Quand l'écrivain anglais DH Lawrence écrivit Lady Chatterly's Lover en 1929, sont intention avouée était de "libérer" la langue anglaise. Il utilisait des mots de quatre lettres que l'on voyait rarement imprimés en dehors des très onéreux documents pornographiques qui circulaient dans des cercles restreints. On parle ici de ces anciens mots anglo-saxons tabous qui avaient perdu leur sens original pour ne devenir que des jurons. Qu'est-ce qui se passe quand on met ce brûlot littéraire entre les mains du réalisateur d'Emmanuelle Just Jaeckin et de l'interprète du rôle-titre Sylvia Kristel? Et bien, on se retrouve avec un truc érotico cul cul digne de l'émission Bleu Nuit.
Après une blessure de guerre qui a laissé son mari impotent, Lady Chatterly (Sylvia Kristel) est déchirée entre l'amour qu'elle voue à son époux et ses pulsions sexuelles. Avec le consentement de ce dernier, elle cherchera d'autres moyens de combler ses besoins physiques.
Le langage a été aseptisé et l'usage avant-gardiste de mots tels que "fuck" et "cunt" dans leur contexte sexuel approprié a disparu, remplacé par des textes dignes des romans Harlequin, et le réalisme choquant de la sexualité crue et passionnée fait place à la photographie "artistique" de corps nus, ponctuée par des épisodes parfois énergiques de baise simulée. Monsieur Lawrence a dû se retourner dans sa tombe... Par contre, cette sexe-capade à petit budget offre des décors naturels lumineux et les protagonistes principaux n'éprouvent aucune gêne à déambuler dans le plus simple appareil. Il faut noter qu'il s'agit d'un des rares films de cette époque à montrer la nudité masculine autant que féminine. Nicolas Clay (Oliver Mellors), le garde-chasse qui voit aux besoins de Lady Chatterly après l'accident de son mari, est le seul membre de la distribution qui joue avec un minimum de conviction. Le talent de Sylvia Kristel se limite à un corps d'une blancheur laiteuse aux formes agréables, et elle possède de fort jolis nichons qui pointent résolument vers l'horizon. La réalisation de Jaeckin est brouillonne et le montage est parfois incohérent, le film passant souvent d'une scène à l'autre sans avertissement.
Le transfert vidéo est très bon. L'image est claire et très douce, ce qui est probablement voulu vu l'aspect érotico artistique du film, et dénuée de taches et d'égratignures. Je n'ai noté aucun problème d'artefacts dus à la compression ou d'accentuation des contours. La trame sonore n'est pas très dynamique, mais offre tout de même un peu d'appui des enceintes arrière qui viennent supporter l'atmosphère. Les dialogues sont clairs et sans distorsion. La présentation est minimale et le boîtier simple ne contient pas d'encart. Les menus sont statiques et sans accompagnement musical. Comme seul supplément, on retrouve la bande-annonce du film.
La couverture du boîtier mentionne "Le Classique de la Littérature Érotique". Malheureusement, cette adaptation à l'écran navigue entre l'embarrassant et le ridicule. Ce qui me laisse croire que le vrai nom de Just Jaeckin est en réalité Just Joking. À éviter.
| Film | 3 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |