Imitation
Atopia Distribution

Réalisateur: Federico Hidalgo
Année: 2006
Classification: NR
Durée: 87 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST), Espagnol (DDST)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
29 février 2008

Montréal est la principale tête d'affiche de "Imitation", le deuxième long-métrage de Federico Hidalgo qui renoue avec la vedette de son précédent A Silent Love, Vanessa Bauche (vue dans Amores Perros), pour l'amener encore plus loin.

Du Mexique, Teresa (Bauche) débarque à Montréal et elle est désespérée. Elle recherche ardemment un mystérieux individu (Conrad Pla). Mais qui est-il? Un ami, un amoureux, un ancien bourreau? Pour le savoir, il faudra la suivre pas à pas, au fil des rencontres où le casse-tête deviendra de plus en plus limpide et évident. Sur son chemin, elle rencontre le gentil vendeur de fraises, Fenton (Jesse Aaron Dwyre), qui mettra de côté son boulot et son existence pour l'aider dans sa quête. Lorsque les sentiments poussent l'être humain à espérer et à multiplier les efforts...

"Imitation" est un film à petit budget et il ne s'en porte pas plus mal. Pas besoin de mise en scène exubérante ou de plans-séquences qui sortent de l'ordinaire. L'intérêt ici est le scénario concocté par Hidalgo et Paulina Robles qui tient aisément en haleine. Rapidement, le spectateur se pose 1001 questions qui ne seront jamais totalement répondues. Et en misant le tout sur les épaules de Vanessa Bauche, il est difficile de se tromper. La comédienne a une présence indéniable devant la caméra et elle captive avec ses sourires et ses regards qui en disent long.

L'œuvre n'est cependant qu'un "road-movie" qui semble chercher son ancrage... à l'image de ses personnages. Il tourne donc rapidement en rond. Les secrets, l'amour à distance et les effets de la mondialisation sont transpercés par un rythme vaporeux qui n'est pas particulièrement attirant. Derrière cette prémisse intrigante se trouvent des dialogues qui semblent parfois improvisés, des coïncidences un peu trop heureuses et des individus au charisme qui laisse souvent à désirer. Jesse Aaron Dwyre en est un bon exemple. Il défend un Fenton naïf qui abandonne tout pour aider, devenant l'ombre d'une inconnue pour des raisons peu crédibles et prévisibles. Ces liens un peu quelconques finissent par faire défaut.

La présence lumineuse de Montréal permet toutefois de rester accroché. La ville prend une autre dimension la nuit, devenant même lourde et inconfortable lors des révélations finales. La photographie passe donc de la lumière à la pénombre, accumulant des images à la fois jolies et plus ordinaires, dominées par des couleurs qui se trouvent aux antipodes entre la blancheur et la noirceur. Le tout est cependant un peu handicapé par des contrastes chancelants et du blocage apparent.

La musique sait être stressante et angoissante aux bons endroits, freinant ensuite le tempo, devenant plus mélodique, douce et électronique. Les pistes sonores Dolby Digital 2.0 en anglais et en espagnol demeurent très souvent accessoires. Il y a bien des élans musicaux ou des cris d'enfants qui sortent des différentes enceintes, mais rien de plus. Les voix et les accents se déchiffrent toutefois bien, et il y a des sous-titres blancs dans la langue de Shakespeare, de Molière et d'Almodovar. Dommage qu'ils soient un peu difficiles à lire.

La pochette montre son actrice principale en plan rapproché. Le menu principal reprend exactement cette pose sans y amener le moindre mouvement ou la moindre mélodie. Banal. Tout autant que ces suppléments un peu quelconques. Une nouvelle scène d'ouverture en espagnol offre un retour dans le temps qui n'est pas toujours convaincant. Il y a ensuite un extrait de cinq minutes du précédent film d'Hidalgo, "A Silent Love" (B000E112AM). Les autres bonus représentent une bande-annonce et des publicités de nouvelles productions de la compagnie Atopia.

"Imitation" est une œuvre qui ne reste jamais en place très longtemps. Elle représente la quête, le voyage pour se bâtir une vie meilleure, une existence plus clémente. Entre deux actrices qui se volent la vedette (Montréal, Vanessa Bauche) et un scénario prometteur ou un rythme défaillant et des motivations pas toujours concluantes, il y a de tout pour intéresser ou pour rebuter.


Cotes

Film5
Présentation2
Suppléments2
Vidéo6
Audio6