Quentin Tarantino n'est pas un réalisateur avec une feuille de route pré-déterminée. Il s'inspire abondamment du cinéma des années 70 à la manière d'un Sergio Leone et prend les éléments qui lui plaisent pour concocter une sauce nouvelle et percutante. Ce qui fait la force du scénariste et réalisateur réside dans ses dialogues puisqu'il n'a pas eu l'occasion de démontrer son savoir dans un film dit d'action. Hé bien, c'est maintenant chose faite avec Kill Bill, où Quentin Tarantino garde le meilleur de sa verve en servant un film doté d'une multitude de scènes à couper le souffle.
Il y a quelques années, la mariée (Uma Thurman) est retrouvée froidement abattue par un commando bien décidé à s'opposer à l'union sacrée du mariage. Les autorités la découvrent encore vivante, mais plongée dans un profond coma dont elle ressortira quatre années plus tard. Une fois consciente, sa mission est on ne peut plus simple: tuer Bill. Cependant, comme rien n'est jamais facile, la mariée apprendra parfois à ses dépends que la vengeance n'est jamais une ligne droite et qu'il est possible de se perdre en chemin. Elle rencontrera un vieux fabriquant de sabres, Hatori Hanzo (Sonny Chiba) qui lui offrira son support moral et lui dispensera de sages conseils. La mariée affronte, dans le premier volet, deux de ses adversaires: Vernita Green (Vivica A. Fox) et Oren Ishii (Lucy Liu), sans compter la bande des Féroces 88 et tous ceux qui ne lui sont pas utiles en chemin. Dans le second volume, la Mariée est confrontée aux trois derniers opposants sur sa liste, et cette fois, ils lui feront la vie TRÈS dure. Délaissant presque totalement l'influence japonaise du premier opus, "Kill Bill Volume 2" se pose en digne héritier de Sergio Leone plutôt que d'Akira Kurosawa. La Mariée subit une foule d'épreuves plus surprenantes et éprouvantes les unes que les autres alors qu'elle fait face au frère de Bill (Michael Madsen) et Elle Driver (Daryl Hannah). Prise au piège lors d'une mise en scène par le premier, la Mariée tente de se rappeler le cruel enseignement de Pai-Mei (excellent Gordon Liu). Revenant sur Terre (littéralement), la Mariée est maintenant une femme changée par les événements. Elle a désormais conscience de l'implication de ses actes, ce qui décuple sa volonté d'en finir. Parvenant à retrouver Elle Driver, les deux adversaires se défient dans un duel à mort. Nul besoin de dire qu'elle finit par retrouver la trace de Bill grâce à un proxénète mystérieux (Michael Parks), qui la pose directement sur le chemin de sa tête de liste. Ce second opus est plus dans la veine de l'habituel Tarantino avec des dialogues croustillants et des scènes de longs exposés faisant la force du réalisateur.
Mené par un ensemble d'acteurs au sommet de leur art, Kill Bill est un film rugissant de colère, de soif de vengeance et d'action qui ne mine en rien sa trame dramatique. Les dialogues sont une réelle merveille pour l'ouïe. Les scènes d'action sont très bien montées et parviennent à élever la tension. Le tout supervisé par Yuen-Woo Ping, déjà responsable des scènes de combats dans Matrix et le remake de Charlie's Angels. Quentin Tarantino est un réalisateur qui a le don de savoir exactement ce qu'il veut voir à l'écran et entendre. Fidèle à son habitude, il est allé chercher des célébrités en souffrance qui n'avaient pas vu poindre un projet intéressant depuis un moment et les a montrés sous leur meilleur angle à ce jour (sublime Uma Thurman, aux antipodes de Mia Wallace dans Pulp Fiction). La musique choisie est encore une fois à la hauteur du talent du réalisateur, qui nous offre des morceaux enlevants dont la portée ne fait que renforcer la trame de l'histoire. Un bijou cinématographique.
Les scènes ne souffrent aucunement de la compression numérique. Les clairs-obscurs sont respectés et les teintes sont respectées. On ne perçoit aucune tache ou de grain excepté dans les scènes désignées ainsi par le réalisateur. La bande sonore fait bon usage des haut-parleurs. Lors des affrontements entre personnages, on a l'impression d'être pile dedans. Les menus sont animés dans l'esprit du film pour certaines pages et dotés de la géniale musique du film, offrant des menus divertissants. La musique n'enterre pas les dialogues des personnages et l'image est au beau fixe, donnant le calibrage nécessaire des couleurs.
Côté suppléments, nous avons droit à une revuette "The Making of Kill Bill Vol. 1", des performances musicales du groupe "The 5, 6, 7, 8's" et des bandes-annonces de tous les films de Tarantino. C'est au niveau des extras que "Kill Bill Volume 1" se détache un peu de son propre film. Loin d'être aussi profonds, ils offrent davantage l'apparence d'un kit promotionnel pour vendre le métrage. Néanmoins, de voir Tarantino diriger ses acteurs sur le plateau vaut son pesant d'or. Le second volet offre, quant à lui, une scène coupée, "The Making of Kill Bill Volume 2", et une performance de Chingon à la première de "Kill Bill Volume 2". Tout cela est bien maigre étant donné l'annonce qui avait été faite d'un montage du réalisateur des deux films. Cette édition serait disponible au Japon tandis qu'une autre, sortie en Zone 2 cette fois, comprend quatre DVD et deux CD de trame sonore. En zone 1, nous n'avons que cette édition.
"Kill Bill" est un grand film à voir et revoir tant pour ses prouesses d'action que son scénario en béton et ses dialogues frappants. Le jeu de la distribution rend parfaitement crédible cette histoire de vengeance et c'est avec un punch final à glacer le sang, sur la musique de Zamfir, que se termine ce premier volet des aventures sanglantes de la mariée. La seconde partie est tout aussi puissante et inspirée, apportant les réponses aux questions posées précédemment.
| Film | 9 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |