Personne ne m'avait averti que 2007 était l'année internationale des cannibales! Après la sortie de Cannibals de Jesus Franco et La Montagne du Dieu Cannibale avec Ursula Andress, Blue Underground sort maintenant, en version non censurée, le réputé "Cannibal Man" de Eloy De La Iglesia. Sorti en 1972, ce film avait à l'époque été interdit dans plusieurs pays à cause de sa violence graphique et de son sujet dérangeant. Il va sans dire que plus de trente années plus tard, cette violence est maintenant banale et il n'est plus interdit nulle part (enfin presque!).
C'est l'histoire d'un homme ordinaire (Vicente Parra), boucher dans un abattoir, qui à la suite d'un malentendu avec un chauffeur de taxi tue ce dernier malencontreusement dans une bagarre. Devant la gravité de la situation, il commence peu à peu à perdre la raison. Sa copine lui suggérant d'aller voir la police pour se livrer, il décide de la tuer aussi. Puis son frère revient à la maison plus tôt que prévu et découvre le cadavre de cette dernière. Pas de choix possible pour le boucher: couic le frère! Puis la fiancée de ce dernier qui s'inquiète d'un rendez-vous manqué et vient voir son chéri : couic la fiancée. Et ainsi de suite pendant quelque temps. Pour se débarrasser des corps, notre ami les dépèce en petits morceaux qu'il apporte chaque jour à l'abattoir et fourgue dans le broyeur avec les morceaux de bœuf. À la cantine du coin, on commence à trouver que la soupe sortie de l'usine s'est améliorée depuis peu...
Entremêlé à cette tuerie, Marcos devient copain avec son riche voisin d'en face qui habite un appartement luxueux et s'ennuie à mourir. Peu à peu une étrange relation s'établira entre les deux hommes. On ne parvient à savoir si c'est seulement de l'envie pour ce genre de mode de vie (lui qui n'a pas d'argent et doit travailler dur pour gagner sa croûte) ou s'il existe une affection ambiguë entre les deux hommes. Toujours est-il que ce personnage jouera un rôle important dans le dénouement.
Si vous vous attendiez à un film d'horreur sanglant où les membres découpés au hachoir sont ensuite mangés par le héros, vous serez vachement déçu. Le titre lui-même est plutôt trompeur. Marcos n'est pas un cannibale puisqu'il ne mange pas ses victimes et fait seulement que déposer quelques morceaux de chair humaine à l'usine où il travaille. Les scènes de meurtre sont brèves et directes. Le gros du film réside surtout dans son aspect psychologique dérangeant qui est assez bien rendu. Sur le boîtier du DVD on le qualifie d'ailleurs de "thriller claustrophobique intense". Le comédien n'est pas extraordinaire, mais se défend bien. Le rythme lent et étrange du film est assez efficace, quoique un peu vieillot par moments. Donc pas de cannibalisme mais du pognage de tête en masse!
Au niveau de la qualité vidéo, le travail de transfert est bien fait, mais la copie utilisée est un peu abîmée. Les couleurs sont pas mal délavées et manquent de punch. Par endroits la pellicule est légèrement rayée, mais en gros le négatif est en assez bon état. Pour l'audio, il est toujours décevant d'avoir seulement la piste anglaise et non celle originale espagnole (celle en français serait bien aussi, car si on se fit aux bandes-annonces des films d'horreur de série B, les dialogues traduits et les intonations des comédiens vaudraient le détour!). On a donc plus de misère à s'imprégner de l'ambiance du film, car les voix et la piste sonore originale se mélangent assez mal faute d'homogénéité entre les deux équipes de travail. En fait, on imagine assez bien les acteurs américains dans un studio de son un peu crado à des milliers de kilomètres du lieu de tournage et enfilant un film mexicain boboche après l'autre!
Cela dit, le son du DVD est tout de même acceptable. On a fait un effort pour ramener les petits bruits dérangeants à l'avant-plan, augmentant ainsi l'étrangeté de l‘ambiance sonore et ajoutant une petite touche angoissante au long-métrage.
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |