Justine de Sade
Blue Underground

Réalisateur: Claude Pierson
Année: 1972
Classification: NR
Durée: 115 minutes
Ratio: 1.66:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (Mono), Français (Mono)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Sébastien Cassou
12 septembre 2007

Je ne crois pas qu'il soit injuste d'affirmer qu'en matière de pratiques et de théories sexuelles, l'écrivain et philosophe français du dix-huitième siècle Marquis de Sade était définitivement en avance sur son temps. Échangiste, pédophile, bisexuel, sado-masochiste (le terme "sado" vient d'ailleurs de là!), voyeur et libertin à l'extrême, sa vie et ses écrits marquèrent fortement les siècles qui lui succédèrent en matière de morale sexuelle.

Adulé par certains pour ses réflexions progressistes sur les mœurs humaines, mais haïe par d'autres pour son apparente absence de limites vis-à-vis des plaisirs de la chaire et des façons de les obtenir, il est certain que personne n'ayant lu un seul de ses écrits n'a pu rester de glace. Même que sa verve (... et sa verge) lui valut de passer une grande partie de sa vie en prison et de mourir dans un asile d'aliénés à Charenton au début du dix-neuvième siècle.

Bien que plusieurs films aient survolés la vie de cet homme, dont le récent Sade de Benoît Jacquot avec Daniel Auteuil dans le rôle du Marquis, et l'excellent Quills avec Geoffrey Rush et Kate Winslet, peu de ses écrits furent adaptés à l'écran. Il y a bien sur le Salò ou les cent vingt jours de Sodome de Pier Paso Pasolini, ou encore l'étrange et extraordinaire Marquis de Roland Topor et Henri Xhonneux (pas encore disponible en DVD) où les rôles sont tenus par des marionnettes grandeur nature à têtes d'animaux et où le marquis dialogue avec son pénis selon des extraits des écrits de De Sade, mais encore là on a affaire à une œuvre originale (le mot est faible!) seulement inspirée des livres de l'auteur.

C'était donc avec un certain bonheur que je découvrais ce "Justine De Sade" tourné en France en 1972 par Claude Pierson, et adapté de Justine ou les infortunes de la vertue. Malheureusement, malgré le fait que le film sorti à une époque plutôt ouverte pour le cinéma expérimental et libertin, ce long-métrage est plutôt timide par rapport à l'œuvre dont il est tiré. En fait, les séquences les plus osées tant au niveau moral que psychologique, restent non pas celles avec la violence (mal truquée) et la sexualité graphique (très chaste), mais bien celles contenant des extraits du livre lus par la narratrice, extraits crus il va de soit.

Hors on peut en conclure que soit après plus de deux siècles le Marquis reste toujours inégalé dans la provocation et le libertinage, ou bien que cette production ait raté sa cible. Personnellement je pencherais pour cette deuxième hypothèse puisqu'en ce siècle de mœurs sexuelles débridées et de pratiques érotiques de toutes sortes, le discours hédoniste du Marquis de Sade n'impressionne plus guère personne. On a qu ‘à regarder la multiplication des sites internet pornos amateurs où tout un chacun s'exhibe en plein plaisirs sexuels et dans toutes sortes de situations, pour voir que le contenu philosophique de de Sade a été évacué et qu'on en a retenu que l'aspect plaisirs physiques!

Le scénario de "Justine" raconte l'histoire d'une jeune orpheline qui tente de préserver sa virginité (qu'on appelait alors vertu) en errant sur les chemins de la France du dix-huitième siècle, mais qui se retrouvera dans des situations malencontreuses où elle sera tour à tour violée, abusée, violentée, trahie, fouetté, sodomisée, etc., par tous les hommes qu'elle rencontrera et ce qu'ils soient barons, bourgeois, marchands, brigands ou mêmes moines!

Au niveau de la qualité vidéo, le film ne battra (pour rester dans l'esprit sadique!) non plus de records. Les couleurs sont légèrement délavées, défaut originant probablement de la pellicule utilisée à l'époque. Les contours sont mal définis, encore là un défaut du film 35mm qui, par son gros grain (nécessaire à l'époque pour les séquences de nuit ou tournées dans des décors sombres), ne permettait pas alors une netteté maximale. Ceci dit, la copie utilisée pour le transfert reste de bonne qualité avec peu d'accrocs et le travail de nettoyage a été bien fait. Au niveau audio, il semblerait que tout le film ait été tourné en son témoin et que tous les dialogues aient été ajoutés en post-production, méthode de tournage courante à l'époque dont même Fellini faisait usage. Par contre, cela a pour résultat de créer un décalage spatial (et non temporel) persistant qui finit par avoir raison de notre patience d'auditeur.

Au niveau des suppléments, on retrouve deux bandes-annonces et deux séquences retranchées à l'époque. En fait, une de ces séquences est une version alternative (dite version habillée!) d'une scène d'orgie dans le monastère qu'on avait tournée en même temps à l'époque au cas ou la censure s'offusquerait de voir des moines forniquer avec de jeunes donzelles-esclaves nues.


Cotes

Film5
Présentation6
Suppléments5
Vidéo6
Audio6