Les films familiaux sont plutôt courants de nos jours. Mais des films avec la même famille sont plutôt rares. Et quand cette famille s'appelle Douglas, on est en droit d'y prêter une attention particulière. L'idée germait dans la tête de Michael depuis longtemps, mais il semblait difficile de trouver le bon timing pour que tout le monde soit disponible. Mais le rêve est devenu réalité: réunir dans un même film trois générations d'une même famille d'acteurs: le père (Kirk), la mère (Diana, première femme de Kirk et surtout la mère de Michael et de Joel), le fils (Michael) et le petit-fils (Cameron, qui débute à 24 ans dans le métier). Ajoutez à cela le frère de Michael, Joel, en tant que producteur associé et la table est pleine. Enfin presque, car les deux demi-frères de Michael, Peter et Éric, ainsi que sa belle-mère et actuelle épouse de Kirk, Anne Buydens, ne font pas partie de cette production. Je pense n'avoir oublié personne de chez les Douglas.
Les relations ne sont pas au beau fixe dans la famille Gromberg. Ce repas de la Pâques juive sera peut-être le bon moment pour des retrouvailles. Mais le père, Mitchell, est toujours critique envers la vie de son fils Alex, avocat, et de la manière dont il élève ses enfants Asher, le plus grand, et Eli, le plus jeune. Seule la mère, Evelyn, essaie de se placer entre son mari et son fils afin de montrer à chacun le bon côté de l'autre.
Ce film n'a malheureusement pas reçu un accueil très chaleureux du public à sa sortie. Moins de dix millions de dollars au box-office américain avec de telles pointures, c'est vraiment peu. Il faut bien dire qu'il n'apporte rien de nouveau dans les résolutions de conflits familiaux. Comme c'est souvent le cas, il faut des événements malheureux pour que changent les esprits. Et de plus, plus on avance et moins on voit de progression dans l'histoire. Après une heure de film, la situation est presque identique qu'au début. C'est un peu déroutant. Les moments de réelle émotion ne sont pas toujours où ils devraient être. En fait, je n'en ai ressenti vraiment qu'un seul alors que plusieurs sont supposés être dans le scénario. Heureusement, si je peux dire, que l'intrigue évolue différemment dans la deuxième heure. Enfin une situation qui change. Mais nous pouvions nous y attendre un peu.
Un des éléments les plus intéressants de ce film ne s'appelle pas, bizarrement, Douglas. À croire que le monde artistique ne s'était presque pas trompé, il y a une quinzaine d'années en mettant un acteur du nom de Culkin au premier plan. Ils s'étaient simplement trompés de prénom. Oublions Macaulay (nous n'aurons pas trop de mal à faire ça) et arrêtons-nous sur le plus jeune, Rory, qui est vraiment extraordinaire. Sa prestation dans Signs était déjà formidable.
Anecdotes: l'autre frère de Rory Culkin, l'excellent Kieran, a joué en 1994 dans un film portant exactement le même titre que celui-ci: It Runs in The Family et Cameron Douglas dans le film essaie d'écrire un roman. Les trois titres qu'il essaye ont été tour à tour les trois titres provisoires du film présenté ici. C'est le 86e film pour Kirk Douglas qui fête ses… 86 ans!
La qualité visuelle de ce DVD est légèrement en dessous du standard qu'on serait en droit de s'attendre. L'image est parfois fourmillante et mal balancée. Et la compression est parfois visible. Le choix des bandes sonores est appréciable, mais ne choisissez pas forcément la version anglaise pour son format Dolby Digital 5.1: il n'apporte rien à l'ambiance sonore, les enceintes arrière n'étant pratiquement jamais utilisées. Les menus sont légèrement animés par des extraits du film qui apparaissent en fond d'écran.
En guise de suppléments, nous avons deux documentaires de production. Le premier, "Family Makes You Nuts: The Making of It Runs in The Family" nous propose des entretiens avec les principaux acteurs et leur approche de ce film. On y apprend, entre autres, que l'histoire est originale et non basée sur la famille Douglas. L'idée d'un grand-père qui a eu une attaque existait déjà dans le scénario. À noter le clin d'œil impromptu à la fin de ce segment. Le deuxième, "All That Grit: Kirk Douglas and the Movies" quant à lui s'arrête plus sur la carrière de Kirk Douglas. Il utilise les mêmes environnements de tournage que le premier (entrevues avec les acteurs), mais son sujet reste la vie de comédien de Kirk Douglas. Nous avons également trois scènes supprimées, une galerie d'une cinquantaine de photos de tournage et la bande-annonce originale du film. Une piste de commentaires du réalisateur Fred Schepisi, qui nous détaille un peu plus le tournage, est aussi disponible. Et pour finir, une série de bandes-annonces d'autres films MGM disponibles en DVD.
Il est un peu dommage de voir une si belle et vraie réunion de famille gâchée par une production juste dans la moyenne. On ne reverra pas de sitôt un tel ensemble d'acteurs portant le même nom. Mais la conclusion de cette histoire de famille devrait être appliquée dans toutes les familles qui existent, mais aussi entre nous, avec ceux que nous aimons: n'ayons pas peur de nous parler, d'exprimer haut et fort ce que nous ressentons vraiment. Car le jour où on le regrette, c'est qu'il est souvent trop tard.
| Film | 5 |
| Menu | 5 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |