Dinocroc
Roger Corman Sci-Fi Collection
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Kevin O'Neill
Année: 2004
Classification: R
Durée: 85 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
26 décembre 2005

Bienvenue dans l'univers de "DinoCroc", un spectaculaire navet qui alterne sans cesse entre la série B et la série Z. Doté d'un ton très sérieux, avec un degré zéro d'humour et sans aucun intérêt, voilà un autre essai animalier pseudo horrifique qui devrait immédiatement disparaître tant la honte et la perte de temps sont considérables.

La corporation Gereco n'a aucune idée dans quoi elle s'embarque en mélangeant l'ADN d'un immense carnivore préhistorique avec celle du plus gros crocodile de la planète. En peu de temps, ce nouveau Frankenstein s'échappe et sème la terreur dans une petite localité. Pour combattre ce fléau, une horde d'habitants peu sympathiques devront se serrer les coudes. Dans le lot, il y a un jeune garçon qui cherche éperdument un chien, son grand frère niais doté d'un grand cœur, une policière plus séduisante que talentueuse, son père intransigeant, des scientifiques et des chasseurs de proies. Ils devront se dépêcher, car la chose dévore presque tout sur son passage.

Avec une réplique cheap de Godzilla qui orne la pochette de ce DVD, il ne faut certainement pas s'attendre à un Citizen Kane ou un Requiem for a Dream. "DinoCroc" répond à un genre très spécialisé: celui du suspense parsemé d'épouvante où une méchante bibitte mange des gentils humains. Des longs métrages qui tournent autour de cette thématique, il y en a eu des centaines. Parmi les plus recommandables se retrouvent les premiers volets de Jaws, Alien et Jurassic Park. Puisqu'il est excessivement difficile d'innover en la matière, les copieurs préfèrent appliquer une recette avec plus ou moins de succès. Pendant les années 1990, des daubes incommensurables comme Anaconda, Deep Rising et The Relic voyaient le jour et leurs insuccès allaient provoquer une révolution bénéfique. À l'avenir, la plupart des œuvres mettant en vedette un animal destructeur qui veut tuer tout le monde sortira directement dans les clubs vidéo. Cette bonne nouvelle n'allait toutefois pas empêcher des producteurs sans scrupule d'inonder ce marché de nanars pitoyables comme Python et sa suite aussi misérable.

Dans l'optique de ces précédents ratages, "DinoCroc" voit le jour et le public normal ne sera quoi en penser. Tout d'abord, à quoi peut bien servir un tel film qui utilise encore et toujours la même histoire? Surtout que cette fois, les effets spéciaux sont affligeants et les séquences d'action deviennent assez abrutissantes. L'admirateur de ce type de spectacles s'attend à des émotions fortes, beaucoup de sang et de meurtres... ce qu'il n'obtiendra jamais. Tout se déroule de nuit, les gens décèdent (mais on ne voit jamais rien) et la bête a autant de charisme qu'un caïman desséché depuis belle lurette. Si seulement il y avait la moindre once d'humour. Les acteurs, incroyablement incompétents, sont des stéréotypes ambulants, mais ce qu'ils disent ne font jamais dilater la rate. Contrairement à un tordant Lake Placid qui était conscient de sa médiocrité en l'alimentant sans cesse (Oliver Platt, quel homme!), "DinoCroc" se prend terriblement au sérieux et cumule les dialogues absolument ineptes et pompeux. En le regardant de toutes les façons possibles et inimaginables, cette première réalisation de Kevin O'Neil n'entrevoit pas un avenir très glorieux.

Même le transfert vidéo sur DVD n'est pas très réussi! L'image est terriblement terne, les couleurs se mélangent et les égratignures sont omniprésentes. Si c'est un moyen d'attirer le regard ailleurs pendant les navrants effets spéciaux, ce n'est pas de très bon goût! La meilleure façon aurait été d'inclure des sous-titres, mais il ne semble pas que ça soit une priorité. Au moins, la trame sonore, exubérante et dégoulinante, est tout à fait appropriée. L'atmosphère d'oppression est assez réussie et l'utilisation des haut-parleurs avant a le mérite de faire bondir aux endroits espérés. Pour ceux sur les côtés, c'est une autre histoire, mais cela demeure normal pour du 2.0. Contre toute attente, la musique empiète très rarement sur les voix. Habituellement, c'est une énorme qualité, mais pour ce long métrage, cela peut devenir un défaut de toujours entendre parler les protagonistes!

Est-ce surprenant d'apprendre qu'aucun supplément n'orne cette édition déjà très pauvre? Pour sa part, le menu principal immobile est décoré d'un montage simpliste avec des humains et la très méchante bête. En toile de fond, il y a une pièce grandiloquente efficace, quoique trop courte. En l'espace de cette seule entrée en matière, il est aisé de déterminer fidèlement ce que sera "DinoCroc". Une absence totale de style et d'intérêt portée par une musique trop présente. Un film de monstres qui ressemblent à tous les autres, mais sans aucune séquence d'action, de dialogues potables ou de répliques humoristiques. Qui a dit comme d'habitude?


Cotes

Film2
Présentation3
Suppléments-
Vidéo5
Audio6