Œuvre fascinante à mi-chemin entre la brillante critique sociale et le suspense fantaisiste beaucoup plus ordinaire, "How to Get Ahead in Advertising" ne choisit jamais véritablement sa voie, naviguant entre deux eaux, ce qui donne un récit déstabilisant, mais un peu frustrant.
Dennis (Richard E. Grant) est un brillant publicitaire qui cogne un jour un mur: il est incapable de trouver un slogan pour une crème contre l'acné. Obsédé par les boutons, il met à l'épreuve la patience de sa femme (Rachel Ward), perdant littéralement la tête lorsqu'une bosse commence à grandir sur son épaule! Non seulement celle-ci prend de l'expansion, mais elle commence à lui parler, remettant en question ses propres choix!!
Bruce Robinson est un cinéaste hors norme qui n'a jamais eu la chance de se faire valoir. Acteur et scénariste à ses heures, il a réalisé le truculent Withnail and I en 1987, une petite merveille trop peu vue qui peut être trouvée chez Criterion. Deux années plus tard, il s'est embarqué dans l'atypique "How to Get Ahead in Advertising". Ce projet extrêmement original n'en a pourtant pas fait une grande vedette comme Michel Gondry et Charlie Kaufman, le reléguant malheureusement dans l'ombre. Trop longtemps monopolisée dans la très onéreuse édition de Criterion, voici qu'une nouvelle version à un faible coût de son deuxième long-métrage voit le jour.
Tel son sujet qui met la dualité sur un piédestal, cet effort est déchiré par deux thèmes qui, ironiquement, ne forment pas la symbiose souhaitée. Il y a tout d'abord la mordante satire de la société qui n'a rien à envier à 99 Francs ou à Fight Club. Par ses discours monopolisateurs et la force de ses mots, le film fracasse les idéaux, traitant de capitalisme et de communisme, de liberté de choix et de lavement de cerveaux, avec sarcasme et cynisme. Un discours qui, malgré ses nombreuses années, est toujours d'actualité. Puis il y a la principale trame narrative, beaucoup plus gentille et inégale, qui montre cet homme qui converse à son éruption cutanée, au grand détriment de ses proches. Une prémisse aussi folle que ridicule, qui s'épuise avant la fin, et dont l'intérêt réside principalement dans le jeu de haut niveau de Richard E. Grand.
Les aspects techniques laissent à désirer. L'image manque singulièrement d'éclat, avec ses couleurs vieillies, ses teintes délavées et ses contrastes peu nuancées. S'ajoutent à cela un peu de blocage, du grain et des égratignures. Il n'y a peut-être rien de catastrophique, sauf que le rendu aurait pu être plus soigné. Les pistes sonores en Dolby Digital 2.0 se concentrent principalement sur l'enceinte située à l'avant. Un léger grésillement se fait parfois entendre sans que cela nuise à la bonne compréhension des dialogues. L'ordinaire traduction francophone ne fait tout simplement pas le poids devant les savoureux accents britanniques qui ne peuvent toutefois pas compter sur le moindre sous-titre. Les mélodies inspirées de David Dundas et Rick Wentworth s'avèrent dans le ton, faisant sourire avec leur étonnant orchestre.
La pochette montre un être qui semble particulièrement heureux, ouvrant ses bras à l'humanité. Le menu principal du DVD est terriblement ordinaire, représentant simplement une télévision. Rien ne bouge et il n'y a aucune musique. Cette déception n'est pas la seule, car il n'y a strictement aucun supplément de présent.
Produit par un certain George Harrison et bouillant d'idées disparates, "How to Get Ahead in Advertising" est une entité iconoclaste qui n'est cependant pas totalement au point. Cela n'empêche pas d'y soutirer un plaisir certain, et de se croiser les doigts pour le grand retour de Bruce Robinson au cinéma, qui devrait avoir lieu avec le très attendu The Rum Diary, qui mettra en vedette Johnny Depp et Aaron Eckhart. En espérant que cela soit aussi unique que ses deux précédentes réalisations.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |