Island in The Sun
Cinema Classics Collection
20th Century Fox

Réalisateur: Robert Rossen
Année: 1957
Classification: NR
Durée: 119 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD40), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Daniel Cyr
22 janvier 2006

"Island in the Sun" est un drame sentimental basé sur le livre d'Alec Waugh et réalisé par le metteur en scène Robert Rossen qui nous dépeint une fresque interraciale entre les habitants d'une petite île des Caraïbes britanniques. C'est probablement cet aspect qui a fait de ce long-métrage un classique du cinéma américain des années cinquante, puisqu'à cette époque, il était excessivement rare de voir un film explorer les relations amoureuses entre gens de couleurs. Quatre histoires tortueuses qui se déroulent à l'île de Santa Marta avec tout d'abord David Boyeur (Harry Bellafonte), un charismatique leader noir bien décidé à s'opposer aux lois et aux inégalités raciales qui prévalent à Santa Marta; puis Mavis Norman (Joan Fontaine), une femme blanche d'un certain âge, amoureuse de cet homme courageux et franc.

Ensuite, nous découvrons Maxwell Fleury (James Mason), un politicien ambitieux dont la relation amoureuse avec sa femme Sylvia (Patricia Owens) est ombragée par sa jalousie maladive. Il est convaincu que sa femme a une liaison secrète avec Hilary Carson (Micheal Rennie). De son côté, sa sœur Jocelyne Fleury (Joan Collins) est une femme ardemment entichée par un lord anglais, Euan Templeton (Stephen Boyd), le fils du gouverneur qui désire la marier et l'emmener avec lui en Angleterre. Mais, il y aura un sérieux obstacle entre les deux tourtereaux. Il y a également la jeune et jolie Margot Seaton (Dorothy Dandridge) qui est courtisée par David Archer (John Justin) le bras droit du gouverneur. Et pour finir le tableau, le colonel Whittingham (John Williams), le chef de la police locale qui enquête sur un meurtre à la manière d'un Colombo et qui est à mon avis un des meilleurs moments de ce film.

La magnifique chanson thème d'"Island in the Sun" interprétée par Harry Bellafonte donne énormément de représentation à ce récit. La poésie de cette mélodie des Antilles sur un air de calypso décrit admirablement les gens qui y vivent ainsi que leur milieu: "C'est mon île au soleil, là où mon peuple a travaillé fort depuis le début des temps. Je peux naviguer sur toutes les mers, mais les rivages de mon île seront toujours ma demeure. Tous mes jours, je chanterai en faisant l'éloge de ta forêt, les eaux qui t'entourent et de ton sable resplendissent. Le soleil descend avec une lueur brûlante, mélange ma sueur avec la terre ci-dessous...".

Toute la beauté et le charme de cette île de ce coin des Caraïbes est très bien desservie par le directeur de la photographie Freddie Young qui donne avec authenticité son paysage luxuriant, frayant avec le surréalisme. L'image est particulièrement bien définie, ce qui est capital pour un film présentant des panoramas de plage et de mer. Le contraste est parfait, les couleurs sont abondantes, saturées et vivantes et les tons de peaux sont rendus avec exactitude ce qui est assez extraordinaire pour un film de 1957. Pratiquement aucune tache ou griffure de quelques artefacts de compression... voici quelques-uns des atours de ce DVD tout simplement sublime. Sans la présence de quelques points blancs épars virevoltant parfois à l'écran, la qualité visuelle frôlerait la perfection. Au niveau sonore, sa dynamique est correcte pour une œuvre de cette époque si vous écoutez le canal Dolby Digital 4.0 en anglais sinon vous perdrez beaucoup de profondeur sur les autres canaux puisqu'ils sont monophoniques. Les dialogues sont en permanence intelligibles et les traces de parasites ou de distorsions sont limitées au maximum.

Cette édition brille par l'abondance de ses suppléments. 20th Century-Fox nous comble énormément avec le commentaire audio de l'écrivain et historien John Stanley qui apporte beaucoup d'information et d'anecdotes du film. Ensuite, il y a une bande-annonce originale où le producteur Darryl F. Zanuck y fait la narration et la description de sa production cinématographique. Cela est suivi par un magnifique documentaire intitulé "Dorothy Dandridge: Little Girl Lost" où nous y apprenons que cette actrice est la toute première femme noire à être nominée en 1954 pour l'oscar de la meilleure actrice pour son rôle dans le film Carmen Jones. Malgré cette reconnaissance et en dépit de son talent et de ses efforts, les grands bonzes d'Hollywood s'entêtent à ne lui offrir que des rôles quelconques ou stéréotypés. Nous découvrons aussi que sa relation amoureuse avec le réalisateur Otto Preminger n'est pas toujours au beau fixe. Cette femme fragile et meurtrie se réfugie malheureusement dans la drogue et l'alcool. Le 8 septembre 1965, elle est retrouvée morte dans sa salle de bain, victime d'une surdose de barbiturique, Dorothy Dandridge n'avait que 41 ans.

"Island in the Sun" est un film plutôt long avec peu d'action, mais pas nécessairement ennuyeux. Les dialogues entre les principaux protagonistes sont intelligents et profonds. "Island in the Sun" demeure un bon petit film mélodramatique qui procure énormément de plaisir à regarder.


Cotes

Film5
Présentation2
Suppléments6
Vidéo5
Audio5