"Vargtimment" (en anglais, "The Hour of the Wolf"), réalisé en 1968, fait partie des DVD inclus dans le magnifique coffret que nous offre MGM, comprenant cinq des tout premiers films de Ingmar Bergman. Notons que ce DVD est aussi disponible individuellement.
Ce film, présenté sous le prétexte d'une histoire vraie, nous est raconté par la femme d'un supposé ami de Bergman, Alma Borg (Liv Ullmann). L'ami en question, Johann Borg (Max von Sidow), s'est mystérieusement volatilisé sur l'île où le couple vivait. À travers le film, on voit donc comment Johann a lentement basculé dans la folie, pour finalement disparaître. On le voit passer à travers multiples nuits blanches, incapable de dormir et contraignant Alma à rester éveillée à ses côtés. On le voit aussi déambuler sur son île, imaginant des conversations avec des personnages évoquant son passé. Finalement, le couple se retrouve invité à un mystérieux château où les convives ont des allures vampiriques. Bref, Alma réussira à s'en sortir, mais Johann n'aura pas cette chance...
Comme plusieurs films de Bergman, le scénario laisse place à plusieurs interprétations. On peut voir les autres personnages du film comme étant des hallucinations de Johann, où on peut tout simplement penser que ce sont des vampires. Où peut-être est-ce tout simplement le manque de sommeil qui en est la cause... Bref, l'intention réelle reste un mystère puisque ce ne sont que des explications parmi tant d'autres. Il est aussi très intéressant de voir les rapprochements avec le film et la vie de Bergman. Dans le film, le "héros" est embourbé dans une difficile relation amoureuse, et est confiné à une île. Rappelons-nous que, des suites de Persona, Bergman avait laissé sa conjointe pour se faire bâtir une maison sur l'île où avait eu lieu le tournage et y vivre avec Liv Ullmann. Espérons toutefois que sa santé mentale n'ait pas autant souffert que celle de Johann...
Avant de parler de la qualité visuelle de l'image, il est impératif de spécifier que le DVD utilisé pour cette critique n'est pas celui qui sera mis sur le marché, puisque le ratio d'image utilisé (1.66:1) n'est pas celui que le réalisateur avait choisi (1.37:1). Il en résulte donc une image mal cadrée, avec de multiples têtes coupées. Puisque le transfert ici critiqué n'est pas anamorphique, la précision de l'image devrait être sensiblement la même (l'encodage devrait être un tantinet plus complexe, du fait qu'il est très simple de compresser des barres noires. On devrait donc observer une perte de précision dans le reste de l'image, puisque pour le présent transfert presque tout le débit disponible est utilisé (en tenant évidemment compte des deux pistes sonores). Mais ce ne sont que des spéculations théoriques...).
Ceci dit, la qualité de l'image est très bonne, sans que ce soit aussi impressionnant que pour celle de Persona. On remarque quelques égratignures sur la pellicule, et beaucoup de petites tâches. Par endroits, le grain est aussi très visible. Néanmoins, l'image est très bien numérisée, avec une excellente précision et un très haut niveau de détail. La compression est aussi réussie; à part quelques points blancs par endroits, on ne dénote aucun défaut majeur.
Au niveau sonore, la piste sonore est d'un très bon niveau. On note quelques fois des changements subits d'intensités, sans que ce soit trop dérangeant. La musique est bien présente (même si très très rare dans ce film!) et n'empiète jamais sur les dialogues. Les hautes fréquences sont un peu amputées, sans que ce soit à outrance. On note aussi un bon appui du caisson d'extrême-grave lors des brefs passages musicaux.
Comme suppléments, on retrouve pour commencer une piste de commentaires de Marc Gervais, un expert en tout ce qui a trait à Ingmar Bergman. La piste est très intéressante, de par toutes les explications qu'il nous apporte. Par contre, à plusieurs reprises, il se contente de décrire ce que l'on voit à l'écran, ce qui est un peu futile. Néanmoins, la piste vaut la peine d'être écoutée. On retrouve aussi un très intéressant documentaire sur le film; on y voit des entrevues avec Marc Gervais, Liv Ullmann et Erland Josephson (un des acteurs du film). Il est aussi très intéressant de voir les extraits d'une entrevue de Bergman, faite en 1970. Comme autres suppléments, on retrouve d'autres extraits des entrevues de Liv Ullmann et de Erland Josephson. Finalement, on retrouve des photos de la production ainsi que la bande-annonce du film. Les menus sont statiques, mais avec une musique de fond. Ils sont tous clairs et bien hiérarchisés.
Bref, mis à part le problème de cadrage qui sera assurément réglé, la qualité de ce DVD est très respectable. Beaucoup seront heureux de pouvoir visionner de nouveau ce film dans ces conditions, ou tout simplement le découvrir.
| Film | 9 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |