Hulk
Special Edition
Universal Studio

Réalisateur: Ang Lee
Année: 2003
Classification: PG
Durée: 138 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 2 (1 DVD-9 + 1 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
31 octobre 2003

Pour bien des gens, la mention de Hulk évoque le souvenir d'un feuilleton télévisé de la fin des années 70. Bien peu savent en fait que ce monstre vert est une autre création du prolifique Stan Lee, celui-là même qui nous avait donné Spider-Man, les X-Men, Captain America, Daredevil, les Fantastic Four, et bien d'autres. La première histoire de Hulk fut donc écrite en 1962, dans un comic intitulé "The Incredible Hulk". Gris à l'origine (le temps du premier numéro), Hulk est l'alter ego du Dr Bruce Banner, un brillant physicien qui expérimente sur la bombe gamma. Sur le point de faire exploser une de ses bombes, il aperçoit un jeune homme sur le terrain des essais, Rick Jones, et en le sauvant, il est irradié par l'explosion. À partir de ce moment, dès qu'il se fâche, il se transforme en un gigantesque monstre vert (gris...), dénué d'intelligence, mais doté d'une force surhumaine. Dans la mode présente de vouloir porter au grand écran tous ces héros de la bande dessinée américaine, c'est au tour de Hulk de se voir subir ce traitement. Et pour ce faire, ce n'est nul autre qu'Ang Lee qui est à la barre du projet. Puisqu'avec son plus récent long métrage, "Wo hu cang long" (en français Tigre et Dragon), il avait réussi à démocratiser le film d'art martial; les producteurs espéraient donc que son talent pour l'image et son approche philosophique, voire même poétique, pourraient avoir le même effet sur le film de superhéros qui, faut-il se l'avouer, commence à montrer des signes d'essoufflement.

Ce film nous présente donc un tout jeune Dr Banner (Eric Bana), travaillant sans relâche à son projet sur la régénérescence des tissus. Dans ses travaux, il est assisté par son ancienne flamme, Betty Ross (Jennifer Connelly). Mais en préparant une série de tests, le système se dérègle et Bruce est accidentellement irradié par des rayons gamma, à une dose mortelle. Miraculeusement, il en sort indemne, et même en meilleure forme. Mais tout cela n'est qu'apparence puisqu'un fâcheux effet secondaire se fait vite sentir: dès qu'il est contrarié, il se transforme en un monstre féroce, Hulk, dont la force n'a d'égale que son manque d'intelligence. Il faudra l'armée complète, sous le commandement du Général Ross (Sam Elliott) pour tenter de maîtriser Hulk. La situation se complique encore plus lorsque réapparaît David Banner (interprété avec brio par Nick Nolte), le père de Bruce, qu'il croyait mort depuis longtemps...

La première chose à dire à propos du personnage est que non, il n'est pas trop gros. Bien que dans cette interprétation, sa taille varie en fonction de son degré de rage (particularité physique jamais mentionnée dans la "vraie" continuité des comics), la taille de Hulk est conséquente avec les nombreuses incarnations canoniques. D'ailleurs, mis à part cet ajout de taille, on note aussi quelques divergences; l'identité du "Absorbing Man" ou l'absence de Rick Jones par exemple. Un autre fait nécessaire à cette adaptation est l'origine de Hulk. Il est d'ailleurs intéressant de s'y attarder d'un point de vue historique. Lors de sa création en 1960, la nouveauté scientifique du moment était la radiation: puisque les effets en étaient encore peu connus, son utilisation était tout à fait indiquée pour expliquer toute sorte de comportement ou pouvoir (c'est d'ailleurs l'explication des pouvoirs de Spider-Man, Hulk, les Fantastic Four, etc.). C'est pourquoi dans le comic de Stan Lee, le Dr Banner est un physicien qui travaille sur une bombe aux rayons gamma (guerre froide oblige).

Dans les années 1980, la radiation ayant été expliquée et démystifiée, et l'armement nucléaire étant aussi devenu tabou, c'est maintenant la biologie et la mutation qui sont la coqueluche des scientifiques. Ainsi, dans la série de 1977, le Dr Banner est un biologiste qui travaille sur la régénérescence des tissus, à l'aide des rayons gamma. Pour le présent film, sans que sa profession soit clairement définie, le Dr Banner travaille dans un laboratoire universitaire de biotechnologie nucléaire. Toujours à l'aide des rayons gamma, ses travaux portent sur la régénérescence des tissus, et ce, en utilisant le nouveau dada scientifique des années présentes: la nanotechnologie. Bref, le scénario ne s'éloigne jamais trop de l'âme de la bande dessinée, et en respecte les grandes lignes. Mis à part tout le volet avec Dr Banner père, toutes les relations interpersonnelles sont exploitées avec justesse. Un seul grand absent: Rick Jones. Ce favori des amateurs est tout de même présent en la personne d'un collègue au laboratoire, puisqu'il est, lui aussi, sauvé par Bruce lors du fameux accident; malheureusement, son rôle dans le film s'arrête là. Peut-être nous réserve-t-on sa présence pour les prochains opus.

Du côté de l'histoire, on note quand même plusieurs trous. Par exemple, même si techniquement et visuellement intéressante, la scène avec les chiens est inutile et inexplicable. La raison de sa présence est mal amenée et ne fait pas avancer l'histoire. Il en est de même pour la dernière confrontation entre le père et son fils, surtout du fait que cette rencontre est orchestrée par le général Ross. Sans vouloir entrer dans les détails, la justification de cette scène semble plutôt être un pont vers la scène finale, sans aucune explication convaincante. D'ailleurs, cette ultime bataille est aussi mal transmise au public: on ne sait pas trop ce qui se passe, et on n'en comprend pas trop non plus l'implication ni les conséquences. C'est d'ailleurs ce manque de cohésion qui a été le plus grand reproche fait au film.

Nul besoin de souligner l'extrême beauté des images et plans de caméras réalisés par Ang Lee. L'intégration avec les nombreuses images modélisées par ordinateur est presque sans faille; il faut dire que même si ces scènes sont bien faites, on ne peut pas faire abstraction du fait que Hulk est un personnage de synthèse, et le jugement en est assurément faussé. Il faut aussi souligner le superbe travail de montage qui a été accompli, surtout au niveau des transitions: le film en entier, et particulièrement les premières minutes est tourné à la manière d'un comic, avec des plans qui se coupent, se croisent, se séparent, se fondent, etc.. Du côté du transfert sur DVD, l'image présentée est impeccable, exempte de tout défaut relié au matériel source. Les couleurs sont claires et subtiles, avec des tonalités bien choisies et parfaitement rendues. Pour ce qui est de la compression, les spécifications audio laissaient présager un manque de qualité à l'image, mais il n'en est nullement. Les noirs sont subtilement rendus, avec toute la gradation nécessaire. On n'observe pas de défaut non plus au niveau de la netteté: très peu de fourmillement en arrière-plan, et on ne note pas non plus de taches numériques.

Pour ce qui est du volet sonore, il faut tout d'abord souligner que toutes les pistes présentes sont en Dolby Digital 5.1, ce qui en réjouira quelques-uns. Un résultat pervers est par contre l'absence d'une piste stéréo pour ceux qui n'ont pas le luxe d'un système ambiophonique: le son est ainsi généré par un "down mix" qui, habituellement, donne des résultats d'une moins bonne qualité qu'un réel stéréo. Quant à la piste elle-même, elle est tout simplement splendide. Elle brille de par sa subtilité autant que par les résonances (nombreuses!) du caisson d'extrême-grave. L'ambiophonie est exploitée à souhait, tant au niveau de la musique qu'à la spatialisation de l'environnement. Lors des nombreuses explosions, les débris sont littéralement projetés sur les spectateurs. On note aussi une excellente séparation des canaux, permettant de profiter pleinement de l'excellente musique de Danny Elfman, le compositeur aussi pour les films Spider-Man, Batman et Men In Black (et aussi les Simpsons!). L'amplitude en intensité est, elle aussi, bien exploitée, sans toutefois nous faire perdre un seul mot du dialogue. Toute la gamme de fréquence est bien représentée, sans aucune retenue dans les extrêmes. Bref, une piste sonore qui, sans équivoque, pourrait servir d'étalon.

Cette édition DVD est remplie de suppléments. Tout d'abord sur le premier disque, on peut entendre une piste de commentaires faite par Ang Lee. Cette piste est pertinente de par la multitude de détails et anecdotes dont nous fait part le réalisateur. Aussi, on nous propose un mode d'écoute amélioré, appelé "Hulk Cam". Avec cette option sélectionnée, une icône apparaît pendant certaines scènes tout le long du film. Si le bouton "enter" de la télécommande est enfoncé durant cet instant, le film s'interrompt pour nous montrer la façon dont ladite scène a été tournée. Ce qui est dommage avec cette option est qu'il est impossible de voir ces documentaires autrement, et que s'ils sont visionnés lors d'une première écoute, le rythme du film en souffre énormément. Cependant, malgré le fait que ce ne soit pas indiqué, le découpage des chapitres varie avec cette fonction, permettant ainsi de passer directement à ces scènes, sans devoir réécouter le film en entier. Les suppléments de ce disque sont complétés par un segment nous présentant (de façon très imaginative d'ailleurs) les capacités physiques et biologiques de Hulk ("Superhero Revealed: Anatomy of the Hulk"),

Sur le deuxième disque, uniquement consacré aux suppléments, on retrouve pour commencer un segment intitulé "Hulkification". On y peut y voir l'adaptation d'une scène du film sous forme de dessins de comics. Les artistes choisis pour cet exercice sont des plus connus du milieu, notamment Kubert et Larroca (dessinateurs respectifs de "Ultimate X-Men" et "Extreme X-Men"). Une courte biographie des artistes est aussi disponible. On nous propose ensuite un documentaire intitulé "Évolution of the Hulk", qui retrace l'histoire de Hulk, à travers les différents médias où il a évolué: les comics, la télévision et finalement, le grand écran. Vient ensuite "The Incredible Ang Lee", un documentaire sur l'approche d'Ang Lee par rapport au film. On y est témoin, notamment, de plusieurs éloges de la part des comédiens. Il est aussi intéressant de voir que c'est lui-même qui revêt la combinaison qui permet d'animer Hulk. Ensuite, on nous présente l'analyse détaillée de la scène de combat entre Hulk et les trois chiens mutants, dans le documentaire "The Dog Fight Scene" ainsi qu'un court documentaire, "The Unique Style of editing Hulk" qui dépeint le style utilisé pour le montage (un style qui s'apparente aux comics). Finalement, on nous propose une série de documentaires sur la production du film, allant des effets spéciaux jusqu'à la musique, en passant par le choix des acteurs et les cascades. Il est à noter que ces derniers documentaires peuvent être écoutés individuellement ou d'un seul trait. Un fait important à souligner est que tous les documentaires de ce second DVD peuvent être écoutés avec sous-titres.

Une section DVD-ROM, uniquement disponible pour la plate-forme Windows, est aussi présente. Il est aussi possible de jouer à une version de démonstration du jeu Hulk, en insérant le DVD dans une console XBox. On y offre le premier niveau du jeu afin de vous décider de l'acheter!

Les menus des deux DVD, en plus d'être bien hiérarchisés, sont tout simplement superbes. Ils sont pour la plupart animés, avec une musique de fond. La police utilisée pour les boutons, s'apparentant à celles employées dans les bandes dessinées, est claire et précise. Mais ce sont les transitions qui se démarquent le plus: on y voit des animations tirées du film, qui se transforment en un dessin.

Bref, du point de vue des suppléments, une excellente édition DVD qui profitera grandement aux néophytes de cet univers, mais qui n'apportera pas grand-chose aux connaisseurs. Par contre, le côté cinématographique du film est expliqué de façon exhaustive, soulignant les petits détails, ce qui ne fait que rendre le film encore plus appréciable. Mais en plus des extras, l'énorme soin apporté à la création de ce DVD en fait un excellent produit, et ce, à tous les niveaux.


Cotes

Film7
Menu9
Suppléments8
Vidéo8
Audio9