Les films d'horreur italiens et espagnols de séries B des grandes années 1970 et 1980 possèdent presque toujours un certain charme qui les rend agréables à visionner. Peut-être est-ce la naïveté de la réalisation et des effets spéciaux, la simplicité directe des scénarios, ou le fait que la plupart de ces artisans faisaient office de pionniers dans le genre? Qui sait? Toujours est-il qu'avec la fin des années 80 et le début de la décennie suivante, le cinéma en général devint plus lucratif et donc plus professionnel et les méthodes un peu artisanales des réalisateurs de films d'horreur "euro-trash" des années précédentes devinrent un peu dépassés. C'est le cas du grand gourou espagnol Jesus Franco et aussi des maîtres italiens comme Ruggero Deodato ou Lucio Fulci.
En visionnant "Door Into Silence" (bien que le titre qui apparaisse à l'écran soit "Door to Silence"!), l'ultime opus de ce dernier qui vient justement de voir le jour chez le distributeur américain Severin Films, on ne peut qu'avoir une triste pensée pour ce grand réalisateur de séries B qui semble être tombé bien bas à la fin de sa carrière. En situant son action dans les bayous de la Louisiane - après la Transylvanie des vampires, le lieu le plus mystérieusement horrifique que les films de série B aient trouvé - peut-être Fulci espérait-il retrouver un peu du climat d'anxiété et de terreur de The Beyond, un de ses classiques. Toujours est-il que le scénario fort simple de ce film-ci aurait pu se dérouler n'importe où. Mettant en vedette un John Savage qui lui aussi semble avoir pris un triste virage après le splendide The Deer Hunter de Michael Cimino), le film de Fulci ne parvient cependant pas à créer l'ambiance de folie grandissante et de terreur latente sur lequel toute l'histoire est basée. Il ne parvient qu'à nous ennuyer dès qu'on a compris où il veut en venir, c'est-à-dire après seulement quelques minutes du début.
Et puis, comme si le réalisateur s'était autocensuré ou comme s'il travaillait pour la télévision (ce qui expliquerait la sortie du film en format plein écran rendant justice au cadrage télévisuel habituel) "Door Into Silence" brille par l'absence de séquences extrêmes qui ont fait la réputation de son metteur en scène. Donc, pas de sang, de démembrement ou de nudité gratuite. Avis donc aux amateurs qui recherchent ces éléments lors de leur visionnement...
L'histoire est plutôt simple. Un agent immobilier (Savage) se trompe de chemin en rentrant de la ville et se perd dans les bayous de la Louisiane. En route il rencontre une belle jeune femme aguichante (Sandi Schultz) qui lui donne rendez-vous à la croisée d'une route du voisinage. En tentant de s'y rendre, il commence à avoir des hallucinations et semble voir la mort approcher. Tout ça ne sera que phantasme, jusqu'à ce qu'il croise en route un corbillard avec une couronne de fleurs portant son nom... Bref, un film mineur dans le répertoire du réalisateur italien qui, malheureusement, s'avérait être sa sortie de piste...
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, mais la copie originale est un peu abîmée. Les couleurs sont pas mal délavées et manquent de punch et la latitude des pellicules de l'époque n'étant pas très élevée, on retrouve beaucoup trop de contraste dans certaines séquences. Pour l'audio, on a bien nettoyé la bande mono, ce qui la rend très correcte à l'oreille. La prise de son originale reste quelconque par contre et la musique horrible. Malheureusement, nos cerveaux sont maintenant habitués à plus de stimulus auditifs et le tout semble un peu plat. Il n'y a pas de supplément sur ce DVD, ce qui est plutôt rare chez Severin. Peut-être est-ce symptomatique du peu d'intérêt que le film suscite aussi chez son distributeur?
| Film | 5 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |