The Serpent's Egg
The Ingmar Bergman Collection
MGM Home Entertainment

Réalisateur: Ingmar Bergman
Année: 1977
Classification: 18A
Durée: 119 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
21 avril 2004

"The Serpent's Egg", réalisé en 1977, fait partie des DVD inclus dans le magnifique coffret que nous offre MGM, comprenant cinq des premiers films de Ingmar Bergman. Notons que ce DVD est aussi disponible individuellement.

"The Serpent's Egg" nous raconte l'historie de Abel Rosenberg (David Carradine), un artiste de cirque qui se retrouve bien malgré lui à Berlin, en plein milieu de la sombre période économique qui a suivi la Première Guerre mondiale et conduit à la Seconde. Après le suicide de son frère, il trouve refuge dans les bras de l'ex-femme de celui-ci et, ensemble ils tenteront de surmonter les difficultés de l'époque. Ils sont aidés par le mystérieux Dr Vergerus (Heinz Bennent), qui leur offre emplois et logis. Mais bien vite, ils réalisent que ce dernier en fait bien plus qu'il le laisse paraître; il mène des expériences cliniques très avant-gardistes, sans aucune forme d'éthique...

De ce coffret Bergman, "The Serpent's Egg" est le film qui est le plus différent. Premièrement, alors que les autres films ont été tournés dans les années 60, celui-ci est de 1977. Ensuite, la langue parlée n'est pas le suédois, mais plutôt l'anglais. Au point de vue de la distribution, on ne retrouve que Liv Ullman comme visage familier. L'autre acteur de renom est David Carradine, qui à l'époque venait tout juste de terminer la très populaire série télévisée Kung-Fu (et qu'on a pu voir plus récemment dans Kill Bill de Tarantino). On remarque aussi au générique le prolifique producteur Dino de Laurentiis, celui-là même nous a donné, entre autres, Serpico, Hannibal, Red Dragon et Manhunter.

Le film est tout aussi contrastant au niveau de l'histoire; contrairement aux autres, celui-ci ne se déroule pas sur une petite île perdue de la Suède, mais plutôt en Allemagne. On retrouve par contre l'habituelle destruction mentale du personnage principal. Néanmoins, la touche de Bergman est bien présente, autant au niveau du scénario que de la réalisation. On remarque aussi plusieurs éléments de sa mythologie, entre autres le nom Vergerus qui revient encore. Visuellement, le style est aussi préservé, puisque c'est encore une fois Sven Nykvist qui assure la direction photo.

Dino de Laurentiis s'est somme toute spécialisé dans les films d'horreur et thrillers, par exemple Army of Darkness et Orca. L'idée d'en produire un avec Bergman à la réalisation n'était pas mauvaise. Ce dernier avait en effet abordé le genre avec Vargtimmen (en anglais, "The Hour of the Wolf"), et ce, avec un certain succès. Malheureusement, "The Serpent's Egg" n'est pas à la hauteur. Peut-être que la coopération avec de Laurentiis n'a pas été aussi profitable qu'elle laissait présager. En effet, le scénario est plutôt décousu, comme si les deux hommes avaient chacun fait des compromis de leur côté, sans trop penser au résultat final. Le film comporte quand même plusieurs points intéressants, ne serait-ce que la superbe photographie, le jeu des acteurs, les dialogues et les nombreuses références au cinéma allemand des années 20. La scène finale comporte aussi un intérêt certain. Bref, sans que ce soit un chef-d'oeuvre, "The Serpent's Egg" n'est pas non plus un navet, et n'est pas non plus le pire film de Bergman.

Au niveau visuel, le transfert déçoit un peu. Bien qu'une certaine restauration est évidente, le résultat est moins saillant que pour les autres films de ce coffret. On remarque beaucoup d'égratignures et d'impuretés, surtout dans les scènes plus sombres. Le contraste des couleurs est par contre bien rendu, et l'image est nette et détaillée. Encore une fois, on déplore l'absence de transfert anamorphique, mais puisque le ratio de 1.66:1 est somme toute voisin du ratio plein écran, c'est un moindre mal.

Pour ce qui est de l'aspect sonore, la piste originale mono est plus que convenable. On note une bonne représentation de toute la gamme de fréquences, sans trop de troncatures aux extrêmes. La piste est propre, sans bruit de fond désagréable ou parasite. Bref, pour un film de ce genre et de cette époque, on ne peut demander plus.

Au niveau des suppléments, on retrouve pour commencer une piste de commentaire. Mais, contrairement aux quatre films précédents, ce n'est pas Marc Gervais qui la fait. Ceci est malheureux puisque ses commentaires et anecdotes apportaient grandement à l'écoute des films. Ainsi, pour ce DVD, c'est l'acteur David Carradine qui commente; la piste, sans être monotone, est davantage anecdotique qu'informative, contrastant grandement avec les autres pistes de commentaires du coffret. Heureusement, comme autre supplément, on retrouve un segment ("German Expressionism") où Marc Gervais nous explique le concept du film et les circonstances de sa création. Cette entrevue est grandement appréciée et, si écoutée avant le film, permet une meilleure compréhension des intentions de Bergman. Un autre court documentaire est aussi présent ("Away From Home"), avec cette fois des interviews de David Carradine, Liv Ullmann en plus de Marc Gervais. On y voit aussi des extraits d'une entrevue avec Bergman lui-même, fait en 1970. La section de suppléments est complétée par une galerie de photos de production ainsi qu'une très trompeuse bande-annonce (le moins qu'on peut dire est que ceux qui sont allés voir ce film après avoir été séduits par cette bande-annonce ont été grandement surpris...).

Bref, un autre film de Bergman très intéressant à découvrir, malgré sa difficulté de compréhension et les références nombreuses au cinéma allemand. Heureusement, cette édition DVD facilite grandement cet accès.


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