Claude Lelouch: Les Grands Classiques
Coffret 1
Imavision

Réalisateur: Claude Lelouch
Année: 1971…1996
Classification:
Durée: 780 minutes
Ratio:
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 6 (2 DVD-9 + 4 DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
21 août 2005

Imavision nous propose ici un coffret regroupant six films du réalisateur culte Claude Lelouch. Bien que le choix des films, de même que l'ordre de présentation, constitue un mystère, le produit est très intéressant puisque plusieurs de ces films n'ont jamais été édités sur DVD, et ce, même en France. De plus, bien que certains soient beaucoup moins connus, on nous en présente quelques-uns des plus célèbres; on n'a qu'à penser à "Homme, Femme, mode d'emploi" ou "La belle histoire". Les films sont présentés dans un coffret cartonné de bonne qualité, comprenant six boîtiers DVD. Chacun de ceux-ci comporte deux disques, un pour chaque film. Tel que mentionné, aucun thème ou point commun ne relie les films, mis à part que chaque boîtier DVD comporte un film récent et un plus vieux. Les menus des DVD sont animés, sous la chanson-titre du film, avec une image de Lelouch à l'avant-plan et des scènes du film à l'arrière (comme l'image sur les disques, d'ailleurs).

Homme, Femme, mode d'emploi (1996)

L'histoire d'"Homme, Femme, mode d'emploi" est relativement complexe puisqu'elle met en vedette une foule de personnages. Le principal est Benoît Blanc (Bermard Tapie), un richissime chef d'entreprise et playboy à ses heures. On retrouve aussi Fabio Lini (Fabrice Luchini), un acteur raté devenu policier, et qui profite de ses talents pour être "undercover". Les deux hommes se rencontrent par hasard, lors d'un rendez-vous chez le Dr Nitez (Alessandra Martines), où tous deux subissent une fibroscopie gastrique pour déceler de possibles tumeurs à l'estomac. Mais voilà, il s'avère que le Dr Nitez est une ancienne flamme de Benoît Blanc, ce qui complique les choses pour celui-ci, et les simplifie pour Fabio...

Comme Lelouch nous y a habitués, le film traite principalement des relations humaines, de hasard, de coïncidences et de spiritualité. Chacune des histoires est bien conçue, et le dénouement final, surtout à cause de la façon dont les personnages se croisent, vaut certainement l'écoute du film. Bien que le titre laisse présager qu'on y explorera la relation entre les hommes et la femme, ce n'est pas nécessairement ce qu'on peut en retirer du film. Évidemment, les relations qu'entretient Benoît Blanc avec sa femme est ses maîtresses s'inscrivent dans cette lignée, mais c'est surtout le thème de la spiritualité qui ressort davantage. Le scénario, de ce point de vue, est donc habilement tissé. La prestation des acteurs est aussi à souligner: Fabrice Luchini, plus particulièrement, est délectable dans son rôle.

Étant le film le plus récent du coffret, la qualité, tant visuelle qu'auditive, est au rendez-vous (du moins, du calibre d'un film de ce type). Ainsi, bien que l'image ne soit pas parfaite, on note un bon niveau de détails, de même qu'un rendu adéquat des couleurs. Il est a souligné, contrairement aux autres films du coffret, que le transfert est anamorphique. La compression est réalisée habilement, ne laissant transparaître aucun défaut majeur. Il en est de même pour le volet audio; tous les dialogues sont clairs, malgré le ton posé et délicat de Luchini (qui cause parfois des problèmes, dans d'autres films...). Le mixage est adéquat, sans empiétement de la part de la musique. Comme suppléments, ce DVD nous propose une galerie d'image du film et des affiches. On nous présente aussi un court reportage sur la production du film; sans commentaire, on nous y présente des extraits du tournage. Ce qui est particulièrement intéressant est de voir les interventions de Lelouch, après et avant les scènes. On nous propose aussi quatre extraits du film; on ne comprend pas réellement l'intérêt de ces scènes. Finalement, deux bandes-annonces sont aussi incluses.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments6
Vidéo8
Audio7


Mariage (1974)

Ce film nous présente un bon pan de la vie d'un couple français, Janine (Bulle Ogier) et Henri (Rufus), habitant au bord d'une plage en Normandie. Le film débute par la visite de la maison qu'ils convoitent, puis on les revoit le jour de leur mariage lorsqu'ils emménagent, le 6 juin 1944. L'histoire se transporte alors 10 ans plus tard, lorsqu'Henri et Janine fêtent la libération et leur noce de porcelaine. Henri est maintenant maire de la ville, et le couple a maintenant un jeune fils. Puis on les trouve encore 10 ans plus tard, puis finalement en 1974, où la maison est remise en vente, clôturant le cycle.

Le film est très bien conçu, et ce, avec très peu de moyens. L'essentiel du film consiste en les conversations qu'ont le couple le 6 juin, à tous les 10 ans. Teinté d'une philosophie maritale plutôt négative, le film nous présente la longue déchéance du couple, entièrement due au manque d'attention et d'honnêteté d'Henri. Autant par les dialogues que par des éléments de scénario, on prend en pitié cette pauvre Janine qui ne demandait pourtant pas grand-chose. Combiné à une belle photographie et des prises de vues originales, le film est tout simplement superbe. Il est aussi à souligner le générique qui, au lieu d'être visuel, est dit. C'est plutôt original comme façon de faire!

Au niveau de l'image, le matériel source utilisé laisse grandement à désirer. Tout d'abord, on note plusieurs débris et saleté tout le long du film; de plus, des marquages de bobines ("cigarette burns") sont aussi présentes. La compression est toutefois adéquate, à part pour quelques fourmillements excessifs à certains endroits plus sombres. Au niveau du cadrage, un doute plane quant au ratio puisqu'à certains endroits, on voit distinctement des micros... La piste sonore est encore pire; on jurerait qu'aucun mixage n'a été fait. Constamment, les dialogues sont carrément étouffés par la musique ou les effets. Certains de ces derniers sont d'ailleurs si fort, sans raison, que c'en est agressant. On ne note pas de distorsion, par contre. Évidemment, puisque la piste est mono, on ne note aucune ambiophonie. Comme suppléments, on ne nous offre qu'une galerie d'image, comportant des photographies de la production du film ainsi que les affiches.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments3
Vidéo5
Audio4


Il y a des jours... et des lunes (1990)

Ce film nous présente la vie d'une bonne douzaine de personnages, au courant de 18 heures d'une journée. La particularité de ces 18 heures est que la lune est pleine et qu'on y avance l'heure. À travers toutes les histoires, les personnages se rencontreront, se croiseront et changent le cours de leur vie, au gré du moment. Mais tel qu'on nous l'annonce dès le début du film, un de ceux-ci mourra à la fin de ces 18 heures...

Le film est très intéressant de par la façon dont il est conçu; on ne s'ennuie avec aucun des personnages, et il est amusant de tenter de deviner la façon dont celui qui doit mourir le fera. Les interactions entre chacun sont bien pensées; certaines tristes, d'autres humoristiques. Même si, à première vue, le scénario peut paraître complexe ou disparate, il n'en est rien. Le film se laisse regarder aisément, et avec plaisir.

L'image est ce qui laisse le plus à désirer pour ce film. Tout d'abord, on note une forte dose de débris et égratignures, de même que les marquages de bobines ("cigarette burns"). De toutes évidences, le matériel source utilisé est loin d'être optimal. Probablement pour les mêmes raisons, les couleurs et tons manquent de vivacité; le film, dans son ensemble est terne. La compression ne semble par contre pas causer de défauts additionnels. Du côté sonore, la piste stéréo fournie est étonnamment bonne. Bien qu'aucune présence du haut-parleur de basses fréquences n'est notée, l'ambiophonie du Dolby Surround est plus qu'adéquate. En général, le mixage est bon; la musique n'empiète pas sur les dialogues et les effets sonores sont bien dosés. Les suppléments de ce disque consistent en une galerie de photos de la production et des affiches du film.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments3
Vidéo5
Audio8


Le chat et la souris (1975)

L'histoire du film est celle de la dernière enquête de l'inspecteur de police Lechat (Serge Reggiani). À l'aide de son assistant (Philippe Léotard), il tente de trouver l'assassin du mari de Mme Richard, une riche milliardaire (Michèle Morgan). Tous les indices laissent croire que c'est cette dernière qui a commis le crime, mais les preuves ne collent pas. L'affaire devient vite une obsession pour Lechat qui, même à la retraite, continue de se creuser les méninges, au point de devenir amoureux de Mme Richard. Il réussira finalement à résoudre le crime, non sans l'aide du hasard et de son ex-assistant.

Contrairement à plusieurs films de Lelouch qui, à une première écoute, peuvent sembler lourds et sans action, celui-ci en est fertile. L'enquête de Lechat est présentée du début à la fin, de façon à ce que chaque nouvel élément nous permette de découvrir, au même moment que l'inspecteur, qui sont les auteurs du crime. Les scènes sont toutes bien tournées, et il serait inconcevable de ne pas souligner les deux scènes où, tout d'abord en voiture puis en moto, les deux inspecteurs tentent de retracer le chemin de l'assassin dans Paris. Les scènes, filmées en "third person", sont époustouflantes; on se demande vraiment comment le conducteur n'a pas eu d'accidents. Bref, le film est des plus agréables à écouter et, contrairement à d'autres oeuvres du cinéaste, est abordable pour tous.

La première chose qu'on remarque dans ce film, et ce, d'une façon flagrante, est que le ratio de l'image n'est pas respecté; à tout bout de champ, des têtes sont coupées et des personnages sont hors cadres. Il est donc dommage qu'Imavision ne se soit pas procuré un matériel source adéquat, ou n'a tout simplement pas repris le transfert de l'édition française (zone 2). En plus du fait que cette version tronquée a pour effet d'augmenter l'apparence granuleuse de la pellicule, la qualité du matériel source est loin d'être idéale. On remarque tout le long du film des égratignures et saletés. De plus, les noirs paraissent plutôt gris, avec un blocage dans les scènes plus sombres. Du côté sonore, le film est nettement mieux. Le dynamisme en intensité est appréciable et permet des dialogues en tout temps compréhensibles. Il est par contre dommage qu'on ait choisi de ne pas mixer la postsynchronisation (qui est plutôt ici un "voice over"); dans certaines scènes, filmées de loin, les personnages parlent comme s'ils étaient tout près du micro (ce qu'ils sont, en fait). Le résultat est loin d'être transparent. Comme supplément, on ne nous présente qu'une série de photographie du tournage ainsi que les affiches du film.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments3
Vidéo5
Audio6


La belle histoire (1992)

Sous le thème de la réincarnation, "La belle histoire" nous présente une version autre et moderne de la vie de Jésus Christ. Ainsi, Jésus est un bohémien français, toréador de profession (Gérard Lanvin). Ne pouvant réellement pratiquer son métier, il vit comme il le peut sur sa ferme. Mais après avoir eu maille à partir avec un tenancier de bar, il est victime d'un coup monté de ce dernier et se retrouve en prison. Après sa sortie, il choisit de quitter son ancienne vie pour gagner la grande ville. Odona (Béatrice Dalle) n'a pas non plus la vie facile. Avec sa meilleure amie, elle traverse le pays. sans but, commettant des crimes autant pour le plaisir que pour vivre. À Paris, elle est poursuivie par un policier amoureux d'elle (Vincent Lindon), mais elle arrive à éviter les ennuis grâce à ses charmes. Cependant, son vrai amour, c'est Jésus; c'est d'ailleurs le coup de foudre lorsque tous deux se rencontrent au hasard d'un aéroport. C'est comme si les deux se connaissaient depuis toujours; en fait, c'est le cas, puisqu'ils sont amoureux depuis 2000 ans...

En plus de l'histoire principale, le récit est entrecoupé des scènes de la "vraie" vie du "vrai" Jésus, 2000 ans auparavant. Tous les personnages du film ont leur penchant d'époque; par exemple, l'historien-archéologue qui découvre la statue de Jésus est la réincarnation de l'artisan qui l'a sculptée. Il est amusant de noter qu'un des personnages de "Il y a des jours... et des lunes" nous revient pour ce film: le policier-motard refait une apparition en arrêtant brièvement les deux fugitives. Mis à part que le simple fait de constater les parallèles historiques rend le film captivant, le récit lui-même est fascinant. L'exploitation que fait Lelouch du coup de foudre par la réincarnation est admirablement bien scénarisée; bien que le film ne soit pas le plus court, il n'en demeure pas mois excellent, et ce, à tout instant.

Contrairement à tous les autres films de ce coffret, "La belle histoire" nous est présenté en format panoramique, le format original. Sans que c'en soit nécessairement la raison, puisque le transfert n'est pas anamorphique, l'image est aussi d'une meilleure qualité, bien qu'on note un manque de netteté à certains endroits. Le côté sonore est lui aussi tout à fait adéquat, sans contredit le plus étoffé du coffret. Le seul problème, et il est majeur, est qu'on constate un décalage marqué entre le son et l'image, particulièrement visible lors des dialogues. Mis à part ce défaut, le mixage est adéquat. En guise de supplément, ce DVD contient une série d'images du film, du tournage, ainsi que les affiches.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments3
Vidéo7
Audio6


Smic Smac Smoc (1971)

Smic, Smac et Smoc, c'est le surnom de trois excellents amis, qui vivent et travaillent ensemble sur un chantier naval. Smic (Charles Gérard) est la tête forte du groupe, toujours à diriger les autres et à leur imposer ses quatre volontés. Smac (Jean Collomb) est, quant à lui, un peu simplet; sans ses amis, il n'irait nulle part. Smoc (Amidou) est le plus romantique du groupe; d'ailleurs, il les "abandonne" puisqu'il a trouvé l'âme soeur et se marie. Mais, justement, au mariage, Smic trouve que la cérémonie est trop petite et manque de prestance. Afin que la journée soit des plus mémorable, ils décident de la passer tous ensemble avec, évidemment, la femme de Smoc (Catherine Allégret) et un accordéoniste aveugle (Francis Lai), trouvé au hasard d'une rue.

Comme nous l'annonce un texte au début du film, le récit porte sur l'amitié. C'est donc évidemment le thème principal qui est exploité, et ce, d'une excellente façon. On voit que les trois hommes se complètent très bien et on a peine à ressentir le désir, mêlé de tristesse, de Smic de vouloir célébrer en grand le départ de son ami. Le film est simple (tournée en 8 jours, si on en croit le texte initial), mais terriblement efficace. Les plans-séquences sont très longs, fort probablement improvisés comme c'est la norme avec Lelouch. Les performances sont excellentes, au point où on s'attache à certains personnages alors qu'on aurait envie de foutre son point sur la gueule de d'autres (Smic...). Bref, un film léger, tout à l'opposé du précédent. Comme pour "Mariage", soulignons que le générique d'ouverture est "parlé".

Encore une fois, bien qu'il n'ait pas été possible de le vérifier, le ratio de l'image ne semble pas être l'original: de nouveau, on constate multiples têtes coupées et personnages hors cadre. L'image n'est non plus pas ce qu'il y a de mieux; on constate nombre d'égratignures et poussières, comme sur plusieurs des films de ce coffret. Le grain est aussi présent, de façon variable. Cependant, on ne remarque pas de problème de compression. Le volet sonore est tout à fait respectable; rien à redire de ce côté. Les dialogues sont clairs, et le mixage est adéquat pour ce genre de production. Évidemment, de par l'âge et le type de film, on constate des faiblesses aux extrémités de la bande de fréquence, mais rien de trop dérangeant. Comme suppléments, on ne nous présente que quelques images de la production, de même que les affiches du film.


Cotes

Film7
Présentation7
Suppléments3
Vidéo5
Audio7