Arnold Schwarzenegger aura réellement accompli l'impossible dans sa carrière au cinéma : il a été un androïde de l'avenir venu pour exterminer une jeune femme dans Terminator, il est parvenu à sauver le monde de terroristes dans True Lies, il a été le premier homme enceint dans Junior en passant par son emploi de super flic indestructible dans Last Action Hero et les déboires d'avoir un frère jumeau qui ne lui ressemble en aucune manière dans Twins. Schwarzenegger a tout accompli? Pas tout à fait puisque lui a été réservée la plus ingrate des épreuves : trouver un cadeau de Noël pour son jeune fils. À cela, le Terminator lui-même ne s'y attendait pas.
Howard Langston (Arnold Schwarzenegger) est un père de famille tout ce qu'il y a de plus ordinaire : lors de fêtes de bureau, il est seul dans son coin à potasser dans les papiers et les appels, négligeant sa famille et son plaisir personnel. Le soir durant lequel son fils (Jake Lloyd, le Anakin de Star Wars Episode I : The Phantom Menace) passe en revue pour sa ceinture de karaté, ce dernier est très déçu de ne pouvoir trouver son père dans la foule. Revenant d'un embouteillage monstre et d'une arrestation qui l'a privé de voir son fils lui faire honneur, il lui fait néanmoins la promesse de lui trouver le cadeau le plus beau qu'il puisse souhaiter. Ce à quoi Howard ne s'attendait pas : la figurine du héros de son fils est le jouet le plus vendu dans l'histoire et n'est disponible qu'en de très petites quantités et à un prix frôlant le ridicule. Howard devra se battre contre une foule en délire, une nuée de Père Noël du crime, des policiers et enfin les ennemis de "Turbo Man" s'il veut respecter l'engagement qu'il a pris envers son rejeton.
Là où Ivan Reitman et Chris Columbus (justement un des producteurs du film) usaient d'un humour bon-enfant (voire puéril) dans leur Kindergarden Cop et Home Alone respectif, Brian Levant poursuit dans la même lignée à un tel point que l'on doute de la paternité de la réalisation. L'équipe d'acteur joue comme dans tout film pour la famille : on joue beaucoup trop, on augmente les facéties et on exagère l'ensemble. Malgré cela, il y a de très bonnes trouvailles méritant d'être mentionnées comme : cette armée de Père Noël du crime et le combat final (prévisible néanmoins très bon). C'est peu, mais c'est déjà ça. On retiendra également la présence irritante de Phil Hartman dans le rôle du voisin toujours prévoyant (dont les intentions se devinent en quelques secondes) ainsi que Jake Lloyd jouant mieux que dans Star Wars Episode I. En dépit de tous ses défauts, le film possède un bon cœur et des intentions qui ne prêtent pas à des interprétations politiques ou autre (m'ouais... on retient surtout l'attachement et le confort des choses). Les effets spéciaux (datant de 1996, quand même) ont mal vieilli et montrent les réelles limites de l'époque malgré une certaine débrouillardise. Les scènes usant de cette technologie ressemblent davantage à du vieux stop-motion à la Ray Harryhausen.
Côté suppléments, on a droit à une belle montagne de cadeaux qui saura satisfaire les enfants comme les plus grands. On nous propose un montage du réalisateur dont les scènes ne rajoutent pas grand chose au film si ce n'est une chanson par les Père Noël, quelques rencontres entre Arnold et Sinbad et d'autres moments comiques. Ces moments, non doublés, ne sont disponibles qu'en anglais et même les sous-titres français ne sont pas disponibles, ce qui est dommage, car certaines scènes auraient mérité d'être dans le film. On retrouve également des entrevues et des revuettes ayant trait aux enfants, la fabrication de la figurine et du costume, ainsi que des jeux interactifs pour tous. Du beau travail pour un film qui ne casse pas de briques.
L'image est bien restaurée. On ne dénote aucun défaut si ce n'est de quelques flous indésirables ainsi qu'un manque de contraste des scènes de jour. Les couleurs manquent un peu de saturation compte tenu du public cible, mais le reste est au beau fixe. On ne dénote aucun défaut de compression ou quelque poussière pouvant nous dérober aux exploits du "Governator". La bande-son en Dolby Digital 5.1 propose une musique de David Newman retentissante et des effets sonores sachant utiliser les enceintes une fois le combat final enclenché. On n'a pas à se plaindre niveau sonore. Quant aux menus, ils sont animés et musicaux pour la page principale. Cependant, ce menu constituant en une animation 3-D rudimentaire ne convient pas du tout et jure par une saturation nettement plus élevée que le film. Tout le reste est fixe comme semble le vouloir la tradition.
"Jingle All The Way" est un peu comme Miracle on the 34th Street en quelque sorte. C'est un film qui se regarde bien durant le temps des fêtes, lorsqu'on a l'âme de visionner un divertissement inoffensif et un Arnold Schwarzenegger aux prises avec des problèmes autres que sauver le monde comme : sauver sa famille. La panoplie de suppléments suggérée devrait aussi donner son lot d'amusement une fois le film terminé (ou avant celui-ci). Sans être un classique du genre, on nous offre un film somme toute gentil et une des dernières interprétations du regretté Phil Hartman.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |