Jack Goes Boating
Alliance / Overture Films

Réalisateur: Philip Seymour Hoffmann
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 91 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 065935842996

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
12 janvier 2011

Philip Seymour Hoffman se lance à la réalisation avec "Jack Goes Boating", un premier film sympathique et mignon comme tout qui demeure généralement intéressant malgré une finale pas toujours convaincante.

Jack (Philip Seymour Hoffman) est un chauffeur qui apprend à nager. Connie (Amy Ryan) a le don de se mettre dans le pétrin. Tous les deux sont amis, célibataires, et ils se retrouvent régulièrement chez le couple marié Clyde (John Ortiz) et Lucy (Daphne Rubin-Vega). À quatre ils mangent et discutent sur la conception de l'amour et de l'amitié.

Tout d'abord pièce de théâtre de Bob Glaudini (qui en signe également le scénario), "Jack Goes Boating" ne renie pas ses origines, loin de là. Malgré un soin apporté à la mise en scène, la réalisation demeure classique, s'attardant aux échanges drôles et spirituels entre les personnages. C'est justement ce qui est intéressant ici. Les mots qui restent en bouche, tout comme les thématiques universelles, rappelant dans la vie que tout s'égalise, deux êtres qui se rapprochent pour deux autres qui s'éloignent. Le tout est traité à travers une romance qui fait du bien au corps et à l'âme, rappelant bien entendu Woody Allen par le ton... et la présence en filigrane de la ville de New York.

Ce sont toutefois les comédiens qui méritent le déplacement. Un des meilleurs acteurs de sa génération, Philip Seymour Hoffman est capable de jouer n'importe quoi et il émeut par sa sobriété. C'est d'abord Amy Ryan qui vole la vedette en femme délurée. Puis le tandem John Ortiz et Daphne Rubin-Vega qui retient l'attention. Les deux interprètes sont excellents, surtout dans la dernière demi-heure où l'intérêt finit cependant par légèrement vaciller, croulant sous trop d'absurdités, de drôles de hasards et des métaphores un peu appuyées.

La jolie musique agrémente bien le récit. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 n'oublient pas les différentes enceintes (en les agrémentant de bruits de voitures, d'avions, de vent et de klaxons), s'arrangeant pour rendre toujours audibles les nombreux dialogues. La traduction francophone à peine acceptable donne sérieusement le goût d'opter pour la version originale, qui peut être soutenue par de très visibles sous-titres blancs. L'image sans éclat demeure solide, surtout au niveau des couleurs (justes), de la définition des contours (sans problème) et des contrastes (un poil sombre, mais satisfaisant), ce qui fait oublier la présence de blocage.

La pochette ornée d'eau et d'un bateau personnifie bien le titre de la production. Le menu principal du DVD reprend cette idée en défilant sur un montage de scènes et une douce mélodie au piano. En plus de quelques inutiles séquences supprimées se déroulant dans un métro, les suppléments se limitent à deux segments beaucoup trop courts et inutiles: un sur l'amour du cinéaste pour la Grosse Pomme et l'autre sur le passage du théâtre au cinéma.

Sans tambour ni trompette, "Jack Goes Boating" est un satisfaisant premier effort, porté par un sujet qui fait réagir et des personnages développés. Un peu plus d'imagination au niveau de la mise en scène n'aurait certainement pas fait de tort, mais en attendant Philip Seymour Hoffman prouve qu'il n'est pas seulement à l'aise devant une caméra. En voilà un qui semble posséder tous les talents.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments3
Vidéo7
Audio7