Julia
20th Century Fox

Réalisateur: Fred Zinnemann
Année: 1977
Classification: PG
Durée: 117 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

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Selon Robert Bélanger
26 février 2006

Elle devint écrivaine à une époque où la témérité parfois imprudente des écrivains et des célébrités était considérée comme admirable. Comme Fiztgerald, Hemingway et Faulkner, la dramaturge Lillian Hellman fumait, buvait, aimait librement et maintenait une vie sociale et politique aussi étendue et agitée que son talent. Alors que ses pièces de théâtre s'opposaient constamment à l'injustice, ses mémoires nous offrent des comptes-rendus personnels de la vie excitante et turbulente se déroulant en marge de son art. "Julia", réalisé en 1977 par le talentueux cinéaste Fred Zinneman (From Here to Eternity, High Noon), est basé sur l'un des portraits tracés dans le second volume de ses mémoires (Pentimento: A Book of Portraits) et s'attarde à sa longue relation d'amitié avec le personnage du titre.

Au début des années 1930, Lillian Hellman (Jane Fonda) partage sa vie avec son mentor et amant, l'écrivain Dashiell Hammett (Jason Robards). Alors qu'elle peine à écrire une pièce de théâtre, son amie d'enfance Julia (Vanessa Redgrave), une femme indépendante issue d'une famille très riche, part étudier à Vienne et se joint à un groupe qui combat la montée du fascisme en Europe. Quelque temps plus tard, Lillian, devenue une dramaturge de renom, est invitée à une conférence en Russie. Pendant son voyage, elle est approchée par une des connaissances de Julia qui lui demande d'accepter une mission: faire un détour par Berlin et y faire entrer une somme d'argent considérable qui servira à la lutte antifascisme. La tâche s'avérera des plus périlleuses, particulièrement pour une intellectuelle juive en route vers la Russie communiste.

Histoire d'amitié sur fond d'intrigue politique, "Julia" nous offre une rare occasion de voir deux personnages féminins qui mènent leur vie, non comme de simples appendices des hommes qui les entourent, mais comme des protagonistes férocement indépendants. De plus, les relations sociales, qu'elles soient personnelles ou politiques, sont présentées du point de vue féminin. C'est donc un film de femmes, campées de brillante façon par Jane Fonda et Vanessa Redgrave. On aurait pu penser que Fonda est un peu trop jolie pour arriver à interpréter Hellman de manière convaincante, mais elle habite totalement son personnage et combine avec aisance le talent, l'insécurité et la souffrance associée au processus créatif qui vont souvent de pair chez les grands artistes. Redgrave est sidérante dans le rôle de Julia et mérite amplement son Oscar (meilleure actrice de soutien). Son visage presque angélique cache une force et une détermination à toute épreuve et son exubérance est lentement éclipsée par une assurance tranquille qui passe par son regard et une économie de gestes qui soulignent la sérénité malgré le fardeau des épreuves. Jason Robards (également oscarisé) et Maximilian Schell sont également excellents. Avec une telle distribution, le film n'avait pas besoin de tape-à-l'oeil et la réalisation de Fred Zinneman est aussi efficace qu'effacée. L'allure lente et délibérée est enveloppée d'une atmosphère de mélancolie savamment appuyée par la musique envoûtante de Georges Delerue. Le scénario astucieux joue avec la notion du temps et intègre parfaitement les retours en arrière, et la cinématographie de Douglas Slocombe, qui privilégie les teintes grises et brunâtres, évoque un monde sombre et trouble qui sied particulièrement bien à l'intrigue. "Julia" est une production solide à tous les niveaux.

La présentation vidéo est excellente pour un film qui a presque 30 ans. L'image est claire et propre, nullement granuleuse et sans accentuation des contours. Le rendu des noirs et le niveau des détails sont excellents, mais les scènes les plus sombres sont parfois très opaques et on peut se demander s'il s'agit d'un choix du réalisateur ou d'un problème au niveau du transfert. Côté audio, la piste originale mono fait le travail. Les dialogues sont clairs et le niveau de distorsion est réduit au minimum. La piste en stéréo est plus dynamique, mais manque totalement de subtilité. La musique, les dialogues, les effets ambiophoniques, tout est envoyé aux enceintes arrière au hasard sans tenir compte du déroulement de l'intrigue. Ça peut paraître plus immersif, mais ça manque totalement de naturel. La présentation est standard et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont statiques, de navigation aisée et sans accompagnement musical. À part quelques bandes-annonces, dont celle du film, aucun supplément n'est offert sur cette édition.

Drame, suspense, étude sur l'amitié, "Julia" est tout cela et plus encore. Si vous aimez les performances d'acteur et que la supposée "lenteur" de films tels que celui-ci ne vous rebute pas, je vous le recommande fortement. "Julia" n'a pas reçu onze nominations aux Oscars en 1977 pour rien.


Cotes

Film8
Présentation4
Suppléments1
Vidéo8
Audio6