Bien qu'il soit encore actif comme le prouve son récent, - et piètre!- Giallo, il est généralement convenu que les grands films du réalisateur d'horreur italien Dario Argento furent tournés dans les années 70 et au début des années 80. Pour plusieurs amateurs du metteur en scène, il est souvent aussi clair que "Profondo Rosso" ("Deep Red") est le chef-d'œuvre d'Argento. C'est pourquoi ces cinéphiles se réjouiront donc de voir aujourd'hui sa sortie sur disque Blu-ray, gracieuseté de Blue Underground.Et non seulement le distributeur américain spécialisé en films d'horreur a fait, comme toujours, un superbe travail de restauration à partir du négatif 35mm original, mais en plus il nous offre la possibilité de visionner la version américaine non-censurée mais aussi le montage du réalisateur disponible pour la première fois.
Un musicien de jazz britannique (David Hemmings) habitant en Italie est témoin malgré lui du meurtre d'une femme (Macha Méril que certains d'entre vous se rappelleront avoir vu au siècle passé dans la première série de Lance et Compte) dans son appartement. Il décide de mener sa propre enquête et à l'aide d'une journaliste (Daria Nicolodi, une habituée des films d'Argento) il mettra à jour une page horrible du passé d'une enfant.
Comme pour tous les films de Dario Argento, le charme et l'efficacité de la mise en scène passent par plusieurs éléments typiques au réalisateur. Tout d'abord l'ambiance particulière des lieux où les protagonistes semblent isolés de la réalité. Places désertes, rues perpétuellement calmes, appartements vides, il semble que les héros des longs-métrages du maestro vivent dans leur propre univers où les seuls étrangers présents sont des figurants plutôt que des membres actifs de l'histoire. Deuxièmement la musique électronique efficace. Ici encore le groupe progressif italien Goblin signe une trame sonore qui hante le film et prépare le terrain pour l'horreur à venir. Et pour finir la direction photo est un autre élément typique aux films d'Argento. Comme son prédécesseur Mario Bava, Argento choisit souvent une approche visuelle non pas réaliste, mais plutôt stylisée qui, même si elle n'est pas commune, se marie tout de même très bien avec l'aspect éthéré des lieux filmés et de l'intrigue.
Pour le reste, des éléments plus classiques du film de genre composent ce "Deep Red" et font qu'il fonctionne à merveille. Les fausses pistes sur l'identité du tueur, les gros plans sur le couteau ou autre arme lors des moments de terreur, le sang rouge qui gicle à profusion, le coupable œuvrant dans l'ombre, le montage saccadé, les flash-back occasionnels qui révèlent l'histoire au fur et à mesure, et bien d'autres artifices convenus, mais utilisés ici par un maître artisan font de ce film un vrai classique du genre.
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est extrêmement bien fait, et le négatif utilisé est de première qualité. On a bien redonné le lustre nécessaire aux couleurs sans en trahir l'étrange saturation. L'image est claire et précise et les détails sont époustouflant compte tenu de l'âge vénérable du film. Pour l'audio, le son original est aussi excellent. Spécialement sur la version originale italienne (qui incidemment contient 21 minutes de plus que le montage nord-américain). Les bruits exagérés des meurtres, sont par clairs et précis, la musique de Goblin bien intégrée et les dialogues originaux assez nets. Même si comme dans le cas de presque tout le cinéma italien on utilise ici plus de son de post-production que de son direct.
En suppléments on retrouve aussi une série d'entrevues avec certains des artisans ayant contribué au film. Ainsi, on peut voir une entrevue avec Argento, une avec le coscénariste Bernardino Zapponi et une avec les musiciens originaux de Goblin.. On a inclus de plus des bandes-annonces du film et deux vidéoclips tirés du film. Un de Goblin et l'autre de Daemonia.
| Film | 8 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 9 |