Season of the Witch / There's Always Vanilla
Anchor Bay Entertainment

Réalisateur: George A. Romero
Année: 1973
Classification: NR
Durée: 104 / 93 minutes
Ratio: 1.85:1 / 1.77:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-14)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Noël
27 novembre 2005

Avec la sortie récente d'un quatrième volet de la trilogie des morts, le réalisateur George A Romero en a profité pour mettre enfin sur le marché un curieux film qu'il avait lui-même signé le scénario et réalisé en 1973, "Season of the Witch". Près de 30 années plus tard, ce DVD nous arrive enfin sur les tablettes avec un traitement visuel et une sonorité malheureusement ordinaires...

Joan Mitchell a tout de l'épouse modèle. Souvent délaissée par son mari, elle vient qu'à avoir des visions qui se transforment peu à peu en véritables cauchemars. Fréquentant le copain de sa fille, elle goûtera bientôt à la sorcellerie et commettra des gestes qui changeront à jamais sa vie de femme rangée.

Beaucoup d'attentes furent générées lorsque ce titre fut annoncé et sans être complètement déçu, je peux sans aucun doute affirmer que l'un des meilleurs réalisateurs de l'horreur n'impressionnera certes pas ses amateurs dans ce film de sorcières. Le scénario prend beaucoup trop de temps pour embarquer véritablement le spectateur au cœur de l'intrigue et ajuste son tir que tardivement. L'ambiance suffocante et tendue qu'il est si bien capable de créer habituellement se révèle seulement lors de quelques scènes, comme celle où elle est attaquée par un homme masqué. Le choix de l'actrice principale, Jan White fut par contre un choix judicieux, car ses yeux et son air mystérieux empreigné d'un brin de folie collent merveilleusement bien à son personnage. Même si le scénario contient quelques irrégularités, on peut tout de même reconnaître que Romero montre avec brio la transformation graduelle de l'épouse modèle vers la vie de sorcière.

Avant d'entamer la projection, Anchor Bay explique que les bandes originales de l'époque n'ont pas été bien conservées, donc c'est pour cette raison que la qualité visuelle et auditive offre un piètre rendement. C'est malheureusement le cas et force est d'admettre que cela ne sert évidemment pas bien la cause du film. Les couleurs sont souvent doublées et les contrastes presque totalement absents. De nombreuses taches se retrouvent régulièrement à l'écran tandis que le cadrage tremble à plusieurs reprises. La piste sonore, sourde et enterrée par les bruits de frottement de pellicule vous obligera à hausser considérablement le volume et à entendre par le fait même les imperfections. Étant un abonné inconditionnel à la vidéothèque de ce studio, je suis déçu du résultat final lorsque l'on constate que le même studio avait réalisé l'impossible pour redonner une vigueur surhumaine à Evil Dead lors de la numérisation de ce dernier. Est-ce le fait d'avoir tourné le film en 16 mm puis de l'avoir gonflé en 35 a eu un impact sur la qualité finale? Peut-être...

Présenté comme un film de sorcellerie, le menu et la jaquette du DVD sont tout de même bien réussis reprenant les couleurs et la thématique reliée à ce sujet. Comme bonis, on retrouve un documentaire sur le personnage de Joan Mitchell, joué par l'actrice Jan White qui possède toujours ce regard hypnotiseur. La partie la plus intéressante est sans aucun doute une émission spéciale sur le réalisateur dans laquelle des acteurs qui ont travaillé avec lui se livrent à la caméra. Outre Ed Harris on retrouve le vétéran Hal Holbrook qui raconte certains moments lors du tournage de Creepshow. Outre les nombreuses bandes-annonces dues aux changements de titres du film, vous avez la possibilité de retourner le disque de l'autre côté pour visionner "There's Always Vanilla, film inédit et dont Romero n'a jamais cherché à rendre disponible. Il raconte les mésaventures d'une vedette de la musique rock qui décide de rentrer chez elle pour retrouver sa vie d'autrefois. Ce film, traçant le portrait de la jeunesse de l'époque n'est toutefois pas dénudé d'intérêt, mais doit être visionné sans attente ni de moments d'horreur puisqu'on a droit à un drame psychologique.

Ni bon, ni mauvais, le film perdu de Romero accompagné d'une autre œuvre oubliée du maître de l'horreur suscite une certaine curiosité qui sera certainement comblée par l'actrice Jan White qui interprète une femme dans son ascension à devenir sorcière.


Cotes

Film5
Présentation7
Suppléments7
Vidéo2
Audio2