John Wayne est considéré à juste titre comme une légende d'Hollywood. Cet accessoiriste sous John Ford s'est rapidement retrouvé devant l'écran alors que le célèbre réalisateur trouvait son physique et son charisme parfaits pour les exploiter devant la caméra. Le reste n'est qu'histoire alors que "Duke" se retrouva à jouer dans non moins de 175 productions couvrant cinquante ans. Pas besoin de vous dire que la plupart de ses classiques sont déjà disponibles sur support DVD. Alors que quelques-uns de ceux-ci sont revisités en éditions spéciales, certains autres plus obscurs voient finalement le jour et la compagnie Universal propose un coffret de films inédits intitulé "John Wayne: An American Icon", boîtier qui propose cinq films très variés du célèbre "Duke".
Seven Sinners - 1940: Bijou (Marlène Dietrich) est une chanteuse de charme qui attire autant les hommes que la bagarre. Après une autre soirée tumultueuse, elle sera déportée vers une autre île du sud. Sur le navire l'amenant vers sa nouvelle destination, elle fera la rencontre du lieutenant Dan Brent (John Wayne) qui est mandaté par le gouverneur de l'île pour escorter sa fille. Bijou trouvera un nouveau boulot au "Seven Sinner's Cafe" et ne tardera pas à séduire le marin qui devra choisir entre sa carrière et l'amour.
Ce film en est un qui nous permet de mieux apprécier le talent et le charme de Marlène Dietrich que celui de John Wayne qui semble y chercher ses repères constamment. La grande dame du cinéma allemand d'avant-guerre y va de quelques numéros de chant forts réussis et survole la distribution avec son irrésistible charisme. Quant au "Duke", disons qu'il a vu de meilleurs jours.
The Shepherd of the Hills - 1941: Matt (John Wayne) est un jeune homme qui se nourrit de vengeance et qui a juré de tuer son père si jamais il le revoyait, car cet homme l'a abandonné, lui et sa mère, alors qu'il était tout jeune entraînant sa mère dans le trépas. Par un beau jour, Daniel (Harry Carey), un étranger au passé mystérieux viendra s'installer dans la région et cet homme avouera être le père de Matt.
Ce film est personnellement mon préféré du lot. On y retrouve John Wayne dans un rôle et dans un genre de film qui lui va comme un gant. Il y incarne un jeune rebelle dont l'amour est masqué par la haine. L'action se passe dans les très sauvages montagnes Ozark alors que la loi du fusil prévalait, ce qui nous donne un western monté dans la plus pure des traditions renforcé par de nombreux personnages secondaires différents et intéressants.
Pittsburgh - 1942: Charles "Pittsburgh" Markham (John Wayne) et John Evans (Randolph Scott) sont deux mineurs qui par leur acharnement graviront l'échelle de la réussite. Malheureusement, l'amour mutuel porté vers la même femme (Marlène Dietrich) et des comportements forts différents en affaires amèneront les deux hommes à se séparer. Quand la deuxième Grande Guerre éclatera, les entreprises de sidérurgie de la ville de Pittsburgh seront chauffées à blanc et les deux hommes croiseront le fer de nouveau. Ils tenteront le mettre leurs vieilles rancunes de côté pour mieux servir leur pays.
Deuxième partenariat entre les trois comédiens phares (ils avaient joué ensemble dans Spoilers), ce film en est un de formule dans lequel John Wayne joue un rôle inhabituel, mais dans lequel il tire bien son épingle du jeu. D'une facture très classique, ce film fait l'éloge de la rédemption et mets l'accent sur l'adage qui dit que les besoins d'un groupe sont plus importants que ceux de chacun des individus le composant.
The Conqueror - 1955: Temujin (John Wayne) est un guerrier mongol qui a juré de se venger des tartares suite à la mort de son père. Il kidnappera une princesse tartare (Susan Hayward), se lancera dans une campagne sanglante et deviendra au passage Genghis Khan, un des plus grands conquérants que le monde ait connu.
Ce film est la preuve irréfutable que John Wayne n'a pas tourné que dans des bons films. Quel désastre mes amis! Ça jure tellement que ça en devient quasiment drôle. Ce film est ni plus ni moins un western déguisé et voici pourquoi. Prenez un grand comédien (John Wayne) et ajoutez-y une moustache du genre "Village People" en plus d'une cloche capitonnée sur la tête, placez les archers tartares dans une machine de guerre qui devait être l'invention de ce siècle (ça repousse les limites du ridicule) ainsi que des épées recourbées pour donner du tranchant au film, un Lee Van Cleef avec des cheveux et une Susan Hayward belle à mourir qui se pavane dans son pouf tiré par des boeufs, laissez mijoter pendant 111 minutes en assaisonnant de combats chorégraphies par un chihuahua dans un désert de Gobi aux airs californiens, des Mongols qui se comportent en apaches et vous avez comme résultat ce fiasco qui par ricochet devient rigolo. Ah oui, pour les intéressés, il a été produit par Howard Hughes.
Jet Pilot - 1957: Le lieutenant Jim Shannon (John Wayne) intercepte une jeune pilote soviétique (Janet Leigh) qui fuit le régime communiste de son pays d'origine. Après avoir procédé aux fouilles d'usages, ce dernier sera mandaté pour escorter la jeune détenue vers le haut commandement des forces armées. Au passage, il s'éprendra d'elle, la mariera avant de découvrir les vraies raisons derrière sa fuite.
Dernière réalisation de Joseph Von Stenberg, ce film peu convaincant est demeuré près de huit ans sur les tablettes (il fut retravaillé par l'équipe de production d'Howard Hughes). La très ravissante et très jeune Janet Leigh incarne une pilote de l'air soviétique de façon charmante, alors que John Wayne et ses pairs du haut commandement des forces militaires américaines font passer leurs rencontres au sommet pour des soirées des Chevaliers de Colomb. Tentant maladroitement de mélanger humour et action, ce film est beaucoup plus un outil de propagande pour l'armée de l'air américaine qu'autre chose. À part pour ses plans de caméras aériens réussis et pour l'aérodynamisme de la physionomie de Janet Leigh, ce film vole passablement bas.
Ce coffret quelque peu simpliste comporte tout de même des transferts vidéo et audio qui méritent d'être soulignés. Tous les films furent rematricés ce qui donne aux images une seconde jeunesse. Les contrastes sont profonds en général et les couleurs ont retrouvé un bon niveau de saturation. Certaines légères impuretés sont néanmoins présentes sur chacun des films et certains proposent des images granuleuses à l'occasion. Les trames sonores ont été nettoyées et le résultat est fort probant. Les dialogues sont toujours perceptibles et les trames musicales sont bien reproduites. Par contre, l'ensemble sonne quelque peu lourd et aucune forme de spatialité n'est présente. Côté présentation, disons que la compagnie Universal a mis la pédale douce. Les cinq films sont regroupés sur 2 disques (DVD-18) et aucun livret ne vient agrémenter le coffret. Au rayon des suppléments, nous retrouvons seulement les bandes-annonces de quatre des cinq films présentés. Pour une raison que j'ignore, la bande-annonce du film "Jet Pilot" n'y est pas.
Ce coffret intitulé "John Wayne: An American Icon" s'adresse presque strictement aux admirateurs de John Wayne et par ricochet à ceux de Marlène Dietrich qui joue dans deux des films proposés. L'éventail des films proposés nous permet tout de même de voir le Duke dans des rôles plutôt inhabituels pour lui et de nous rendre compte qu'il était drôlement plus à l'aise sur une selle.
| Film | 5/7/6/3/5 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |