Musée Eden
Imavision / Radio-Canada Télévision

Réalisateur:
Année: 2009
Classification: 13+ (QC)
Durée: 480 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Français (DD20)
Sous-titres:
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 3 (2 DVD-9 + 1 DVD-5)
Code barres (CUP): 069458226738

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Imavision.com

Selon Sébastien Cassou
3 novembre 2010

Il est bien rare au Québec, et ce, malgré la haute qualité de notre production télévisuelle, que les producteurs et artisans osent mêler les genres dans une même émission. En général les séries dramatiques sont des séries dramatiques, les policières des policières et les séries d'époques des séries d'époque. C'est pourquoi la série de Radio-Canada "Musée Éden" qui sort ces jours-ci chez Imavision arrive comme une bouffée d'air frais dans le paysage télévisuel local.

Habile mélange de série historique, de série policière, mais avec également de beaux moments dramatiques, la série de neuf épisodes créée et scénarisée par Gilles Desjardins et réalisée par Alain DesRochers surprend par son intensité et la justesse du ton. Là où on aurait pu facilement dérailler et prendre une tangente vers le drame historique pur, compte tenu des somptueux décors et costumes, on a su garder la ligne directrice et développer une intrigue prenante. Le fait d'avoir situé le tout au début du vingtième siècle, dans un Montréal oublié, et d'y faire évoluer des personnages modernes - les sœurs Courval modèles d'émancipation féminine, le Docteur Boyer médecin légiste avant-gardiste, Étienne Monestier un journaliste progressiste, etc. - donne certainement une autre dimension à la vieille histoire de tueur en série.

Mais au lieu de simplement s'arrêter là, les créateurs de Musée Éden ont ajouté des éléments dramatiques qui nous montrent les premiers balbutiements de la médecine légiste, du journalisme d'enquête et surtout de la condition féminine d'avant-guerre. Ces éléments sont intégrés à l'histoire parfaitement et en plus de donner plus de profondeur psychologique aux personnages donnent plus de volume au scénario.

L'histoire est celle de deux sœurs (Marieloup Wolfe, Laurence Leboeuf, toutes deux excellentes) qui débarquent à Montréal de leur Manitoba natal pour toucher l'héritage de leur oncle assassiné récemment. Le principal item de ce testament est un musée de cire, le Musée Éden en question, où des scènes de crimes sanglants sont recréées de manière réaliste. Mais aussitôt établies au Musée, les deux sœurs se retrouvent mêlées à l'enquête, à des règlements de compte entre un journaliste et un inspecteur corrompu, puis à une autre série de meurtres perpétrés par un tueur en série. Aidées d'un médecin légiste (Paul Doucet), du journaliste (Éric Bruneau, maillon faible de la distribution) d'un avocat (Gaston Lepage) et d'autres personnages, Camille et Florence devront mettre la main à la pâte et rassembler les indices si elles veulent se sortir de ce mauvais pas. Et puisque leur vie même semble être en jeu...

La distribution est assez uniformément excellente et en plus des personnages principaux les nombreux personnages secondaires - Guy Nadon, Benoît Brière, Suzanne Champagne, Guillaume-Vincent Otis, Gilles Renaud - ajoutent définitivement au talent en place. La réalisation est efficace, les images d'Yves Bélanger léchées et stylisées et le tout globalement bien fait. Seul bémol, la complexité du scénario en deux temps et le fait de débuter chaque épisode par un meurtre devient è la longue un peu redondant. Mais somme toute, on est ici en présence d'une des bonnes séries québécoises des dernières années.

En suppléments on retrouve une entrevue du créateur de "Musée Éden", Gilles Desjardins, une revuette sur le tournage ainsi qu'un bêtisier.


Cotes

Film8
Présentation9
Suppléments7
Vidéo8
Audio8