King Kong
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Peter Jackson
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 188 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD51)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 50
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon François Langevin
26 mars 2006

Lorsque Peter Jackson présenta au monde entier le premier chapitre du Seigneur des anneaux, il se couvrit d'innombrables éloges provenant autant des critiques, que des cinéphiles et des puristes attachés à l'œuvre de J.R.R. Tolkien. En effet, il atomisa les milieux du cinéma en adaptant l'inadaptable et en projetant les canevas gothiques et les personnages de la Terre du Milieu du célèbre auteur de majestueuse façon. Il s'assura de préserver l'essence même des livres en faisant ressortir les sentiments, le langage et l'humour qu'ils renfermaient. Après son incroyable triomphe sur tous les fronts (plus de 3 milliards de dollars au box-office), tous se demandaient ce à quoi ressemblerait son prochain défi. Eh bien disons que le cinéaste les aiment gros et il décida de réadapter, à la sauce kiwi, le classique de 1933 intitulé King Kong.

"King Kong" raconte l'histoire d'une équipe de production, qui par une belle journée de 1930, quitte New York pour mettre le cap sur la mystérieuse île "Skull" qui n'est pas répertoriée sur aucune carte, question d'y faire un tournage. Ann Darrow (Naomi Watts), l'héroïne du film, deviendra captive d'une tribu d'aborigènes et offerte en sacrifice à un gigantesque gorille. La bête amènera sa proie dans sa tanière pendant qu'une expédition s'organisera pour aller la délivrer. Quoique très meurtrière, l'expédition réussira même l'impossible en capturant le monstre Kong. Il sera ramené à New York pour être affiché telle une bête de cirque. Il brisera ses liens, sèmera l'effroi et sillonnera la ville pour retrouver le seul visage réconfortant qu'il connaît, celui de Ann.

La première question qui me venait à l'esprit était de savoir le degré de justesse entre ce remake et la version originale de 1933. Disons qu'il est passablement juste et respecte les trois actes que proposait l'œuvre originale. Le premier tiers du film s'évertue à mettre les personnages en place et à recréer New York des années 1930. Le deuxième se déplace sur l'île mystérieuse et le réalisateur prend ici quelques libertés en altérant la façon dont ils accostent sur l'île, la poursuite dans le parc jurassique (il y en a de la bibitte mes amis) et la façon dont King Kong est capturé (la version originale le montrait très peu). Le réalisateur étoffe également le dernier chapitre en nous présentant des scènes de poursuite dans les rues de New York d'une grande beauté et une finale grandiose sur le toit de "l'Empire State Building". Malheureusement, je trouvais l'œuvre originale quelque peu brouillonne et Peter Jackson ne cherche qu'à reproduire ce qui n'était pas parfait au départ. Entre autres, j'aurais bien aimé que l'on m'explique comment ils s'y sont pris pour ramener la bête jusqu'à New York sur ce rafiot.

Si cette transposition moderne se juxtapose admirablement bien à l'originale, elle va heureusement beaucoup plus loin au niveau des sentiments, de l'action et évidemment de son univers graphique. Les canevas numériques de New York sont simplement saisissants, son "Empire State Building" est un modèle de précision et son King Kong est plus vrai que nature. Il faut encore remercier Andy Serkis qui donne vie et sentiments à la bête, lui qui avait préalablement donné vie à "Gollum" dans la trilogie du seigneur des anneaux. Pour arriver à un résultat presque aussi parfait, Peter Jackson s'est entouré de son équipe habituelle, c'est-à-dire des scénaristes Philippa Boyens et Fran Walsh, du directeur de la photo Andrew Lesnie et de "Weta Digital" qui signe les effets spéciaux. L'étonnante distribution confirme le talent de Jack Black qui met ses pitreries de côté pour incarner avec éloquence le rôle du cinéaste Carl Denham qui n'est pas sans rappeler Orson Welles. Naomi Watts confirme également son incroyable talent de comédienne et sa beauté rayonne tout au long des trois heures de ce film. Au final, on peut affirmer que ce King Kong respecte l'esprit de l'original en y donnant beaucoup plus d'émotions et d'actions. Personnellement, j'ai trouvé que l'expédition s'étirait un peu trop sur l'île Skull et qu'il y avait un peu trop de créatures préhistoriques et de "macro organismes" à mon goût. Pour les curieux, sachez que les organismes vivants qui se mettent à bouffer les membres de l'expédition sont en fait des versions géantes des insectes "Weta" que l'on retrouve seulement en Nouvelle-Zélande.

Le transfert vidéo est une référence dans le genre. Les couleurs sont parfaitement balancées, les contrastes sont profonds et le niveau de détail de l'image est très élevé. Aucune forme d'imperfection ou d'artefact de compression n'est à signaler sur ce très impressionnant transfert. Le volet sonore est d'une excellente facture. La trame proposée de format Dolby Digital 5.1 est une référence de spatialité. Tous les canaux sont mis à contribution et les effets ambiants se répercutent merveilleusement bien sur les enceintes arrière. Les dialogues demeurent audibles en tout temps et l'abondante musique de James Newton Howard se fusionne bien à la piste sonore. Notons que le compositeur dut remplacer Howard Shore à pied levé alors que ce dernier abandonna le projet à moins de deux mois de la sortie du film. Il ne manque qu'une trame de format DTS, pour que l'univers sonore de cette édition DVD soit parfait.

"Universal Studios" propose deux éditions DVD de ce film. Dans le cadre de cette revue, je vous entretiens de l'édition un disque, qui en fait en contient deux. Le deuxième disque est en fait la version française du film en format Dolby Digital 5.1 et les menus ont été également traduits en français. En plus d'être plus alléchante à l'œil que l'édition simple, l'édition spéciale de deux disques offre une kyrielle de suppléments dont une introduction du film par Peter Jackson, près de trois heures de notes de post production du cinéaste, un documentaire sur l'île "Skull" et un dernier sur le New York des années 1930. Les suppléments inclus dans cette édition simple sont pour ainsi dire futiles. Nous pouvons assister au tournage du commercial de la Volkswagen Touareg qui s'inspire des décors du film "King Kong" et de visionner la bande-annonce du film Wish You Were Here. J'aimerais souligner l'effort apporté à la confection des menus qui sont très bien réussis et conviviaux.

Cette adaptation du classique "King Kong" à la sauce Peter Jackson est un éloquent exemple de ce que devrait être tout film d'action. Inspiré, émouvant, rempli d'action et d'une beauté graphique saisissante, ce film rend hommage à sa version originale prenant soin au passage de lui donner un cachet unique. La compagnie Universal offre ce très beau film dans deux éditions DVD. L'édition simple ne contient pour ainsi dire que le film et une version doublée en français y est incluse alors que l'édition spéciale de deux disques contient le même montage du film et un disque rempli de suppléments, mais il ne semble pas y avoir une version du film doublé en français. Connaissant le genre de mise en marché dont Peter nous a habitués lors des trois volets du seigneur des anneaux, il ne serait pas surprenant qu'une édition ultime de plusieurs disques de King Kong voit le jour et dans laquelle une trame de format DTS serait présente ainsi que plusieurs nouveaux suppléments dont quelques trames de commentaires.


Cotes

Film8
Présentation6
Suppléments1
Vidéo10
Audio9