Elvis: La minisérie
Imavision Distribution

Réalisateur: James Steven Sadwith
Année: 2005
Classification: G
Durée: 180 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
15 août 2007

En ce qui concerne Elvis Presley, ce ne sont pas les "personnificateurs" qui manquent depuis sa mort en 1977. Que ce soit sur scène ou simplement par plaisir, ils sont des milliers de par le monde à vouloir être, un soir ou en permanence, le King! Le monde du cinéma s'est par contre peu essayé durant ces trente dernières années. Il y a bien eu quelques productions, mais relativement peu.

En 2005, le réseau américain CBS a produit et diffusé "Elvis", une minisérie télévisée de quatre heures (avec publicités) qui mettait en vedette l'acteur Jonathan Rhys Meyers (que nous avons vus dans Mission : Impossible III) dans le rôle convoité d'Elvis Presley. Sur une période de 16 ans, de 1952 à 1968, nous allons être les témoins de la naissance d'une idole, de son ascension difficile et surtout de son quotidien qui, finalement, n'avait rien de bien plaisant. Il est important de savoir à propos de cette production, que toutes les chansons que l'on y entend sont des enregistrements originaux d'Elvis Presley, et non une imitation. C'est d'autant plus important que c'est la première fois qu'un film sur la vie du King utilise de telles chansons originales. Nous allons critiquer ici la version francophone éditée chez Imavision.

Nous débutons donc en 1952, dans un quartier de Memphis, Tennessee. La vie est difficile pour les Presley. Leur fils Elvis finit ses études et le soir, avec ses cousins et amis, il fréquente les boîtes de la ville où les gens de race noire se réunissent, chantent et dansent. Il connaît bien ce rythme et il l'a presque dans la peau. Il ne semble vivre que pour la musique. Il faudra attendre une année, en 1953, pour qu'il puisse enfin enregistrer un disque pour faire l'offrir à sa mère. C'était beaucoup d'argent à l'époque, argent qu'il aurait très bien pu placer ailleurs. Mais Elvis espère aussi être entendu et participer à des orchestres. On a alors droit aux clichés des patrons de boîtes qui n'y croient pas et qui lui prédisent tout sauf une carrière de chanteur. Il faut aller jusqu'à la fin du printemps 1954 pour qu'on lui donne enfin sa chance. Ce sera la naissance de "That's Alright Mama" et le succès qu'on lui connaît. La carrière démarre alors tranquillement et Elvis se cherchera un style. Rapidement, ses déhanchements vont devenir sa marque de commerce et le public féminin en redemandera. Ce ne sera pas le cas de certaines autorités, surtout religieuses, qui y verront une atteinte aux bonnes mœurs, comme à Montréal en 1957 où il fut carrément interdit par le Cardinal Léger. Il devra la suite de sa carrière à son agent, le colonel Tom Parker (Randy Quaid) qui l'amènera sur toutes les scènes américaines et tous les plateaux de télévision et de cinéma. Ils resteront ensemble jusqu'à la fin, malgré plusieurs différends.

Le jeune acteur Jonathan Rhys Meyers semble parfois prendre corps avec son personnage, si bien d'ailleurs que le réalisateur a rajouté parfois quelques images d'archives avec le vrai Presley et la correspondance est étonnante, même si Meyers a un visage un peu plus maigre. Certaines poses scéniques lors des tours de chant sont à s'y méprendre. Bien entendu, il est difficile de juger quand finalement on ne connaît rien de la vie privée du King. Mais après avoir visionné ce téléfilm très intéressant, on a assurément une autre vision de cette idole d'une époque. Jonathan Rhys Meyers a gagné avec ce rôle en 2006 le Golden Globe pour le meilleur acteur dans une minisérie ou un film pour la télévision.

Imavision propose donc de découvrir la version française de cette production avec une édition double disque. L'image est au format panoramique, mais non anamorphique, avec une qualité plutôt bonne. Les couleurs sont parfois un peu ternes. Du côté du son, il faut se contenter d'une piste stéréo, mais également d'excellente qualité. Les pages de menus possèdent quelques animations, avec des extraits du film en damier en fond et les lettres ELVIS qui s'illuminent, le tout avec un accompagnement musical du chanteur. Il n'y a malheureusement pas de supplément.

Il est évident que cette édition aurait pu bénéficier de quelques améliorations, telle qu'une image anamorphique et surtout l'ajout de la version sonore originale anglaise (qui semble faire l'objet d'une édition indépendante d'un autre distributeur). Malgré tout, la présentation est parfaite et le manchon dans lequel on glisse le boîtier est agréable, avec ses effets de relief et contraste mat / brillant. Enfin, à l'intérieur du boîtier, une offre pour acquérir le CD #1 HITS d'Elvis Presley à prix spécial. Pour ce qui est du film lui-même, les plus observateurs pourront y déceler quelques petites erreurs qui trahissent la date de tournage par rapport à la date de l'histoire. Mais si on fait abstraction de cela, on peut surtout comprendre un peu plus ce qui s'est passé dans les vingt dernières années de cet homme à qui tout semblait briller, mais qui était finalement plus malheureux qu'il n'y paraissait. Il faudra bien lire les inscriptions textes qui apparaissent à la toute fin pour comprendre que la belle histoire n'a pas vraiment été celle espérée. Une belle production qui ne devrait pas déplaire aux fans dévoués au King, mais au contraire, leur montrer un être peut-être encore plus intéressant.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments-
Vidéo7
Audio7