est ici le cas avec l'anglais, l'espagnol et l'italien utilisés par les trois vedettes). On a donc une bande son un peu distanciée de la réalité visuelle. On imagine aisément les acteurs britanniques dans le studio de doublage, et on a de la difficulté à coller ces voix aux personnages qui évoluent à l'écran. Sinon, le transfert est plutôt bien et le son général possède une belle froideur qui colle bien à l'ambiance étrange et désertique des lieux de tournage. La musique est aussi assez intéressante avec les hurlements des morts-vivants intégrés dans les sons de synthétiseurs...
En suppléments on a inclus des bandes-annonces internationales, une galerie de photos et d'affiches du monde entier, des pubs télé et radio et un DVD complet de revuettes contenant des entrevues assez intéressantes avec Ray Lovelock, Jorge Grau et le créateur des effets spéciaux, Giannetto De Rossi. Ce DVD contient aussi une revuette où le réalisateur revient en Angleterre sur les lieux de tournage et explique à un journaliste les différentes étapes et visite les lieux utilisés pour la création du film.
| Film | 8 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |