On le sait tous, les jeux vidéo tirés de films et les films tirés de jeux vidéo sont rarement de grands chefs-d'œuvre. Ici, plus que jamais, cela se vérifie. Sonic, la figure maîtresse de la console de jeux déjà âgée d'une quinzaine d'années, le Sega Genesis, est le protagoniste de cette série longue de 20 épisodes. Étonnamment, alors que le hérisson bleu se définit comme cool, dynamique et proactif, à l'opposé du plombier italien mangeur de champignons, Mario, force est d'admettre que le potentiel commercial d'un tel produit aurait pu être intéressant... il y a dix ans. De nos jours, Mario et son frère sont plus populaires que jamais alors que Sonic et ses acolytes ont plutôt disparu de la circulation. Qu'à cela ne tienne, quelqu'un a tenté de récupérer le tout et de le commercialiser. Comment faire pour rendre un produit dépassé de nouveau populaire? L'asticoter au goût du jour, bien sûr. Voici donc le nouveau Sonic, Sonic le Rebelle version 2.0. Plus proactif, plus rapide, sarcastique, courageux, droit, fier, joueur de guitare, prince héritier d'un royaume, bref, l'incarnation même de ce que les Simpsons ridiculisaient en inventant Poochie. Le résultat fait peur... Continuez la lecture à vos risques et périls...
Suivi de son frère et de sa soeur, Manic et Sonia, Sonic le rebelle est à la recherche de sa mère, la reine de la planète Mobius qui, pour une raison inconnue s'est enfui et se refuse à voir ses enfants, car, dit-elle, cela risquerait de les empêcher de devenir ceux qu'ils sont vraiment... Soyons honnêtes, c'est déjà mal parti. À travers leurs périples, les hérissons doivent faire face à Robotnik, un scientifique avare de fortune et de pouvoir ainsi qu'à ses deux acolytes, Louvois, une espèce de loup aigri et un peu con, et Dur-dur, une créature orange portant des lunettes fumées et souffrant d'"hyperdébilisme ". Ces trois malfrats mettent tout en œuvre pour stopper les héritiers du trône sauf peut-être se contenter des les faire exploser par exemple... Un peu à la manière du coyote et du Road Runner. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué, n'est-ce pas? Quoi qu'il en soit, le tout souffre grandement d'un manque de liberté, comme si le fait de ne pas respecter à la lettre le matériel original allait enrager les fans... Et de toute manière, quels fans?
Au niveau scénaristique, c'est un vrai désastre. Les épisodes n'ont aucune continuité, ce qui a pour effet de limiter grandement le développement psychologique des protagonistes ainsi que d'étouffer complètement la progression de l'histoire. Conséquemment, on a droit à une redondance assommante dans le schéma actanciel et scénaristique de chacun des épisodes, en plus d'une totale inertie de la progression de l'objectif des hérissons, i.e. qu'on est pas plus avancé à la fin du vingtième épisode qu'on ne l'était au début du premier. Rien n'est réglé, rien n'a avancé. On en reste toujours au même point, toujours encré dans la même structure ennuyeuse: le plan des méchants, l'événement déclencheur du genre un coup sur la tête ou encore une lettre de leur mère, on chante une chanson avec nos instruments qui tirent des lasers et qui se matérialisent à partir de médaillons magiques qui fonctionnent ou pas de manière arbitraire, on sauve quelqu'un, on entre aperçoit maman, mais elle se sauve, et pouf... générique. En plus, force est d'admettre que les chansons sont horribles. Entre nous, c'est une véritable torture.
Aux niveaux techniques, les DVD sont tout ce qu'il y a de plus régulier, ni moche ni bon. La série en 2D ayant été conçue directement pour la télé, l'image n'a pas souffert d'un transfert quel qu'il soit et pour ce qui est du son, c'est passable... pour la même raison. Il n'y a aucun supplément et bien honnêtement, c'est un soulagement. En résumé, même pour vos enfants, cette série ne mérite ni votre intérêt, ni vos dollars. Bob l'éponge est une œuvre bien subtile en comparaison.
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