Même s'il a déjà tourné un film sur le sujet pendant les années 1960, le documentariste Jean-Claude Labrecque a décidé de consacrer un nouvel ouvrage à la mémoire de Félix Leclerc. Simplement intitulé "Félix", l'essai relate à la vitesse de l'éclair le parcours du plus important poète et chansonnier québécois du 20e siècle. L'idéal pour instruire un jeune public qui ne le connaît peut-être que de nom.
Félix Leclerc est né en 1914 et il est décédé en 1988. Pendant son existence, il a conquis la France et le Québec par ses mélodies, léguant une horde de poèmes et de textes. Figure inspirante d'une nation qui allait se prendre en main, il demeure le symbole par excellence d'un peuple qui réussira, de peine et de misère, à s'affranchir de ses chaînes.
Loin de vouloir lever tous les secrets de cette icône de la Belle-Province, Jean-Claude Labrecque en dresse un portrait bref, mais éloquent qui se limite à une cinquantaine de minutes apparaissant sans longueur. Il s'intéresse d'abord à son œuvre, à son travail, à travers une réalisation classique, mais efficace, qui démarre dans la chronologie pour mieux s'en éloigner par la suite. Ce qui débute sur l'homme rejoint rapidement la province et la terre tant les paysages et l'histoire semblent importants. Le tout se termine par une vibrante envolée indépendantiste propre aux deux personnages, ce qui fera vibrer plusieurs spectateurs en cette période de la Saint-Jean.
Le cinéaste se laisse guider par les mots de Leclerc qui racontent son enfance et son cheminement, ses désirs de liberté et de voyages. La mise en scène fluide navigue allègrement entre les époques sans jamais perdre son fil conducteur, toujours poétique et artistique. Les pistes sonores francophones, compétentes dans leur façon de recourir aux différentes enceintes (des bruits d'applaudissements, de trains et de cloches y ressortent périodiquement), mettent l'emphase sur les phrases et les dialogues, toujours compréhensibles. Dommage qu'aucun sous-titre anglophone ne soit présent, ce qui aurait permis de rejoindre un public encore plus considérable. Le traitement, qui alterne entre les archives et la reconstitution, se veut également élégant. Même si la qualité des images peut grandement varier, les couleurs demeurent généralement attrayantes, tout comme la profondeur des contrastes.
La pochette brune un brin poussiéreuse montre l'auteur de la pièce Le p'tit bonheur avec sa guitare. Le boîtier en carton contient également un livret biographique et un disque compact regroupant quatre chansons (interprétées par Fred Pellerin, Karkwa, Catherine Major et par le duo Marc Déry et Vincent Vallières) tirées d'un album hommage. Ces reprises sont intéressantes, mais bien pâles à côté des versions originales. Le menu principal du DVD propose un agréable montage de scènes et une rayonnante mélodie. Aucun supplément n'est disponible, ce qui est bien entendu injustifié et injustifiable.
Le documentaire "Félix" solidifie le mythe en place sans nécessairement dire quelque chose d'inédit sur le sujet. Il s'agit surtout d'une occasion en or pour une nouvelle génération de personnes de (re)découvrir cet artiste influent qui a marqué au fer blanc le Québec. Il y a suffisamment de compositions pour vouloir acheter tous ses disques et le montage éloquent, sans effet de surenchère, va à l'essentiel sans se soucie des détails superflus. Une bien belle initiation à une légende du patrimoine d'ici.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |