Après le perpétuel "Slasher Movie", le film de zombies est le genre le plus populaire du côté des œuvres horrifiques. Jouant la carte indépendante et fauchée, "The Red Skulls" cherche absolument à être culte. Un coup d'épée dans l'eau et une mer de prétention pour une petite production qui dévoile très progressivement ses charmes limités.
La prémisse débute un peu à la façon du "légendaire" The Warriors. Deux gangs de rue s'affrontent et il y a des morts. Après le meurtre d'un ami, le leader des Red Skulls Uri (Luke Campbell) cherche à quitter son organisation. Mal lui en prend, car des successeurs lui ravissent déjà la couronne. À la suite d'une cérémonie qui se veut bien arrosée, quelqu'un met dans l'alcool une potion qui transforme les êtres humains en morts-vivants. Si ce n'est pas tous les individus qui ont consommé, la plupart devront fuir ce lieu morbide qui s'annonce un véritable champ de bataille.
Cette vue sans budget souhaite marquer l'imaginaire collectif et son échec est évident. L'histoire n'est pas particulièrement originale, le jeu des comédiens est atroce et le scénario se prend terriblement au sérieux. La première moitié, quasiment insupportable, multiplie les dialogues vides de sens et les situations prévisibles. Le désir d'appuyer sur la touche "stop" envahit rapidement le corps. Il faut cependant être un peu patient.
Quarante minutes s'écoulent et le plaisir peut enfin débuter. Dès qu'il y a mutation, le film se transforme. La prétention du début laisse la place à une rigolade instantanée. Les scènes de mutilations se succèdent à un rythme effréné et des gens meurent de différentes façons. Il y a des survivants qui ne le resteront pas très longtemps. À ce moment, il est beaucoup plus facile d'accepter ce modeste divertissement. C'est routinier sans être trop désagréable. Les effets spéciaux font sourire et le héros, un certain Luke Campbell, est un clin d'œil assez réussi à l'icône par excellence des Evil Dead, Bruce Campbell.
La musique, tantôt sinistre et tantôt ringarde, est beaucoup trop envahissante. Il y en a presque à tous les endroits, ce qui dénature rapidement le suspense et les effets de surprise. Au moins, elle n'entrave pas trop les voix. L'absence de sous-titres est déplorable, mais le timbre sonore des interprètes est assez élevé et presque toujours audible. Les bruits intrigants et les cris stridents sont nombreux, sauf que ce n'est guère suffisant pour métamorphoser les différentes enceintes audio en un cauchemar sonore. La qualité des images est beaucoup plus problématique. Il y a un grain quasi-permanent, ce qui est très rebutant. Les contrastes laissent également à désirer. Les teintes sombres se confondent et les instants blancs sont trop lumineux. Les couleurs ne sont pourtant pas mauvaises et le rouge, symbole primordial des œuvres horrifiques, s'avère assez convaincant. Tellement plus que ce blocage qui apparaît sur quelques chandails rayés.
La présentation de cette production est comme le reste : inégale. La pochette est superbe. Il y a un corps en lambeaux avec du sang partout. Très gore! Le menu principal montre un homme qui frappe un individu. Ce style bande dessinée aurait dû être encore plus accentué. Et pourquoi ne pas avoir inséré de l'animation et une chanson de circonstance? Les suppléments sont nombreux, ils s'avèrent toutefois très peu intéressants. Le documentaire de trente minutes tourne trop rapidement en rond. À l'aide d'une caméra artisanale, plusieurs étapes de la production sont explorées, que ce soient la conception des costumes ou la décision de tourner dans une maison sinistre. Sans narration, l'expérience aurait été beaucoup plus concluante. Il y a également un extrait sur les effets spéciaux qui manque un peu de saveur. L'équipe montre ses gadgets et elle parle de ses parcours sinueux, mais il n'y a pratiquement rien de valable à se mettre sous la dent. Le reste consiste à une multitude de bandes-annonces, un vidéoclip amusant de la pièce surf-rock "Freaky Tiki" et des scènes ratées généralement peu désopilantes. La piste de commentaires aurait pu avoir du potentiel. Les deux réalisateurs, l'équipe technique et une partie de la distribution rigolent en discutant de ce qui se passe à l'écran. Malheureusement, il y a beaucoup trop de monde et les gens présents ne font que décrire ce qu'ils voient sans entrer dans les détails. L'expérience devient donc un peu trop linéaire.
Pour ce long-métrage plus dégoûtant qu'épeurant, Luke et Andy Campbell ont fusionné deux styles pas très éloignés. Là où les frangins endorment en abordant la violence dans les gangs de rue, ils marquent des points dans la façon dont les zombies affrontent leurs homonymes humains. "The Red Skulls" n'est jamais pleinement intéressant et seuls les fanatiques du genre y trouveront leur compte. Ce n'est pas plus mal non plus et quel carnage!
| Film | 4 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 6 |