C'est bien ancré dans la soixantaine qu'Alexandre Dumas père s'attaqua à sa dernière grande fresque historique, celle de La San Felice. De l'aveu même de l'auteur, cette œuvre de plus de 1700 pages est un "monument à la gloire du patriotisme napolitain, et à la honte de la tyrannie bourbonienne". Adapter pareil ouvrage n'est pas mince sinécure et c'est le pari que coururent les frères Taviani (Good Morning Babylonia, La nuit de San Lorenzo) en faisant du roman, une mini série de trois heures répondant au même titre.
En 1798, à la suite de la prise de Rome par les armées de la Révolution, des grands-bourgeois et aristocrates napolitains tentent de renverser le Roi Ferdinand IV de Naples, un Bourbon marié à la sœur de Marie Antoinette. Parmi ceux-ci, Salvato (Adriano Giannini) qui réussira à entraîner avec lui Luisa San Felice (Laetitia Casta), jeune femme fidèle à son mari jusqu'à leur rencontre qui donnera naissance à un amour aussi passionné que partagé. Luisa déchirée entre son amour et sa fidélité choisira l'amour et la défense des opprimés du peuple napolitain. Elle deviendra ainsi le symbole haï d'une monarchie dont le retour d'exil sera suivi de massacres impitoyables.
Réduire cette jungle littéraire composée de maintes intrigues et de maints personnages à trois maigres heures tient presque du miracle et le résultat final déçoit. Malgré les 78 jours de tournage et un budget plus que convenable pour ce genre de production (dix millions d'Euro), les frères Taviani n'arrivent simplement pas à donner vie au tout. Eux qui nous avaient habitués à nous nourrir d'imaginaire semblent ici prisonniers des faits historiques du roman et l'adaptation relativement exhaustive du roman empêche les personnages de se développer. S'installe une intrigue lourde qui manque nettement de rythme. Le casting semble n'avoir aucun repère et aucun des interprètes ne joue vraiment avec conviction, tout particulièrement Laetitia Casta laquelle se cherche constamment. Ne restent que de très beaux décors et une reconstitution de Naples à la fin du 17e siècle qui est plus que convaincante.
Imavision nous propose un transfert vidéo non-anamorphique d'une très bonne qualité surtout lorsque l'on considère que l'on a droit à une mini série faite pour la télévision. Enfin, on ne s'en plaidera sûrement pas. L'image est soignée, riche en détail et proposent des couleurs naturelles. Même les plans sombres possèdent de bons contrastes et très peu de granularité. Le volet sonore propose seulement la trame doublée en français de format stéréo. Très peu spatiale, cette trame propose des dialogues clairs, une musique qui colle bien à l'époque et un mixage soigné des univers sonores et musicaux. Il est juste dommage que la trame originale italienne ne soit pas incluse dans cette édition. Aucune forme de suppléments ne vient orner cette édition DVD.
"La San Felice" est un pari osé qu'ont couru les frères Taviani, pari qu'ils ont malheureusement perdu. Cette œuvre littéraire n'aurait sans doute n'être jamais adaptée pour le petit ou grand écran, mais il sans doute très difficile de s'empêcher de revisiter Naples, surtout par la plume d'Alexandre Dumas qui connaissait cette ville comme le fond de sa poche.
| Film | 5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |