Sur le plateau de tournage pour The Shining (version télévision), Stephen King voit dans un magasin de location vidéo la série danoise "Riget" de Lars Von Trier (Dancer in the Dark). Il a tellement aimé qu'il a acheté la compagnie! En effet, il a décidé d'en faire une version américaine, basée sur les personnages de la série originale. Le tout a été diffusé sur ABC au printemps 2004. Les côtes d'écoutes furent désastreuses malgré un départ fulgurant. Il faut avouer que la série se mesurait à CSI et The Apprentice, deux séries très populaires.
L'artiste Peter Rickman (Jack Coleman) est frappé par un camion en bordure d'une petite route. Le conducteur, dérangé par son chien, n'a pu éviter l'accident et pris de panique, quitte les lieux sans lui porter secours. Rickman se retrouve dans un coma profond à l'Hôpital Kingdom. On peut dire sans se tromper que cet hôpital possède son lot de bizarreries. Des tremblements de terre touchant seulement l'hôpital, des apparitions d'ambulances antiques, des phénomènes étranges avec les patients, etc. Cet endroit particulier regroupe des employés tout aussi spéciaux: un gardien de sécurité pratiquement aveugle, une infirmière qui perd connaissance à la vue du sang, un directeur général dévoué qui fait des campagnes de sensibilisation à l'extrême, un médecin-chef avec un passé mystérieux, des employés de soutien qui semblent tout savoir et tout prévoir, etc.
Lorsqu'une patiente avec des dons de voyantes, Sally Druse (Diane Ladd) entend la voix d'une fillette désespérée, elle décide qu'elle doit l'aider coûte que coûte. Cette fillette, Mary, est en fait un fantôme pris entre le monde des vivants et celui des morts. Pour ce faire, le médecin Hook (Andrew McCarthy) va la supporter dans ses démarches. Peter Rickman, dans son coma va servir d'intermédiaire entre Druse et Mary. Une des histoires parallèles, c'est le passé du nouveau médecin-chef Stegman (Bruce Davison) qui semble accumuler les erreurs médicales, mais qui réussit toujours à bien s'en sortir. Cette fois-ci, le personnel médical décide que ça ne pouvait plus durer et décide de mener une campagne pour détruire Stegman. Bref, je ne fais qu'un survol de tout ce que vous allez voir dans cette institution. Après avoir vu cet hôpital sur l'acide, vous allez trouver que les hôpitaux québécois, c'est pas si pire!
Techniquement parlant, le coffret est de très bonne qualité. L'image est en général claire. Je dis en général, car les scènes sombres auraient pu être un peu mieux. C'est d'ailleurs dans les scènes sombres qu'on peut remarquer, à quelques reprises, des parasites. La piste sonore offre une bonne ambiophonie qui vient nous envelopper dans l'atmosphère sinistre de l'hôpital. Les haut-parleurs ne sont pas utilisés à profusion, mais juste suffisamment pour nous mettre dans l'ambiance.
Les menus sont très beaux visuellement. Ils reprennent des séquences du générique d'ouverture des émissions. L'écran est divisé en deux. La musique principale de la série accompagne le menu.
Le premier disque comprend une piste de commentaires pour le premier épisode. Celle-ci comprend les interventions de Stephen King (scénariste et producteur), Craig Baxley (réalisateur), Mark Carliner (producteur) et James Tichenor (superviseur des effets spéciaux). Ça fait du monde à la messe, non? Comme c'est souvent le cas avec un trop grand nombre d'intervenants, il est difficile de reconnaître la personne qui parle. Toutefois, le tout s'écoute passablement bien et chacun des intervenants vient prendre sa place au moment voulu pour discuter du volet que se rapporte à lui. Finalement, sur ce disque, il est possible de visionner les bandes-annonces de "Stephen King Presents: Kingdom Hospital", Seinfeld, Anacondas: Hunt for the Blood Orchid, Asylum of the Damned, Boa vs. Python et Stander.
Le dernier disque comprend quatre documentaires de production. Le premier s'intitule "Inside the Walls: The Making of Kingdom Hospital". Il offre une vue générale sur la production. Plusieurs comédiens et artisans y donnent des entrevues. En fait, ce documentaire explique comment a été faite la série de A à Z. "Patients and Doctors: The Cast of Kingdom Hospital" ressemble beaucoup au premier documentaire, sauf qu'on met le focus sur les personnages. Les acteurs viennent donc expliquer leurs personnages. Je dois dire que ces documentaires mettent l'accent sur les félicitations de tout bord tout côté.
Le documentaire "Designing Kingdom Hospital: A Tour" traite bien sûr des décors et des costumes de la minisérie. Le tout a été filmé en Colombie-Britannique. Finalement, "The Magic of Antubis" explique comment a été créée Antibus, cette bête mythique représentant le gardien de la mort. Antibus est un personnage entièrement créé par ordinateur qui prend la forme d'un fourmilier (oryctérope). Le documentaire nous explique donc les grandes étapes de sa conception et les difficultés rencontrées. C'est le meilleur documentaire du lot.
Je dois avouer qu'il est très difficile de résumer en quelques mots "Kingdom Hospital". C'est une expérience assez déroutante que nous propose Stephen King. Par contre, si vous persistez à écouter la série malgré les trois premiers épisodes peu conventionnels, vous devriez apprécier la série.
Le problème de la série, c'est que King a voulu trop en mettre. Il y a un épisode complètement débile où les médecins jouent dans le cerveau d'un patient de façon grotesque et que tout le monde se met à chanter (la chanson "Nah Nah Nah hey hey goodbye"!), même le patient qui est cliniquement dans le coma. Ces petites choses m'ont fait décrocher. C'est bien beau d'avoir des phénomènes paranormaux, mais tous les personnages ne sont pas obligés d'être fous. King aime bien se faire de la publicité aussi. L'accident de Rickman est identique à l'accident qu'il a déjà subi. En plus, tout le monde lit les livres de King dans l'hôpital.
Bref, la première partie de la série m'a fait douter de la qualité de celle-ci. La conclusion m'a déçu passablement. Entre les deux, j'ai bien apprécié cet univers déconcertant.
| Film | 7 |
| Menu | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |