Je suis désolé de vous l'apprendre, mais nous mourrons tous un jour. C'est la vie. Nick Stark (Eric Roberts) a quant à lui décidé que ce serait demain soir. Et il a de bonnes raisons pour ça. Mais avant cela, il veut faire la fête avec sa famille et ses amis. Et ce sera "sa fête".
Mais revenons au commencement. Nick et Brandon (Gregory Harrison) sont très heureux en couple. Ils ont une belle maison sur les hauteurs de Hollywood (Brandon est un réalisateur) et des tas d'amis, la plupart gais comme eux. Les attentions qu'ils se donnent l'un à l'autre sont touchantes et généreuses. Mais rapidement Nick apprend qu'il est atteint du virus VIH. Les choses vont alors se bousculer rapidement. Brandon est un peu pris au dépourvu. Heureusement pour lui, il ne développe pas la maladie, mais la relation avec Nick se détériore petit à petit, jusqu'au jour où Brandon, dans un excès de colère, fait comprendre à Nick qu'il doit partir. Ce qu'il fait.
Aujourd'hui Nick vit dans une maison seul avec son chien. Il rencontre Tony (Paul Regina), un médecin avec qui il est très ami. Un jour, à l'entraînement, Nick a du mal à se contrôler et Tony le supplie de bien vouloir passer des examens. Le couperet ne met pas longtemps à tomber : Nick a des lésions au cerveau. Ses jours sont comptés. Il sait que très vite il va perdre la mémoire, la vue et une bonne partie de son tonus musculaire. Il ne veut pas ça. Il décide alors d'inviter ses amis pour une dernière fête à l'issue de laquelle il se donnera la mort. Il n'a pas l'intention d'embêter Brandon avec ça, mais Charlene (Margaret Cho), une amie commune de longue date, va chercher Brandon sur son plateau pour lui dire la vérité. Brandon a à peine 48h pour retrouver son compagnon et mettre les choses au clair avant qu'il ne soit trop tard, car malgré la rupture, ils s'aiment toujours.
Partant d'un sujet plus à la mode dans les années 90, Randal Kleiser nous propose ici un film d'une énorme intensité sans sombrer dans le vulgaire ou le voyeurisme. Très vite, pendant le générique de début d'ailleurs, on apprend les mauvaises nouvelles. Et très vite aussi nous nous retrouvons dans la fameuse "fête" d'adieu. Aidés de discussions, parfois animées, et de flash-back, nous en apprenons un peu plus sur nos deux personnages principaux. À noter la présence d'acteurs fétiches de Kleiser comme Olivia-Newton John (Grease) et Christopher Atkins (Blue Lagoon). La performance d'Éric Roberts est exceptionnelle.
La production de ce DVD est belle et concise, comme son propos. Les images sont claires et lumineuses, quelles que soient les périodes de la journée, malgré un tournage avec peu de moyens. MGM a "remasterisé" le film à l'occasion de cette sortie pour avoir le format original et c'est très bien ainsi. Le son est parfaitement audible, principalement dans la version Dolby Digital 5.1, même si les effets ambiophoniques sont très rares, ils sont malgré tout présents sous la forme de sons anodins comme des chants d'oiseaux ou le simple environnement d'une pièce occupée. Je conseille vivement cette piste sonore, même si vous devez vous aider du sous-titrage en français. Les menus sont statiques et composés d'images du film sous forme de photographies instantanées.
Dans le registre des suppléments, nous avons une piste de commentaires avec le réalisateur Randal Kleiser, les acteurs Gregory Harrison et Eric Roberts, le producteur Greg Hinton et le directeur du casting Joel Thurm. C'est là que nous apprenons que ce film est une histoire vraie qui s'est déroulée en décembre 1992 que la personne malade se nommait Harry Stein. On y apprend aussi que Randal Kleiser était personnellement impliqué dans l'histoire (le personnage de Brandon n'est autre que lui-même) et donc, que ce fut assez difficile pour lui de recréer ces moments-là . Le reste de la discussion, où interviennent à tour de rôle les autres participants, colle assez bien au déroulement du film et chacun y va de petites notes sur telle ou telle scène. Malheureusement, le nombre élevé de participants est un peu perturbant, car ils ne sont pas toujours tous présents et on ne sait plus parfois qui parle.
Deux petits documentaires suivent : le premier nous montre une prise "derrière la caméra" pour une scène importante de baiser entre Nick et Brandon. Le deuxième petit documentaire est plus émouvant puisque Randal Kleiser nous emmène dans la maison originale de Harry. Ce segment, avec celui des photos que l'on retrouve plus loin, démontre à quel point le réalisateur a voulu une similitude presque angoissante entre les décors du film et la fête originale de Harry en 1992. À vous de juger.
Puis nous retrouvons une grande quantité de scènes retranchées, quinze exactement, pour une durée totale d'environ 19 minutes. Malheureusement, voulu ou non, elles sont de très mauvaise qualité, car elles semblent provenir d'un premier montage utilisant les "rushs" de tournage. Il s'agit en fait de scènes existantes dans le film, mais avec des plans supplémentaires ou plus longs. Un petit film amateur nous montre la rencontre de Kleiser avec le compositeur Basil Poledouris. Suivent une série de galeries de photographies avec pour commencer une comparaison entre les photos originales de la vraie fête et les photos identiques, mais du film (ahurissant parfois), les photos utilisées pour les montages montrant les personnages en Grèce et enfin plus de 70 dessins de préparation du réalisateur. On trouve aussi la bande-annonce originale et des pages de crédits.
Il y a un nouveau concept sur lequel les éditeurs de films devraient réfléchir : les DVD avec valeur ajoutée, comme par exemple la boîte de mouchoirs en papiers dans ce cas-ci. Je pense qu'il est impossible de regarder ce film (et surtout de s'y intéresser) sans verser au moins une larme. Heureusement, les propos concis du dialogue sont là pour nous remettre à flot régulièrement et pour éviter de sombrer dans le mélodrame. Il n'en reste pas moins une histoire d'un réalisme saisissant, d'une simplicité désarmante, mais en même temps d'une force exemplaire. Que ferions-nous si nous étions confrontés à une telle situation, car finalement c'est un cas qui arrive, malheureusement, trop fréquemment de nos jours ? Je me suis posé la question en visionnant cet excellent film et j'avoue qu'à la fin j'étais dans une meilleure condition pour trouver la réponse. Car même si l'histoire est touchante, elle apporte aussi une sérénité sous-jacente qui nous envahit, comme si nous aussi étions parmi les invités de la dernière fête de Nick Starck. Et tout ceci c'est avant d'avoir vu les suppléments, les photos originales, la vraie maison de Harry (Nick) et de savoir que c'est la vraie histoire du réalisateur.
| Film | 10 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |