Le réalisateur Franklin J.Schaffner n'a que quatorze films à son palmarès. Malgré tout, il fut très prolifique durant les années soixante et soixante-dix avec des œuvres qui sont devenues aujourd'hui de très grands classiques: The Best Man (1964), The War Lord (1965), Planet of The Apes (1968), Patton (1970), Nicholas et Alexandra (1971), Papillon (1973) et The Boys From Brazil (1978). Sorti en 1977, "Islands In The Stream" est vraisemblablement l'un de ses films les moins connus des années soixante-dix et peut-être l'un de ses plus intéressants. Adapté d'un roman d'Ernest Hemingway, "Islands In The Stream" raconte l'histoire de Thomas Hudson (George C.Scott), un sculpteur vivant paisiblement, dont l'exil volontaire dans les Bahamas est soudainement interrompu par deux événements majeurs: la visite de ses trois fils et l'arrivée de la Deuxième Guerre mondiale.
À l'instar de l'œuvre littéraire d'Hemingway, le film de Franklin J. Schaffner repose d'abord et avant tout sur le côté introspectif et méditatif de l'histoire. On est plongé rapidement dans l'ambiance de cette magnifique île tropicale avec des paysages suaves, des couchers de soleil magnifiques et on ressent une réelle bouffée d'air frais venant de la mer. Le film est divisé en trois chapitres (les garçons, la femme, le voyage) comme dans un roman, reposant sur une narration quasi-littéraire. Le scénario s'attarde particulièrement à exposer les états d'âme de Thomas Hudson et de ses sentiments vis-à-vis ses trois fils qu'il n'a pas revus depuis plusieurs années.
Reste qu'il est indubitablement dommage que "Islands In The Stream" demeure aussi méconnu de nos jours alors qu'il possède plus d'une qualité pour en faire un des films les plus passionnants du réalisateur, preuve une fois de plus qu'une adaptation intelligente et réfléchie d'un bel ouvrage littéraire, servi par des interprètes remarquables comme George C. Scott, David Hemmings, Gilbert Roland et Claire Bloom, confère souvent de très bons résultats sur la pellicule.
"Islands In The Stream" est aussi la quatrième collaboration entre Franklin J.Schaffner et le compositeur Jerry Goldsmith. La musique très colorée de Goldsmith dans ce film possède une sonorité orchestrale proche de son inoubliable Papillon. Le maestro évoque brillamment le côté paisible et méditatif rejoignant à merveille la très belle histoire du film. Le thème principal est exposé dès l'ouverture du film après la première apparition du motif de clarinettes, et c'est un cor solitaire qui interprète le très beau thème principal sur fond de cordes... reposantes, avec d'autres instruments à vent et harpes. Toutefois, même si sa musique semble magnifique et paisible, sur le plan harmonique et mélodique elle n'a pas l'originalité de Planet of The Apes, le charme de Papillon ou bien la force de Patton; elle demeure néanmoins succulente et délicieuse à nos oreilles. En somme, la musique de Goldsmith est avant tout reposante et supporte parfaitement l'aspect émotionnel et lyrique de cette histoire au bord de l'océan sur l'île des adieux.
La définition générale du DVD est de très bonne qualité. L'interpositif a été vraiment bien nettoyé et il ne reste que quelques poussières totalement négligeables. Les couleurs sont superbement rendues, constamment justes, naturelles, très constantes et parfaitement saturées. Les détails ainsi que les textures sont toujours peaufinés avec grande précision. Le rendu des couleurs apparaît lui aussi sans faille. Les couleurs sont parfaitement étalonnées résultant de la magnifique photographie de Fred J. Koenekamp, qui reçut d'ailleurs une nomination aux Oscars pour son sublime travail. La palette de couleur est vive, riche et bien saturée. Les tons de peau sont d'un naturel étonnant. L'image est toujours bien contrastée et le niveau de noir y est bien ajusté du début à la fin. Les noirs eux-mêmes sont purs, profonds et très nets. Bref, un superbe transfert qui permet de découvrir ou de redécouvrir "Islands In The Stream" dans toute sa splendeur cinématographique.
Malgré une bande-son monophonique de 1977, la belle musique de Jerry Goldsmith est fort bien rendue et intégrée au reste de la bande sonore. Malgré cela, il est tout de même dommage que la Paramount n'ait pas fait un transfert en 5.1, nous aurions pu alors profiter au maximum de tous les éléments sonores de ce film. Aucun parasite ou distorsion n'est à déplorer. Les dialogues restent en tout temps intelligibles et bien définis. À noter que le doublage français de ce DVD a visiblement les mêmes caractéristiques que le mixage original anglais mis à part quelques sons d'ambiance, parfois moins captivant.
Pour les amateurs de gaffes et pour les yeux rapides... À la quatre-vingt-quinzième minute du treizième chapitre intitulé "It Is All True", soyez attentif lorsque vous verrez le Tortuga, le bateau de Thomas Hudson, poursuivi par un bateau de la garde-côtière cubaine... une main furtive d'un technicien apparaît rapidement pour soulever une branche afin de permettre au caméraman de bien filmer George C. Scott aux commandes de son embarcation.
Le côté le plus malheureux de ce DVD est l'absence de tout supplément, il aurait fallu quelques informations sur Ernest Hemingway ou un petit document sur le tournage de ce splendide film pour rendre cette édition encore plus attrayante. Hormis cette carence, vous devez posséder "Islands In The Stream" dans votre vidéothèque puisqu'il est probablement la meilleure transposition au cinéma d'une œuvre de ce grand romancier américain.
| Film | 8 |
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| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |