Jim Sheridan est un homme qui ne fait pas les choses comme les autres. Il écrit, réalise et produit ses films et dans tous les cas c'est de son Irlande natale ou de son peuple qu'il parle ( My Left Foot, In the Name of the Father). C'est à travers des tranches de vie véridiques qu'il extrait l'essence de ses histoires. De plus, il favorise les longues incubations, préférant ficeler l'intrigue et construire ses trames en toute quiétude. Tout ce processus passe par sa maison de production "Hell's Kitchen" sise à Dublin. Entre ses longs métrages, il gagne sa vie en produisant des vidéos à saveur corporative pour des multinationales asiatiques.
Son dernier effort intitulé "In America" relate les allées et venues d'une famille irlandaise au début des années 1980. Largement autobiographique, (il a d'ailleurs écrit le scénario avec ses deux filles) ce film met en vedette la ravissante Samantha Morton dans le rôle de Sarah et Paddy Considine dans celui de Johnny, jeune couple venu immigrer à New York avec leurs deux filles Christy et Ariel, toutes deux interprétées par les sœurs Sarah et Emma Bolger. C'est dans l'espoir d'un meilleur lendemain et surtout une façon d'oublier la mort de Franky, le benjamin de cette famille, décédé d'un cancer. C'est sans le sou et sans travail que s'amorce ce périple d'une nouvelle vie familiale. Dans cette quête, ils feront la rencontre fortuite d'un locataire éclaté et inquiétant, Mateo, merveilleusement interprété par Djimon Hounsou qui marquera cette famille à tout jamais.
La beauté de ce conte urbain réside dans la façon dont il est raconté. C'est à travers le regard introspectif d'un enfant de 11 ans qu'on assiste au délicat processus de se remettre sur les rails de la vie après la mort d'un enfant, et le résultat est simplement merveilleux. La fraîcheur et l'innocence du propos de cette jeune narratrice crée une magie qui vient bercer et émouvoir d'auditeur.
La cinématographie de Declan Quinn est efficacement reproduite et ce transfert anamorphique est splendide. Les scènes d'intérieur, plus sombres, possèdent des contrastes profonds permettant de reproduire un riche amalgame de couleurs nuancées. Quant aux extérieurs, les images sont claires, nettes et brillantes. Aucun artéfact de compression n'est à signaler. À noter que cette édition contient également un transfert plein écran. Le volet audio de ce film est sobre et la trame originale Dolby Digital 5.1 exploite davantage les enceintes avant. Le canal d'extrême grave a congé de devoirs. Les voix et dialogues sont parfaitement audibles et l'abondante trame musicale vient se marier parfaitement au mixage sonore du film.
Quant aux suppléments, ils sont répartis des deux côtés du disque et sont passablement intéressants. On a droit à une trame commentaire de Jim Sheridan permettant de mieux saisir pourquoi cette œuvre est si personnelle au réalisateur. Plusieurs références à des expériences antérieures sont relatées et il nous explique entre autres l'inspiration derrière le personnage de Mateo. Quelques scènes retranchées, neuf au total et toutes des extensions à des scènes du film, viennent orner cette section et elles sont commentées, si tel est votre désir, par le créateur. Une autre fin avait été prévue pour ce film et vous pouvez la contempler et voir si cet épilogue vous plaît davantage. On a aussi droit à une revuette présentant différents aspects du film pendant son tournage. D'une facture promotionnelle, ce petit métrage dure à peine quatre minutes.
Le menu présente les principaux acteurs de cette tranche de vie new-yorkaise sur la doucereuse musique de Gavin Friday. La navigation entre les différentes sélections y est triviale.
20th Century Fox offre un produit d'une qualité supérieure à ce qui se fait sur le marché et c'est le consommateur qui en bénéficie le plus. "In America" est un film qui parle de la magie de la vie. Il remet en question les quêtes futiles que la vie peut apporter et ramène l'auditeur à s'interroger sur les vraies valeurs de la vie. Si, comme Christy, j'avais trois souhaits à formuler, j'aimerais que Jim Sheridan réalise plus de films, qu'il passe moins de temps à incuber chacune de ses productions et surtout de conserver le cap de la qualité totale.
| Film | 9 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |