Rares sont les films d'horreur pouvant se vanter d'être étranges, innovateurs, significatifs et horrifiants. Certains ont même déjà un stade culte dépassant l'imagination dont: Rosemary's Baby, The Exorcist, The Sixth Sense et plusieurs autres. Ce qui donne un statut aussi alléchant pour tout réalisateur ne se retrouve malheureusement pas dans le film qui suit, sinon à peine. Son statut serait préférablement le suivant: minable.
Une bande de ploucs voulant faire la fête (il y en a autant que des Américains de toute façon) se rend en plein milieu du désert afin d'assister à un rave supposé très en vue (tu parles, en plein milieu du désert). Nos allumés font donc un bout de chemin, sans se soucier qu'une force invisible donnant son nom au film (sans pour autant entendre le nom une seule fois dans le film, une première dans la crétinerie) rôde dans les parages. Après une longue exposition inutile de personnages voulus intelligents (voler de la drogue doit donner l'air à Einstein d'un quotient de pétunia je suppose), nos clones des 176 derniers films errent donc autour d'un motel abandonné pour se faire trucider allègrement par ladite force qui ne se pointera qu'à la fin (le design est d'un ridicule navrant). À la fin, lorsque presque tout le monde est mort et que seuls l'aveugle et la femme responsable s'en sont sortis, on apprend alors que tout ce que l'on a vu n'est qu'un vulgaire prétexte à prouver qu'un tel film aurait pu se passer en 14 minutes.
Utilisant une caméra paresseuse comme peu, le film lèche les scènes comme il le peut, offrant à tous et chacun son moment de gloire où il ou elle pourra montrer ses "talents" d'acteur. N'est pas Coppola qui veut et les limites du scénario sont vues avant même que le générique ait commencé. Les effets spéciaux sont rudimentaires et les effets gore, bien que juteux à souhait, ne sont pas suffisants pour rehausser les trous d'un scénario qui aurait mérité d'être retravaillé, ne serait-ce que pour retirer cette finale minable qui retire le peu de charme que possédait le film. Autant le dire tout de suite: on apprend finalement que les personnages ont eu un accident et que ce qu'ils ont vécu durant le film n'était qu'une damnée hallucination, draguant le film dans les abîmes des scénarios avec potentiels dont le résultat freine ses ambitions, de peur de choquer quiconque. Un moment à passer qui n'a de cesse que lorsque se pointe le générique.
Les extras ne viennent pas en grand nombre ici: une courte revuette explorant en surface le tournage et les personnages ainsi qu'une galerie d'images en plus de bandes-annonces d'autres films aux allures aussi douteuses que celui-ci et c'est tout. Rien qui devrait donner l'envie de se relever la nuit. Il n'y a même aucune justification quant à la supposée nécessité de cette édition sans censure.
Les scènes de jour sont bien filmées, contenant une atmosphère rappelant le remake de Marcus Nispel de Texas Chainsaw Massacre. En effet, plusieurs scènes sont directement inspirées de plusieurs films des dernières années. Les scènes de nuit sont, pour la plupart, bourrées de taches de compression et la profondeur de champ en souffre aussi, procurant une limite visuelle à l'univers dans lequel les "personnages" évoluent. Le son est bien réparti, frappant les enceintes de plein fouet lorsque se présente la créature mal fichue (un mélange entre un zombie de Romero et Cube ainsi que certains pièges vus dans Saw), mais c'est à peu près tout. Le reste sombre dans les dialogues plats et aussi intéressants qu'observer une tarte cuire au four (quoique mon choix serait pour la tarte). Les menus, se voulant à l'image du film, montrent une piètre animation beaucoup trop colorée d'une voiture fumante et de l'hôtel où se passe l'"action" tandis que les autres pages sont immobiles et sans musique.
Encore une fois, nous avons la preuve que pour faire un bon film, il y a trois éléments nutritifs essentiels (révélés par John Carpenter): un bon scénario, un bon scénario et un bon scénario. Un excellent film d'horreur doit: être effrayant, être effrayant et être effrayant. Comme il est presque impossible de savoir ce qui a été rajouté à ce nouveau montage, aussi bien y aller d'une simple recommandation: comme pour les chemises, on repassera.
| Film | 4 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |