Les "screwball comedies" sont des comédies typiquement américaines où la guerre des sexes fait rage et où les protagonistes manifestent leurs sentiments par des propos orageux et des querelles physiques pour finalement réaliser qu'au bout de leurs fiels se cachent des sentiments beaucoup plus nobles. Ce genre est apparu pour la première fois, en 1934, dans le classique de Frank Capra It Happened One Night et a donné le ton à une kyrielle de productions dont les splendides My Man Godfrey (1936) et Arsenic and Old Lace (1941) . Les Cary Grant, Jean Arthur, Melvyn Douglas et Carole Lombard donnèrent les lettres de noblesse au style. C'est dans les années 50 que les "Screwball comedies" commencèrent à s'essouffler. "Intolerable Cruelty", dernier opus des frères Ethan et Joel Coen, renoue avec le genre et c'est avec Georges Clooney et Catherine Zeta-Jones aux commandes qu'il nous présentent leur variante de ce genre de comédie.
Il est bon de spécifier au départ qu'"Intolerable Cruelty" n'est pas un film typique de frères Coen. Ils y ont travaillé en tant que scénaristes et réalisateurs, mais le travail d'écriture n'est pas d'eux. D'ailleurs, ce film a mis plus de 6 ans avant d'aboutir. Maints réalisateurs et acteurs ont été pressentis à divers moments, mais sans jamais se matérialiser.
Ce film raconte l'histoire de Miles Massey(Georges Clooney), redoutable avocat spécialisé dans le droit matrimonial. Prenant un soin jaloux de sa dentition, ce carnassier aux causes pécuniaires sera confronté à une arnaqueuse à la beauté plus que troublante (Catherine Zeta-Jones) lors d'un procès dont un témoin surpris fera pencher la balance du côté de l'avocat. Qu'à cela ne tienne, ce premier jugement ne fait que mettre la table à une série d'évènements dans lesquels nos deux antagonistes croiseront le fer plus d'une fois. Je vous laisse le soin de découvrir le verdict final de cette comédie.
Les frères Coen ont cette façon de greffer des personnages secondaires insolites à leurs films, ce qui les rend tellement différents et savoureux. Dans le cas d'"Intolerable Cruelty", Wheezy Joe, tueur à gages asthmatique est hilarant à en perdre le souffle et le partenaire senior du cabinet d'avocat est un bourreau de travail grabataire qui n'en est plus à un tube près. Sans cette valeur ajoutée aux saveurs inusitées et déroutantes, cette comédie aurait été sympathique sans plus, étant donné qu'il y a quelques scènes qui sentent le réchauffé, ce qui n'est pas monnaie courante chez les frères Coen.
L'image rendue du film est claire et limpide et ne souffre pas d'artéfacts de compression. Le volet audio est très généreux. Tous les canaux sont généreusement mis à contribution dans les quatre trames sonores disponibles donnant une belle ambiophonie. Aucune différence notoire n'est perceptible quand on compare la trame DTS à la trame Dolby Digital 5.1. Le menu est conventionnel, c'est-à-dire statique et accompagné par le thème musical du film. Quant aux suppléments, ils sont nombreux et intéressants. On a le droit à un documentaire sur le tournage du film, un autre sur la garde-robe des comédiens et l'inspiration derrière chaque costume. De plus, on retrouve un supplément des scènes ratées "Outtakes". La biographie des comédiens et de l'équipe de tournage complète cette section du DVD.
Considéré comme un film trop léger et commercial par les "Coenistes" de ce monde, "Intolerable cruelty" demeure une comédie grinçante et savoureuse, qui écorche la profession d'avocat et qui se prend aussi bien qu'un verre de porto en soirée. Universal Studios nous offre une édition DVD qui fait honneur à ce film qui saura certes vous faire sourire.
| Film | 8 |
| Menu | 3 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |