Malgré son énorme talent, on se souviendra malheureusement d'Elia Kazan davantage pour ses agissements pendant la période du maccartisme aux États-Unis que pour ses films. Dans les années cinquante, en pleine guerre froide, le gouvernement se livrait à une véritable chasse aux sorcières aux dépens des communistes américains. Kazan, lui-même anciennement membre d'un regroupement communiste, a donc été arrêté par les autorités, et, pour sauver sa propre peau, a dû dénoncer une volée de ses collègues de Hollywood. Ces derniers se sont donc retrouvés sur la fameuse liste noire, et conséquemment, ne se sont plus vu offrir de travail. Même si le talent de Kazan est indéniable, il est toutefois à se demander si, sans ces dénonciations, d'autres réalisateurs et écrivains plus talentueux que lui n'auraient pas pu prendre sa place. Malgré toute cette controverse, il s'est tout de même vu remettre un oscar honorifique en 1999; lors de la cérémonie, la moitié des gens présents l'on applaudit, alors que l'autre moitié se sont assis sur leurs mains en guise de protestation. Notons que parmi ses plus grandes réalisations, Kazan nous a donné On the Waterfront et Streetcar Named Desire, films qui avaient fait connaître Marlon Brando.
L'histoire de "The Last Tycoon" nous présente Monroe Stahr (Robert De Niro), un très jeune, mais très influent producteur de Hollywood. Ce dernier dirige ses productions d'une main de fer, sans jamais en perdre la maîtrise. Par hasard, il rencontre une jeune actrice (Theresa Russell), entrée illégalement dans les studios et il en devient follement amoureux pour la simple raison qu'elle lui rappelle une ancienne flamme. Mais celle-ci, pour toutes sortes de raisons, ne peut lui rendre son amour, au grand déplaisir de Monroe. Au même moment, une dure confrontation avec les syndicats des scénaristes lui rendra encore plus la vie dure.
Ce film, inspiré du dernier livre de F. Scott Fitzgerald, raconte une partie de la vie du célèbre producteur de Hollywood, Irving Thalberg. Ce qui marque le plus l'écoute est évidemment la performance de Robert De Niro. C'est d'ailleurs sur lui que repose tout le film; sans sa performance, l'intérêt serait encore plus diminué. On y trouve tout de même quelques scènes dignes de mention, par exemple celle avec Jack Nicholson, à la toute fin. Il est impressionnant de voir ces deux grands acteurs jouer ensemble, à ce jeune âge. Notons aussi les premières apparitions au grand écran de Anjelica Huston et de Theresa Russell. Un fait intéressant au scénario est que quelques scènes parlent d'une façon très intransigeante des communistes de Hollywood (et plus spécifiquement, des scénaristes). À rebours, on jurerait que M. Kazan essaie de faire passer un message, d'autant plus que "The Last Tycoon" est son dernier film...
L'image de cette édition DVD laisse quelques fois à désirer. Le transfert est généralement bien fait, même si on remarque un certain blocage au niveau des noirs et un fourmillement variable, mais omniprésent à l'arrière-plan. Au niveau de la compression, on ne dénote qu'une légère surdéfinition des contours, le produit étant en général bien rendu. Le problème principal se situe au niveau du matériel source; ainsi, tout le long du film, on observe de nombreuses égratignures sur la pellicule. Néanmoins, l'image est plus que convenable.
Pour cette édition DVD, on nous propose deux pistes sonores. La première est une version restaurée de l'original en mono, tandis que la seconde est un remixage Dolby Digital 5.1. Mis à part une spatialité accrue, les deux pistes sont à peu de choses près identiques. Les seuls effets ambiophoniques discernables sont pour la musique qui paraît plus enveloppante; pour ce qui est du reste, on ne remarque rien d'extraordinaire. Les dialogues sont toujours bien clairs et bien centrés; par contre, les fréquences extrêmes sont tout simplement absentes, à cause des limitations de l'époque. On remarque aussi une saturation rapide au niveau de l'intensité lorsque les personnages haussent le ton. Somme toute, une piste fort convenable, compte tenu de l'année de création du film. Cette édition DVD renferme uniquement le film, sans aucun supplément sous une quelconque forme. Les menus sont fixes, sans musique de fond.
Bref, une édition simple d'un film qui, plus au niveau historique que du divertissement, gagne à être vu.
| Film | 5 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 6 |