Species IV: The Awakening
Unrated
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Nick Lyon
Année: 2007
Classification: NR
Durée: 103 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 21
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
30 septembre 2007

Dans la tradition des suites qui n'en finissent plus, on peut dire que Hollywood fait dans le sérieux. Après les American Pie, Alien, Die Hard, Halloween et autre Friday the 13th, voici que se dessine un avenir sans fin pour la série lancée en 1995, "Species". Avec un énième opus ayant l'érotisme et la violence en tête, il était difficile, au mieux, d'imaginer qu'un tel projet serait considéré comme étant viable et bon. Surprise, il se trouve que c'est pire.

Dans une petite ville des États-Unis (lieu de convergence unique de tout phénomène paranormal), un professeur (Ben Cross) et sa nièce Miranda (Helena Mattsson) se rendent à l'évidence qu'ils ne sont pas faits pour la petite banlieue. Décidant de s'établir à Londres, un événement survient qui trouble la vie de Miranda. Retrouvée couverte de cicatrices étranges et sans vêtements, son oncle la prend sous son aile en direction pour le Mexique (une direction à l'opposé de leur projet initial, mais comme filmer au Mexique était moins cher...), suite à une situation qui a coûté la vie à près de cinq infirmiers. Le bon vieux professeur tient donc mordicus à ce que Miranda retrouve une apparence normale et c'est là que tombe la vérité (que le spectateur aura vu bien avant qu'un seul mot n'ait été prononcé dans le film): Miranda est un croisement entre un être humain et une entité extraterrestre. Leur fuite au Mexique n'est donc rien de plus qu'une supercherie afin de retrouver un collègue du professeur afin qu'ensemble, ils puissent trouver une solution pour éradiquer le fléau qui tente à chaque minute de s'emparer de l'âme de Miranda et la faire succomber à ses pulsions toujours grandissantes. Lorsque cette dernière subit une crise, les deux scientifiques parviennent à trouver un moyen de prolonger sa vie. Le hic, car il en faut un, c'est que son taux hormonal a maintenant atteint un niveau extrême. Elle part donc à la recherche (dans la dernière demie-heure, tu parles) de quelqu'un pour la... fertiliser.

En frais de suite, on aura vu mieux (c'est pas Godfather II, mais c'est pas House of the Dead non plus). Tout d'abord, les dialogues ne parviennent pas à se hisser au-dessus du premier degré, c'est-à-dire relever autre chose que l'intrigue principale. Les acteurs jouent la carte de la surenchère, ce qui n'aide en rien le déroulement du film et les effets spéciaux sont, pour la plupart, navrants. La photographie paresseuse se contente de filmer avec peu de moyens. Même les scènes d'érotisme en prennent pour leur rhume. Cela dit, en terme de positif, on retrouve une saturation dans la luminosité qui offre des éclairages procurant une belle ambiance dans chaque scène. La plastique de l'actrice principale, Helena Mattsson, est irréprochable et son déferlement d'hormones (surtout après une première moitié de film ennuyante) surprend d'autant plus qu'il séduit. Bien sûr, elle se contente de faire la moue, se déhancher et toute la panoplie de la parfaite petite collégienne en chaleur, mais ça ne suffit pas à combler le manque évident d'inspiration du scénario. On aurait largement préféré une émancipation de la série ou une explication quant à savoir pourquoi, après quatre films, le monde entier n'est-il pas au courant qu'il se trouve des hybrides en liberté? Ce qui rend par le fait même la psychologie du film infantile et mince. Cela dit, on nous offre les charmes de Helena Mattsson et Marlene Favela sur un plateau d'argent, tenues moulantes et maquillages (parfois disgracieux) à l'appui. On limite les apparitions des créatures (budget serré oblige) au minimum et l'horreur (pour une version non-censurée, c'est sans doute une première) pour tenter d'accrocher le spectateur avec des acteurs soporifiques relevés par quelques scènes chargées d'un érotisme indéniable. Déjà le minutage sur la pochette fait erreur et annonce 103 minutes... c'est 97 qu'il faudrait voir (à moins qu'il s'agisse d'une version non-censurée... censurée?).

Un film aussi prompt à recevoir l'Oscar du meilleur ratage en série (trois suites manquées sur quatre films, faut le faire - un nouveau Razzie?) se passe évidemment de tout supplément. On évite du coup des commentaires ennuyants, des prises ratées et entrevues de tous genres. Les menus sont complètement figés et sans musique aucune. Sommes-nous en 2007 ou en 1997? Je croyais qu'il était facile d'inclure des extras et des menus décents sur une galette numérique?

L'image est presque impeccable, ne serait-ce que de ce manque de balance entre les scènes sombres et la lumière qui s'en dégage, causant un effet de brun au lieu du noir habituel (curieux) et quelques passages manquent de clarté et de définition. Malgré cela, les images sont bien travaillées et possèdent une belle coloration. Le tout ayant été filmé en haute définition, les actions peuvent donner une impression quelque peu surréaliste. La piste sonore fait un bon boulot sans casser la baraque. Les effets sonores sont, pour la plupart, choisis à partir d'une librairie de bruits enregistrés depuis belle lurette, puisque certains ont été entendus à maintes reprises. On retrouve quand même une belle complicité avec les enceintes qui jouent haut et fort lors de la scène finale où musique et ambiance se rencontrent avec un résultat intéressant sans plus.

La série "Species" souffre d'un manque de budget apparent, mais aussi d'un scénario, offrant des scènes idiotes à peine esquissées qui auraient nécessité un travail bien plus ample afin d'en tirer un maximum de potentiel. L'idée de départ était bonne, mais le scénario ne l'était pas, tout autant que l'exécution du DVD qui manque franchement de bonus (il n'y en a tout simplement aucun). Il est intéressant de noter le sous-titre : "The Awakening" (Le Réveil), qui est sans doute l'impression qu'aura le spectateur à la recherche d'un film qui travaille les méninges.


Cotes

Film4
Présentation4
Suppléments-
Vidéo8
Audio8