Dieu créa la femme, mais le diable créa Brigitte Bardot… c'est ce que dit le sous-titre de ce film qui raconte l'histoire de Juliete Hardy, une orpheline de 18 ans, pour qui les plaisirs de la vie passent avant toutes autres choses, ce qui cause bien du commérage dans ce petit village de la côte d'Azur... et bien des soucis pour ses parents adoptifs (du moins la mère adoptive qui songe à la retourner à St-Tropez). Elle est une bombe sexuelle prête à exploser et tous les hommes sont à ses pieds, accrochés à son sourire et sa simplicité. Seul Antoine Tardieu (Christian Marquand) lui fait de l'effet dans ce sens, mais celui-ci ne veut point s'engager avec cette femme qu'il trouve trop légère et rebelle (malgré qu'il la désire comme tout le monde). Il décide donc de partir travailler à l'extérieur de la ville pour changer d'air.
Pendant que son frère Antoine est parti au loin, Michel (Jean-Louis Trintignant) décide de faire des avances à Juliette et lui demande sa main. Elle accepte parce qu'elle aime bien ce jeune homme sincère et naïf et non parce qu'elle est amoureuse de lui (étrange décision) et qu'elle désire la stabilité d'un homme comme lui. Quelque temps après, Antoine revient et sera surpris par les événements. Michel quant à lui est très jaloux de tout ce qui tourne autour d'elle, surtout d'Eric Carradine (Curd Jürgens), ce riche quinquagénaire qui tourne autour de Juliette depuis très longtemps et commence à trouver que Juliette n'est pas très sage.
Ce film a catapulté la carrière de Bardot vers des sommets inimaginables en tant que méga sexe-symbole, ce qui a mené à son divorce du réalisateur de ce film, Roger Vadim. De nos jours, elle aurait passé pas mal inaperçue parmi la multitude d'actrices franchement plus éclatantes qu'elle. Vers la fin des années 50, les mœurs étaient plus strictes et une "flyée" comme elle ne passait pas sans être remarquée. Par exemple, les scènes nues de ce film sont ce que nous voyons maintenant dans les rues tous les jours (presque!). Même les scènes dans lesquelles elle n'était pas nue ont fait rougir les censeurs de l'époque. Mais cela n'a pas empêché de devenir un gros succès commercial et, chose rare à cette époque, autant en France qu'aux États-Unis.
Le film contient du dialogue intéressant, mais tellement dit rapidement et sans passion qu'il passe inaperçu. Le jeu des acteurs est aussi sans passion (à part celle qui est scénarisée). Seul Curd Jürgens m'a semblé à la hauteur, mais était visiblement dérangé (lire intéressé) par une Bardot toute nue au début du film. Le réalisateur a su mettre à l'honneur sa femme qu'il présentait au monde dans son tout premier film en carrière. Premier film qui n'est pas très intéressant techniquement parlant puisque qu'il manque une profondeur à ses plans de vue et son manque de style.
Pour ce qui est de la qualité vidéo de ce DVD, personnellement, j'ai préféré la version de la collection Criterion de ce film qui a un transfert panoramique anamorphique (supervisé et approuvé par le réalisateur Roger Vadim) au lieu d'un transfert letterbox (non anamorphique) comme celui-ci (qui est tout de même beau). Cependant, celui-ci est plus accessible au public d'ici de par son prix et de l'attrait d'un menu en français et l'inclusion d'un documentaire en supplément.
Justement, parlons du documentaire. Avec des interviews de Roger Vadim, Claude Bolling, Gunter Sachs, et plusieurs de ses proches (et bien sûr Brigitte Bardot elle-même), le documentaire discute de l'enfance de Bardot, nombre de coups de cravache qu'elle a eus, ses mariages, sa première nuit de noces, ses débuts au cinéma, sa seule fois au théâtre, sa rencontre avec la reine et Marilyn Monroe, l'utilisation par le Vatican de son image pour représenter le diable, le traitement inhumain de la presse, la naissance de ses enfants et ça continue. Le documentaire nous fait même part de sa carrière en chanson. Il y a des extraits de ses films, des photos et des reportages originaux pour illustrer les faits. Durant l'interview, elle n'arrête pas de chialer, montrant une Bardot très négative. On dirait que sa vie jusqu'à ce qu'elle quitte le cinéma (après 21 ans de carrière) n'était que du mauvais.
Les fans de celle que l'on appelait B.B. raffoleront probablement beaucoup plus de ce DVD que moi et avec ce documentaire en bonis ils auront bien du plaisir à mieux la connaître. Chez Imavision, on ne laisse pas tomber les fans de Bardot, car ils leur offrent à la place de ce DVD simple un coffret de quatre DVD contenant tout d'abord ce même DVD en plus de trois autres disques de deux films de la diva chacun, soit "Les grandes manœuvres (1955) de René Clair, "En effeuillant la marguerite" (1956) de Marc Allegret, "Les bijoutiers du clair de lune" (1957) de Roger Vadim, "Une parisienne" (1957) de Michel Boisrond, "Don Juan" (1972) de Roger Vadim et pour finir avec "Histoires extraordinaires" (1967) réalisé par Roger Vadim, Louis Malle et Federico Fellini.
| Film | 6 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 6 |