On pourrait qualifier la franchise Species de "sci-fi softcore". On prend une pitoune extra-terrestre avec une obsession pour la baise, car il en va de la survie de son espèce bien entendu, et on la montre à poil le plus souvent possible. L'original, bien que ne méritant pas l'appellation de classique, était tout de même assez efficace, mélangeant habilement scènes d'action et suspense avec la recette ci-haut mentionnée. De plus, la très sexy Natasha Henstridge, entourée d'acteurs chevronnés, possédait tous les attributs nécessaires pour faire léviter la soutane du plus spirituel des moines. Ça c'est malheureusement gâté par la suite, puisque Species II, beaucoup plus "gore", se révéla un ratage complet malgré le retour de la belle Natasha dans un rôle cependant beaucoup moins important. Voilà que nous arrive "Species III", tourné avec un budget minuscule et destiné directement au marché des clubs vidéo. Comme on dit chez nous, ça regarde mal...
Sara (Sunny Mabrey), la fille de Eve (Natasha Henstridge qui ne fait ici qu'une brève apparition) est recueillie à sa naissance par le Dr Almond (Robert Knepper) qui la cache chez lui. Il se trouve que le bon docteur est prof de bio à l'université et qu'il est fasciné par la perfection des plus dangereux virus. Qui décide quelle espèce doit vivre ou mourir même si elle peut détruire la moitié de la planète? Donc, ce savant fou, qui n'est pas sans rappeler ce brave Dr West dans Re-Animator, étudie l'ADN de Sara qui grandit à vue d'oeil, dans le but de créer une espèce génétiquement parfaite. Alors que la frustration s'empare de Sara (elle est plus "pure" que Eve et ne peut donc pas s'accoupler avec des humains) et que les cadavres s'accumulent, Almond reçoit l'aide de Dean (Robin Dunne), un de ses étudiants qui semble aussi à l'aise avec la biologie moléculaire qu'avec la fusion nucléaire. De plus, les militaires, qui avaient essayé par tous les moyens de liquider Eve, se doutent de quelque chose et Amelia (Amelia Cooke), le leader d'une espèce hybride au code génétique imparfait qui limite sérieusement son espérance de vie, voit dans les travaux du Dr Almond la solution à la survie de son espèce.
On aurait pu oublier en partie les failles multiples de ce scénario dont la logique frise parfois le ridicule si Brad Turner, un vétéran de la réalisation d'émissions de télé telles que 24, avait su imprimer à son film le rythme nécessaire pour le rendre à tout le moins excitant. Mais non, le film fait près de deux heures, l'intrigue prend un temps fou à s'installer et avance par la suite à pas de tortue. Il ne reste que quelques moments "gore" assez convaincants et les scènes de nudité pour alléger le supplice. Je peux donc vous affirmer que les seins d'Amelia Cooke sont naturels alors que pour Sunny Mabrey je n'en suis pas certain. Merci donc à cette édition "unrated", qui m'a permis de me pencher sur cette question primordiale au lieu de perdre mon temps à regarder ma montre.
Tourné à la caméra numérique haute définition, "Species III" offre une image claire, exempte de taches, saletés et égratignures. Les problèmes de halos et d'accentuation des contours demeurent quasi inexistants. Cependant, les scènes extérieures se déroulant en soirée ou la nuit, ainsi que les intérieurs sombres manquent de contraste, ce qui occasionne une perte au niveau des détails. Bon transfert qui souffre cependant d'un manque de constance. L'activité sonore est concentrée dans les enceintes avant, les effets ambiophoniques peu nombreux servant principalement à supporter l'atmosphère. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. Respectable pour un film destiné spécifiquement au marché vidéo. Les menus sont joliment animés, accompagnés de musique et de navigation aisée.
Les suppléments comportent une piste de commentaires avec le réalisateur Brad Turner, le scénariste Ben Ripley et l'acteur Robin Dunne. Turner s'attarde surtout aux aspects techniques, Ripley nous parle du scénario par rapport aux films précédents, alors que Dunne s'en tient aux concepts reliés au jeu des acteurs. Dommage qu'on ne nous explique pas en détail, pourquoi le film est aussi nul. Par la suite, on retrouve un documentaire d'une quarantaine de minutes, divisé en quatre parties, qui explore l'évolution du projet ainsi que la réalisation des décors, des costumes et des effets spéciaux. Une galerie photo vient compléter les suppléments.
Qui décide quelle franchise doit vivre ou mourir même si elle ennuie la majorité de la planète? J'aimerais bien que cette décision m'appartienne...
| Film | 3 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |