Alexandre Aja, l'un des responsables du remake de Hills Have Eyes, est de retour, au scénario seulement, cette fois, dans "P2", voulu comme étant un suspense digne des meilleures heures de Hitchcock ou Spielberg à l'époque de Jaws. Avec un décor simple (un stationnement sous-terrain) et un scénario à priori complètement barré, on était en droit de s'attendre à quelque chose de surprenant.
Le soir de Noël, Angela (Rachel Nichols) doit travailler tard. Lorsqu'elle a terminé, elle est la dernière à quitter les lieux. Son véhicule ne démarre plus et elle demande de l'aide au gardien (Wes Bentley). Quelques moments plus tard, elle se réveille, ligotée dans le bureau du gardien. Ce dernier n'est peut-être pas aussi bien intentionné qu'il le paraissait au départ.
Voici l'idée de départ du film, qui aurait pu être réussi n'eut été des longueurs interminables, des invraisemblances du scénario et de la direction d'acteur qui laisse fortement à désirer. Franck Khalfoun, qui signe la moitié de l'histoire, aurait eu avantage à laisser la place à Alexandre Aja, plus expérimenté dans l'exploration de la terreur. Le slogan fait référence à "un nouveau niveau de terreur", mais si on prend en compte le fait qu'il s'agisse d'un sous-terrain, la qualité suit malheureusement cette dénivellation. Ainsi, le d'habitude génial Wes Bentley (American Beauty) se laisse diriger comme une courge molle, offrant des expressions faciales vues maintes fois. Rachel Nichols, quant à elle, hé bien on tente désespérément de la faire passer pour la prochaine Jodie Foster (regardez la couverture pour vous en convaincre), mais elle n'en dégage ni la force ni le charisme dans son interprétation. Au mieux, elle court et brandit la hache avec talent, mais là s'arrête toute comparaison. La réalisation caricaturale n'est pas pour améliorer les choses puisque doublée à des dialogues nuls, on sombre dans le déjà vu, déjà entendu.
En guise de suppléments, on retrouve une piste de commentaires par le réalisateur et l'équipe, "A new level of fear", "Designing Terror" et "Tension Nouveau". La plupart de ces revuettes n'offrent que de minces informations sur le tournage du film, quoiqu'énergiques. Les commentaires sont enjoués et informatifs, mais les revuettes sont continuellement interrompues par les sempiternelles scènes tirées du film (note aux producteurs de DVD: pas besoin de mettre ces foutues scènes, elles sont DANS le film déjà, à moins que vous ne nous preniez pour de parfaits idiots!). Autrement, les suppléments sont une longue liste de remerciements et de félicitations sous l'apparence d'un documentaire sur le tournage. On croirait regarder une revuette de Tom Cruise.
L'image sombre est maintenue tout au long du film, offrant parfois de sérieux moments de claustrophobie. Les couleurs sont belles et glaciales, servant avec honnêteté le propos du film. Les contrastes sont parfois exagérés, quoiqu'adéquats au sujet. Le son n'aura pas fini de vous inquiéter puisque les enceintes sont utilisées à bon escient, ainsi les échos entendus dans un stationnement sont reproduits avec fidélité. Les menus sont fixes, mais accompagnés de la trame sonore nettement bien trouvée par Tomandandy. Dommage que le film n'ait pas suivi dans la même veine.
Exercice de style, "P2" ne parvient malheureusement pas à soulever notre intérêt excepté dans quelques rares moments où le sujet a bien été exploité (exemple: la scène de torture du patron), ce qui est peu quand on pense à ce qui aurait pu constituer une véritable incursion dans la peur de ces endroits sombres en permanence. À louer s'il ne vous reste que ça à voir.
| Film | 5 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |