Bien que ce détail ait pu échapper aux cinéphiles moins avertis, le personnage de Van Helsing existe depuis belle lurette, et a même été présent dans plusieurs films mettant en vedette Dracula. C'est Bram Stoker qui en est le créateur, dans son livre "Dracula". Le professeur Abrahma Van Helsing est un vieil anthropologue originaire des Pays-Bas qui chasse les vampires; c'est lui qui est même responsable de la mort de Dracula dans un des nombreux films. Stephen Sommers, à qui on doit la trilogie The Mummy, a choisi de s'inspirer de ce personnage pour créer une version "moderne", surtout plus jeune, du chasseur de vampire.
L'histoire du film est assez difficile à résumer puisqu'elle est extrêmement chargée. Ainsi, pour faire une histoire très courte, on nous présente donc les aventures de Gabriel Van Helsing (Hugh Jackman) contre Dracula (Richard Roxburgh). Ce dernier voulant mettre au monde une multitude d'enfants, il doit maîtriser la technologie développée par le Dr Frankenstein (Samuel West) pour insuffler la vie aux corps inanimés (les vampires étant déjà morts, leurs enfants le sont donc aussi...). Bref, pour réussir, il retient les services de "The Wolfman" (Will Kemp). Van Helsing de son côté, est assisté d'un employé du Vatican (David Wenham), du monstre de Frankenstein (Shuler Hensley) et d'Anna Valerious (Kate Beckinsale) une paysanne habituée à combattre les vampires. Notons que cette dernière est maintenant catégorisée dans les films de vampires, avec sa performance dans Underworld.
Le film nous laisse tout de même sur notre faim: l'histoire générale est vide, l'intérêt ne résidant qu'en les nombreuses scènes d'action. Mais, de nombreuses scènes d'action ne font, de toutes évidences, pas un bon film... En fait, le scénario est purement prétexte à ficeler la suite de cascades les unes aux autres. Bref, même pour un film d'action, l'histoire et le scénario sont déplorables. Il est d'ailleurs difficile de catégoriser le genre; bien qu'on nous le présente sous des allures de films de monstres, il n'en est pas un. Ou s'il en est un, c'en est un très mauvais (et pas dans le bon sens du mot mauvais, tel qu'on l'affuble aux films Godzilla). Bref, à moins d'être un inconditionnel de Jackman, ou de parfaitement connaître la mythologie des monstres d'Hollywood et ainsi pouvoir en retirer quelques bénéfices, le film n'en vaut pas la peine. Au niveau des acteurs, les performances ne sont pas mauvaises, sans plus. De toute façon, il est difficile de réellement s'illustrer dans ce type de film. Il est d'ailleurs triste d'entendre Jackman dire que ce film est "le" film de sa carrière... Ceci étant dit, il est à prévoir qu'une (ou plusieurs...) suite aura lieu, ne serait-ce que par le fait que plusieurs éléments du passé de Van Helsing sont nébuleux et restent à découvrir.
Bien que le film déçoit par son contenu, il en est autrement du contenant. Du côté sonore, la piste fournie est des plus dynamiques, et ce, à tous points de vue. Les basses fréquences sont bien présentes aux moments opportuns, soutenant maints effets spéciaux tout le long du film (ne serait-ce que les nombreuses explosions). L'usage des canaux ambiophoniques est aussi adéquat, nous permettant d'être constamment immergés dans l'univers complexe de Van Helsing: les scènes de combats sont assez spectaculaires pour cette raison. La piste est aussi très dynamique en intensité, avec une excellente gestion des volumes sonores. Les dialogues sont toujours clairs et distincts, et ce, malgré une piste très chargée.
Visuellement, le film est tout autant spectaculaire. Les couleurs sont reproduites avec justesse, permettant de bien définir les styles monotones de chaque scène (les couleurs bleuâtres de la Transylvanie, les rouges vifs du Vatican, etc.). Le niveau de détail est aussi très impressionnant. Les rendus de chaque scène sont exempts de tout défaut apparent: les blancs et les noirs sont respectivement purs, sans aspérités visuelles. Bien sûr, le fait qu'une bonne partie du film ait été fait numériquement contribue énormément à cette qualité. Bref, pour ce qui est du transfert et de la compression, "Van Helsing" est à couper le souffle.
Même si le présent DVD est l'édition de base, il comporte un bon nombre de suppléments (malgré le fait que ceux-ci sont plutôt sommaires). Tout d'abord, on nous offre la possibilité d'écouter deux pistes de commentaires. La première est réalisée par le réalisateur/scénariste Stephen Sommers et le producteur Bob Ducsay. Bien que certaines anecdotes peuvent être intéressantes, les commentaires sont principalement descriptifs et congratulatoires. La seconde piste est faite par les trois principaux monstres du film: Richard Roxburgh (Dracula), Will Kemp (The Wolfman) et Shuler Hensley (le monstre de Frankenstein). Peut-être plus amusante que la première, les commentaires sont évidemment descriptifs: chacun des acteurs nous parle de sa propre expérience, et de sa relation avec les autres personnages/acteurs. On nous présente ensuite une série de petits documentaires. Le premier, "Explore Dracula's Castle", nous permet de visiter le château de Dracula en détail, en naviguant un menu à l'aide de la télécommande. On nous présente ensuite une courte série de bloopers. Le segment suivant, "Bringing the Monsters to Life", nous montre comment les monstres du film ont été conçus et réalisés, à l'aide de commentaires des responsables des effets spéciaux. Ensuite, on nous propose un segment intitulé "You are in the movie", où des caméras sont placées un peu partout pendant certaines scènes clés du film, permettant ainsi de voir plusieurs facettes de la production et du jeu des acteurs. Ce segment est très bien fait; le seul reproche étant sur le fait qu'il est trop court (moins de 5 minutes). Il est aussi possible de voir ces extraits pendant le visionnement du film, lorsqu'un petit symbole apparaît (si l'option a été choisie au préalable). Finalement, on nous propose un bref segment sur le Gabriel Van Helsing ("The Legend of Van Helsing"). On peut y voir des experts commenter l'origine du personnage et des membres de l'équipe de tournage commenter l'interprétation que Hugh Jackman en a fait. Stephen Sommers nous y donne aussi l'explication de la genèse du film. Finalement, on nous propose les bandes-annonces du film et celles d'autres films dont le DVD sera distribué par Universal. Les menus du DVD sont très réussis, étant tous animés sous fond musical. D'ingénieuses animations sont aussi présentes entre chaque menu.
Le DVD comporte aussi un extrait du jeu vidéo Van Helsing, jouable sur XBox. En l'insérant dans la console, on a tout d'abord une surprise; tout comme le font les DVD de la trilogie Star Wars, ce DVD fait une mise à jour de la console (comme lors de la première connexion au XBox Live), et ce, sans avertissement ou permission. Ce peut être intéressant pour ceux qui n'ont pas accès au service XBox Live, mais pour ceux qui ont trafiqué leur console, la surprise est plutôt désagréable. Des suites de cette mise à jour, le noyau du XBox est maintenant à la version 1.00.5101.01 et le "Dashboard" à 1.00.5960.01. Ce n'est qu'après cette étape que la version d'essai du jeu "Van Helsing" apparaît. Les graphiques sont franchement peu intéressants, tout comme l'est le jeu lui-même. Une section DVD-ROM est aussi présente, son contenu accessible seulement sur un PC.
Bref, même si le film est époustouflant au niveau visuel et sonore, il n'en vaut pas nécessairement la peine au niveau histoire et scénario. De plus, malheureusement, les suppléments de ce DVD sont loin d'en justifier l'achat. Il est à noter que ce DVD est aussi disponible dans une version "Ultimate Collector's Edition", qui comprend le DVD ici critiqué en plus de trois films d'époque; un avec Dracula, l'autre avec The Wolfman et le dernier avec Frankenstein. La suite du film est aussi disponible dans un comics; Van Helsing: From Beneath the Rue Morgue, alors que les prémices sont disponibles sous la forme du court métrage animé Van Helsing: The London Assignment, aussi disponible sur DVD.
| Film | 5 |
| Menu | 9 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |