Attachante comédie dramatique sur les familles recomposées, "The Kids Are All Right" mérite le détour pour sa façon sensible d'aborder des thèmes délicats et pour la prestation savoureuse de tous ses interprètes.
Nic (Annette Bening) et Jules (Julianne Moore) sont un couple qui a toujours pris soin d'élever correctement leurs enfants Joni (Mia Wasikowska) et Laser (Josh Hutcherson). Un jour, ces deux adolescents décident de retrouver l'homme qui a prêté son sperme à leur conception. Ils tombent sur Paul (Mark Ruffalo), un être charismatique qui aimerait bien jouer au père une fois dans sa vie.
Ce nouveau long-métrage de Lisa Cholodenko use de subtilité dans sa façon de traiter ses sujets. Il ne s'agit pas d'un essai sur l'homosexualité, mais bien sûr la famille divisée, celle qui cimente une personnalité. Les rires et les drames naissent de situations réelles, qui rajoutent à l'authenticité de la démarche. Mis en scène avec soin, mais sans effet stylistique, privilégiant les mots au détriment de l'action, l'ensemble séduit dès les premières minutes, et même si le résultat se veut un peu trop sage et doux pour ce qu'il évoque, l'effort se veut sans cesse séduisant et attachant.
Le tout n'aurait sans doute pas été aussi recommandable sans l'apport des comédiens. Contrairement à ses précédents rôles, Annette Bening prend soin de ne pas trop en mettre, et si son personnage n'évite pas quelques clichés (l'alcoolique qui est l'homme de la situation), elle forme un couple tout à fait crédible avec Julianne Moore qui, comme d'habitude, semble capable de tout jouer. Rafraîchissant dans son approche et ses sourires, Mark Ruffalo évite d'être le méchant de service, se construisant un vrai apport à l'histoire. Le fait d'avoir développé suffisamment les individus campés solidement par Mia Wasikowska et Josh Hutcherson ajoutent une nouvelle densité, ce qui est tout à l'avantage du récit.
La musique variée de Carter Burwell manque un peu de personnalité, de nuance. Les pistes sonores en Dolby Digital 5.1 délaissent pratiquement les enceintes, y faisant seulement ressortir quelques bruits de cellulaires et de mélodies. Néanmoins, tous les dialogues s'entendent aisément, la traduction dans la langue de Molière se veut très recommandable, et il y a de très visibles sous-titres blancs en cas de besoin. L'image est claire, portée par des couleurs justes, des contrastes solides et une judicieuse définition des contours. Il n'y a peut-être rien d'éclatant et un peu de blocage peut se faire ressentir, mais ces pépins s'avèrent fortement oubliables.
La pochette conventionnelle est loin d'être agréable, reprenant mécaniquement le visage des interprètes ainsi qu'un plan où tout le monde est en train de manger. Le menu principal du DVD utilise à nouveau cette pose statique en y insufflant un doux air musical. La plupart des suppléments déçoivent, car ils ne dépassent jamais les cinq minutes d'informations. À quoi bon réunir un documentaire sur le tournage, un segment sur le rôle de la famille et un autre sur le processus d'écriture si c'est pour demeurer continuellement en surface? Au moins, il y a une attrayante piste de commentaires de la cinéaste, dont le timbre sonore un peu monocorde pourrait en endormir plus d'un.
Traitant sans trop de graviter des thèmes essentiels tels la famille et la découverte de ses origines, "The Kids Are All Right" est un film drôle et touchant. Bien qu'il aurait pu aller encore plus loin dans sa décortication des modèles de société, l'apport des acteurs compense ces risques qui n'ont pas toujours été pris.
| Film | 7 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |