Quarantine
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: John Erick Dowdle
Année: 2008
Classification: 18A
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 043396253674

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
2 janvier 2009

Après Psycho et Funny Games, c'est au tour du très bon film espagnol [*REC] de se voir refait presque intégralement dans une nouvelle version américaine. S'il n'y a aucune surprise, l'efficacité, les sursauts et le bonheur gore est toujours au rendez-vous.

Cela devait être un simple reportage pour la télévision. En visitant une caserne de pompiers, la journaliste Angela (Jennifer Carpenter) n'allait pas imaginer mettre sa vie en jeu. Surtout que l'appel de service semblait banal: une femme fait du grabuge dans un immeuble à logements. Pourtant, en se rendant sur place, tout devient plus compliqué. Pourquoi est-ce que la violence apparaît soudainement? Et que font ces forces de l'ordre qui décident de mettre en quarantaine ce lieu en apparence simple et ordinaire?

En 2007, un très intéressant long-métrage suscitait un excellent écho. Il s'agissait du trépidant [*REC] qui a été co-réalisé par Jaume Balaguero et Paco Plaza. Si cette œuvre espagnole se retrouve sans difficulté sur Internet et qu'elle a pris la route des festivals (elle était à Fantasia cet été), elle n'a jamais pris officiellement l'affiche sur les écrans canadiens. Avant sa sortie en DVD à la fin de janvier 2009. Voilà qu'apparaît déjà le remake américain qui est cette fois concoctée par John E. Dowdle et son frère Drew Dowdle. Cette nouvelle mouture est pratiquement identique à la version précédente. En fait, c'est à se demander la pertinence d'un tel objet tant l'importance des dialogues est mineure à côté des scènes plus haletantes et dérangeantes.

Il ne s'agit cependant pas de la première ni de la dernière transposition incompréhensible. Cependant, le cinéphile qui n'a pas vu le travail d'introduction et qui se passionne pour les produits horrifiques risque de passer un bon moment. Sur le simple plan de la réalisation, il s'agit d'un croisement entre The Blair Witch Projet et Cloverfield. La protagoniste s'adresse directement à l'écran, la caméra bouge parfois un peu trop et l'effet télé-réalité est atteint. Et cela fonctionne totalement! Le spectateur est transporté dans le feu d'action et il sursaute à la simple vue d'éléments non traditionnels qui aboutissent ultimement dans son champ de vision.

Dans ce type d'exercice, l'interprétation est toujours limitée et cela est normal. Le héros de films d'horreur a peur, il ne comprend pas et il passe son temps à courir. À ce niveau, Jennifer Carpenter s'acquitte honorablement de la besogne, et ce, même si elle n'arrive pas à éclipser le charisme de Manuela Velasco de la première version. Autour d'elle, il y a des archétypes qui jouent dans le ton et c'est difficile de leur demander autre chose.

Sorte d'improbable croisement entre Cube, Blindness, le jeu vidéo Resident Evil et un récit de George A. Romero, "Quarantine" s'impose comme un long-métrage de survie typiquement fantasien. Le sang gicle aisément et les méchants se font détruire de différentes façons, ce qui risque de faire hurler de rire les amateurs du genre. En plus de cet humour qui survient au détour, la peur est de la partie. Par sa mise en scène réfléchie, le noir et l'imprévu se mutent en personnages et ces deux éléments finissent par prendre toute la place. Les ficelles sont parfois grosses, mais elles demeurent généralement efficaces.

Les solides images font tout pour rappeler que la caméra provient d'une station de télévision. Il y a du grain, mais pas trop. Les couleurs neutres laissent peu à peu leur place à la noirceur et les contrastes englobent rapidement les formes et les êtres. C'est réaliste, à un tel point qu'il est aisé de se laisser prendre au jeu. La musique inexistante permet aux effets sonores de prendre toute la place. Les enceintes sont continuellement alimentées de bruits divers, dont des sirènes, des cris stridents et des balles de revolver. Écouter le tout dans le noir en fera sursauter plus d'un. Les dialogues généralement audibles peuvent être altérés volontairement. Sans être parfaite, la traduction dans la langue de Molière est tout à fait acceptable, et il y a de très visibles sous-titres jaunes en anglais, en français et en espagnol en cas de besoin.

La pochette verte et noire représente une fille affolée. Dès le début, le ton est lancé. Le menu principal du DVD offre des bribes d'images haletantes sur une musique sinistre. Une fois que l'excursion dans cet univers trouble est terminée, il y a quelques suppléments à se mettrent sous la dent. La plupart s'avèrent cependant décevants. Un trop court documentaire sur le tournage rappelle l'importance de cette caméra subjective, de la nécessité de recourir à des répétitions et au choix des comédiens. Tout aussi intéressants et superficiels sont ces segments sur le design et ces cascades qui mettent l'eau à la bouche avant de se terminer après seulement quelques minutes. En fait, hormis ces 20 bandes-annonces de productions diverses, le seul bonus qui mérite réellement l'attention est la très divertissante piste de commentaires. Les deux frères s'en donnent à cœur joie à décrire ce qui se passe en alimentant les situations d'anecdotes drôles. Et cela peut même être un défi de compter le nombre de fois qu'un des intervenants dit "You Know"!

S'il est légitime de se questionner sur la nécessité de ce remake qui n'apporte absolument rien de nouveau, les fans de [*REC] seront toutefois heureux d'apprendre que l'esprit de l'original n'a pas été travesti. Voilà une nouvelle occasion de hurler de peur et de bonheur devant ce concept original qui propose ENFIN quelque chose de nouveau sur le plan horrifique.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments5
Vidéo7
Audio9