Des jeunes Jane Birkin et Serge Gainsbourg se perdent littéralement dans "Seven Deaths in the Cat's Eye", un film horrifique italo-allemand de série B qui ne fera pas peur ou rire la moindre personne. Une curiosité éphémère qui est loin d'être nécessaire.
La délicate et sublime Corringa (Jane Birkin) retourne au château ancestral de sa famille. Elle y rencontre des proches, des inconnus et surtout un chat terriblement inquiétant qui semble menacer son entourage. En effet, des individus meurent subitement et les gens ne peuvent expliquer ces décès. Des cauchemars se répandent comme quoi une femme assassinée il y a de cela plusieurs années reviendrait d'entre les morts pour se venger. Est-ce réellement le cas? Dans un lieu baroque peuplé de cachettes secrètes, tout peut arriver et les hommes et les femmes devront regarder par-dessus leurs épaules avant qu'il ne soit trop tard.
Genre incroyablement populaire dans les années 1970, ce conte d'horreur fauché fait en Italie ne se distinguait pas particulièrement par son scénario. Un peu de sang qui rappelle les bandes dessinées, des scènes suggestives totalement prudes, une pincée de secrets, une atmosphère gothique suffocante et de nombreuses fausses pistes afin de cacher l'identité du meurtrier jusqu'à la fin. Sur ces points, "Seven Deaths in the Cat's Eye" ne déçoit guère. Malgré tout, les éléments de base de longs métrages inquiétants et gores ne sont jamais réellement présents. À commencer par la peur, qui n'est palpable en aucun moment. Les personnages meurent de différentes façons, mais le spectateur ne sursautera en aucune occasion. Il regarde l'extinction du genre humain sans passion ni suspense, la montre en main, en attendant qu'une action ou une situation excitante arrive. Mais en vain.
Le film se prend tellement au sérieux qu'il empêche les éléments comiques de rayonner. De multiples œuvres macabres arrivent à séduire par leur côté irrévérencieux et humoristique qui sont volontaires ou non, mais ce n'est malheureusement pas le cas de cette production de Anthony M. Dawson. Tout y est froid, glacé, manipulé vers une conclusion plutôt attendue. À ce niveau, les protagonistes ne peuvent qu'avoir l'air effrayés sans pouvoir transmettre une autre émotion. Jane Birkin est magnifique, mais son jeu est routinier et assez primaire. Tout comme les Hiram Keller, Anton Diffring et Serge Gainsbourg qui ne font que passer en personnages en une seule dimension.
Les décors et les superbes ambiances sombres n'arrivent pas à convaincre par leur profondeur tant le carton semble de mise. Le rendu sur DVD se veut assez pâle et souffre de quelques inconvénients. Par exemple, au début du long métrage, les scènes où il y a des gros plans sont de couleurs beaucoup plus vieillottes que les plans normaux! Ces imperfections sont également présentes à de nombreux autres endroits, ce qui donne une palette assez inégale. La trame sonore est le véritable moteur du film, alors que la musique très présente et les soudaines élévations des bruits créent un effet instantané. C'est toutefois dommage que le son mono n'exploite presque pas cette qualité qui est certainement la plus notable chez cette œuvre pseudo horrifique. L'absence presque totale de sous-titres peut laisser perplexe. La distribution européenne parle souvent avec des accents difficiles à saisir, alors que la présence d'icônes françaises (Serge Gainsbourg et Jane Birkin, née en Angleterre, mais populaire dans l'Hexagone) aurait pu être soulignée d'une quelconque manière. Vers la fin, lorsque l'italien prend toute la place, des sous-titres jaunes anglophones s'affichent et ils se lisent sans aucune difficulté.
Avec sa pochette presque mythique où se combinent une femme effrayée et un chat enragé, ce film intrigue instantanément. Tout le contraire du menu principal du DVD qui est composé d'un montage primaire sans mouvement avec de la grosse musique effrayante pour annoncer ce qui s'en vient. Outre regarder le film ou accéder à une scène, un court supplément de huit minutes est présent. Giovanni Simonelli, une des personnes qui a écrit le scénario, parle du scénariste Antonio Margheriti et du réalisateur Anthony M. Dawson, tout en racontant comment ce dernier arrivait à tourner sans argent. Intrigant pendant le moment que ça dure, mais attention, le montage montrant des segments du long métrage explique la majorité des énigmes. Mieux vaut regarder cette entrevue à la toute fin. Sinon, le peu de suspense présent disparaîtra en quelques instants.
Sans le prestige de ses interprètes, "Seven Deaths in the Cat's Eye" serait devenu un anonyme film d'horreur de série B oublié depuis longtemps. Mais comme le DVD très peu garni existe, cela peut être drôle de se replonger dans cet univers sans saveur qui faisait la joie des amateurs du genre au cours des années 1970. De quoi revoir les nombreux Scream et Saw avec un regard beaucoup plus clément.
| Film | 4 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 6 |