Le Temps d'une Paix
Saison 1: Été 1919
Imavision Distribution / Radio Canada Television

Réalisateur: Yvon Trudel
Année: 1980
Classification: NR
Durée: 600 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Français (DDST)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 4 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Albert
18 avril 2004

"Le temps d'une paix" était pour moi au départ une série "plate à l'os" que mes parents regardaient le soir après m'avoir dit d'aller me coucher, mais cela était mon opinion lorsque je n'avais que 8 ou 9 ans! Je connaissais tout de même les personnages tannants de Mémère Bouchard et de Ticoune. Plus vieux, je regardais les séries du temps de mes parents (et même avant), mais j'avais plus de facilité avec les séries américaines que les séries québécoises (et c'est encore le cas aujourd'hui). "Le temps d'une paix" était toujours dans mon top 10 des séries que j'évitais jusqu'au jour où je me suis retrouvé avec le nouveau coffret de la première saison de cette série entre les mains. J'ai pris la chance d'essayer un épisode, ce qui a résulté en mon visionnement (et en cette revue) du coffret en entier!

Cela faisait dix ans que le Québec n'avait pas eu de série d'antan, avec leur langue étrange, en fait depuis la série Les belles histoires des pays d'en haut qui avait terminé sa course en 1970 après presque quinze ans. "Le temps d'une paix" se passe entre les deux guerres et notre histoire débute à l'été 1919. Le modernisme arrive tout d'un coup dans la région de La Malbaie, au Québec, transformant la vie sociale des habitants au jour le jour, dont celle de Rose-Anna St-Cyr (Nicole Leblanc), veuve et mère de trois enfants (Juliette, Antoinette et Lionel), qui travaille d'arrache-pied afin de joindre les deux bouts. Lionel (Daniel Gadouas), "patenteux", aime bien plus les machines que le travail de la ferme. Antoinette (Marie-Lou Dion) est aussi très peu attirée par la terre de par son caractère urbain. Elle parle anglais, ce qui lui ouvre quelques portes. Juliette (Katerine Mousseau), la plus jeune, n'est pas certaine de la vie depuis la guerre. Rose-Anna garde chez elle un "innocent" nommé Ticoune (Denis Paris) dont la pension est payée par un bienfaiteur anonyme par l'entremise du Curé Chouinard (Yvon Dufour), un ami de la famille. Il ne faut pas oublier Mémère Bouchard (Monique Aubry) qui fête ses 92 ans, qui fume la pipe de blé d'inde et déteste sans relâche Zidore Leclerc (Roger Garand), l'époux de sa petite fille, la belette du village.

Rose-Anna est courtisée par Joseph-Arthur Lavoie (Pierre Dufresne), également veuf lui aussi, mais est loin d'être à cours financièrement. Il ne se gêne pas pour lui dire ses sentiments, mais le souvenir de son mari la hante. Joseph-Arthur a deux fils dont il est fier, Valérien (Jacques L'Heureux) est un rebelle. Il a décidé de "prendre le bois" au lieu d'aller à la guerre et loge chez Rose-Anna à titre d'"engagé". Yvon (Paul Dion) est quant à lui un homme de principes et est parti à la guerre lors de conscription. De retour après deux ans, il continue de courtiser ouvertement Juliette Saint-Cyr, mais les sentiments de cette dernière ont bien changé depuis. En revenant de la guerre, il ramène un copain du nom de Macpherson (Claude Prégent) qui a décidé de rester dans la région, car il aime Antoinette Saint-Cyr.

Il y a aussi la famille Fournier, des gens de la ville de Québec qui passent leurs vacances en région. Cyprien Fournier (Gérard Poirier) est notaire de profession, homme rigide et autoritaire, mais est plus fort sur les mots que les actions. Sa femme Marie-Thérèse (Andrée Lachapelle) est généreuse, mais timide, ayant peur de déplaire à son mari contrôlant. Durant la série, nous allons voir qu'elle aime beaucoup la lecture. Leur fille, Alexandrine (Sylvie Gosselin) aime choquer par ses idées et son attitude, mais n'est pas aussi désagréable que son grand frère Benoît (Jean-René Ouellet) aime faire un pied de nez aux volontés de son père et veut se lancer dans la bourse pour faire bien de l'argent. Son ami de guerre Raoul Savary (Sébastien Dhavernas) voit le futur garni de nouvelles technologies dont il est friand et ne vit que pour "L'américan way of life". Son père Cyrille (Yvan Canuel) est notaire lui aussi, mais il est très malade. Il a aussi peur de mourir sans voir sa descendance, puisque tous les autres membres de sa famille sont morts suite à l'épidémie de grippe espagnole.

Tous ces personnages attachants passeront un été plein de changements dont les projets de Joseph-Arthur sur le développement routier dont l'implantation de son garage et de sa "pompe à gaz", les amours de ce dernier avec Rose-Anna, les flirts des plus jeunes (et les petits pépins qui s'en suivent) ainsi que le commérage qui peut être très blessant à l'occasion. Nous restons accrochés à chaque situation et quelques dix heures d'épisodes passent très rapidement. "Le temps d'une paix" est beaucoup plus intéressant aujourd'hui que lorsque j'étais enfant, mais j'ai trouvé tout de même que les dialogues s'étiraient en longueur. Il y a des scènes que j'aurais aimé en savoir plus et d'autres que j'aurais bien sauté. Généralement, les diverses histoires sont intrigantes et requièrent habituellement plusieurs épisodes pour en voir l'aboutissement, et encore, il y en a que nous allons comprendre la saison prochaine.

La qualité de l'image des épisodes est moyenne, mais très acceptable étant donné l'âge de cette production. La série elle-même bien conservée et montre peu de signes de fatigue à part quelques déphasements de couleurs. Il y a des artéfacts de compression dont une grosse accentuation des contours et l'image manque à l'occasion de focuscus. Les épisodes ne contiennent pas les introductions et fins des épisodes, sautant directement au début lors de la sélection d'un épisode. Le son est fidèle à une série télévisée de l'époque et celui-ci ne montre absolument aucun signe de vieillesse. Les épisodes ne contiennent aucune sélection de chapitres en tant que tel et il est impossible de revenir au milieu d'un épisode en cours qu'avec l'avance rapide.

Comme supplément, nous avons un documentaire nommé "Le réalisateur", qui se retrouve séparé sur le premier et le troisième DVD, dans lequel Yvon Trudel nous parle de la réalisation de cette série, le choix des acteurs, des endroits de tournage, etc. Il est très très intéressant. J'ai particulièrement aimé cela puisque l'on parle d'événements jusqu'à ce jour "cachés" du grand public et dans ce temps-là, nous n'avions pas dix magazines et des sites Internet pour parler des émissions et de ce qu'il s'y passe. Nous avions le "Lundi", le "Écho-Vedette" et c'était pas mal tout. Sur le premier DVD nous avons aussi un portrait de la famille Saint-Cyr avec des descriptions des personnages, la même chose sur le troisième disque, mais avec la famille Fournier et pour finir sur le second DVD nous retrouvons le portrait de famille des Lavoie en plus d'une galerie de photos.


Cotes

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