I Love You Phillip Morris
Alliance / LD Entertainment

Réalisateurs: John Requa, Glenn Ficarra
Année: 2009
Classification: 14A
Durée: 98 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935845164

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
19 avril 2011

Jim Carrey et Ewan McGregor s'aiment beaucoup, beaucoup dans "I Love You Philip Morris", le grand méchant film américain qui croupit sur les tablettes depuis des années. Beaucoup de bruit pour pas grand-chose pour cette comédie réjouissante, mais ô combien inoffensive qui fera passer un bon moment, sans plus.

Philip Morris ne fait pas seulement dans le tabac. Il est également un jeune prisonnier blond (Ewan McGregor) qui a le béguin pour un autre détenu (Jim Carrey). Ce dernier fera tout pour le sortir de cet endroit et lui faire connaître la grande vie...

Censuré aux États-Unis, "I Love You Philip Morris" aurait dû sortir il y a de cela plus de deux ans. Le voilà enfin débarquer au Québec en format DVD, quelques semaines seulement après sa sortie dans quelques rares salles de la Belle Province. Difficile de savoir ce qui a tant heurté nos voisins du sud. Peut-être est-ce le sujet "sensible" inspiré d'une histoire vraie, les calembours "grivois" ou seulement le fait que deux comédiens connus du même sexe s'embrassent à l'écran.

Pourtant, il n'y a rien pour écrire à sa mère ou pour fouetter un chat. Il s'agit d'un long-métrage qui cherche à offenser, mais pas trop. L'humour outrancier fait beaucoup rire lors de la première demi-heure, sauf qu'il s'avère tellement répétitif par la suite que sa charge en devient rapidement amoindrie. Surtout que puisqu'il s'agit d'une satire, l'émotion a beaucoup de difficulté à passer aux moments opportuns.

Cela n'empêche pas cette première réalisation de John Requa et de Glenn Ficarra (les scénaristes du jubilatoire Bad Santa) d'intéresser par son rythme vif, sa mise en scène alerte et ses gags rigolos. La trame narrative qui emprunte beaucoup à celle du Catch Me if You Can de Steven Spielberg réutilise l'éternel canevas amoureux d'être sincère et de ne pas mentir aux personnes que l'on aime, mais sans pour autant moraliser que dans Just Go With It et French Kiss.

Le tout est rehaussé par une performance ferme et charismatique de Jim Carrey, qui s'occupe également de la narration. Son jeu, toujours à la limite du burlesque d'usage, fait cependant pencher la balance du bon côté, plus près d'un Yes Man que d'un Liar, Liar. À ses côtés, Ewan McGregor est tout simplement irrésistible, campant à la perfection le bel Adonis doux et lumineux, objet de tous les fantasmes.

L'utilisation humoristique de la musique ne peut faire mentir sur les intentions de ses auteurs. Les pistes sonores anglophones et francophones en Dolby Digital 5.1 sont efficaces dans leur façon de secouer les enceintes de mélodies, d'applaudissements et d'alarmes multiples. Les voix s'entendent parfaitement, le doublage dans la langue de Molière est satisfaisant, et il y a de très visibles sous-titres blancs en français, en anglais ou en espagnol en cas de nécessité. La qualité des images n'est pas toujours au rendez-vous. Le grain et le blocage ne sont pas rares, alors que la palette de couleur tarde à se développer correctement. Mais lorsque c'est le cas, elle s'affiche avec soin et précision, faisant oublier sa banalité d'origine. Solides, les contrastes ne manquent pas de séduire.

La pochette bleue comme le ciel et grise comme des barbelés de prison montre Jim Carrey et Ewan McGregor qui forment un cœur en sautant. Le menu principal du disque présente plutôt les personnages et les objets en format de carton. L'air musical présent fait instantanément sourire. Les bonus regroupent trois bandes-annonces différentes, sept pertinentes, mais redondantes scènes supprimées, un documentaire de 12 minutes sur le tournage qui ne s'éloigne pas trop des lieux communs (la naissance du projet, le choix des interprètes, etc.) et, surtout, une très amusante piste de commentaires où les deux cinéastes, les producteurs Andrew Lazar et Far Shariat, le directeur de la photographie Xavier Perez Grobet et le technicien de la lumière Max Pomerleau discutent de tout et de rien avec grand plaisir. Ce qui en ressort est tout aussi agréable que le produit fini.

"I Love You Philip Morris" sait se moquer de tout un chacun avec une bonne humeur communicative. Sans nécessairement faire exploser tous les clichés, l'effort les utilise à son avantage, ce qui donne au final une petite comédie attachante, sans grande profondeur, mais néanmoins sympathique comme tout.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments7
Vidéo6
Audio7