Même si le terme de "collection" peut paraître exagéré dans ce cas-ci (le duo ayant à son actif plus de 150 productions en trente ans), Passport Productions nous offre ici un petit condensé intéressant de la très grande carrière de Stan Laurel et Oliver Hardy, plus connus sous le nom de "Laurel et Hardy". Ainsi, regroupés sur cinq DVD, nous avons le tout premier film où les deux acteurs apparaissent ensemble, tourné en 1921 (A Lucky Dog) ainsi que le tout dernier tourné quant à lui en 1950 (Utopia). Entre les deux, nous retrouvons trois productions qui marquent la carrière de ces deux géants du cinéma américain. Et pour bien remplir ce petit ensemble, un montage de leurs meilleurs moments ainsi qu'une émission de télévision de 1955 "This is your life" où on les voit ensemble "au naturel" pour une des toutes dernières fois. Oliver Hardy mourra deux ans plus tard, à l'âge de 65 ans. Stan Laurel le suivit en 1965 à l'âge de 75 ans, après avoir tout de même reçu un Oscar en 1961 pour l'ensemble de sa carrière.
La chronologie choisie pour mettre les films sur ces DVD respecte un sens décroissant. Nous allons du plus récent film au plus ancien. Pour des raisons pratiques, je vais utiliser une chronologie différente dans cette présentation. Les menus des DVD sont légèrement animés sur la musique typique des films muets de Laurel et Hardy. Certains films possèdent des chapitres.
The Lucky Dog (1921 – film muet – 24 minutes) : même s'il s'agit du premier film où les deux acteurs apparaissent en même temps, ce n'est pas pour autant un film du duo "Laurel et Hardy" (leurs vrais débuts en tant que duo comique se feront en 1927 dans le court métrage "Do Detectives Think?"). Ici, Stan Laurel joue le rôle d'un pauvre jeune homme qui se fait mettre dehors de chez lui et qui rencontre une jeune femme qui se rend à un concours de dressage de chiens. Entre temps, il se fait attaquer par un voleur de rue (Oliver Hardy) à qui il va dérober sans le savoir l'argent que le voleur venait juste de subtiliser à un autre passant. Mais l'ami de la jeune femme va utiliser le voleur pour reprendre la fortune familiale tant convoitée. Film muet typique des années vingt. La qualité est malheureusement assez mauvaise avec aucune restauration visible. Il semble même que les parties les plus abîmées ont carrément été coupées.
Be Big! (1930 – 28 minutes) : Alors que Oliver, Stan et leurs femmes préparent un petit voyage au bord de l'eau, Oliver reçoit un appel téléphonique de ses amis du Horse Club pour participer à une petite fête. Après s'être fait convaincre d'y participer, il feint un gros mal de tête pour expliquer qu'il ne pourra accompagner ces dames en voyage et convainc Stan de rester près de lui. Et dès qu'elles sont parties, nos deux compères se pressent de mettre leur tenue appropriée. Mais Oliver a beaucoup de mal à mettre ses bottes. Pas étonnant : c'est Stan qui s'est trompé. Entre temps, leurs femmes arrivent trop tard à la gare et le train est déjà parti. Elles décident de revenir chez elles. Les facéties de notre duo de comiques font mouche. La scène des bottes à elle seule occupe presque la moitié du court métrage. Les images sont un peu meilleures que le précédent film, mais elles restent dégradées. Le son, quant à lui, n'est pas très bon et on a souvent de la difficulté à comprendre les dialogues.
March of The Wooden Soldiers (1934 – 78 minutes) : Ce long métrage est une fable musicale se déroulant dans un pays imaginaire : Toyland. Les habitants sont heureux et chacun s'affaire à ses petites occupations. Ollie Dee et Stannie Dum (je ne vous dis pas qui est qui…) vivent avec leur mère âgée et leur sœur. Mais le méchant banquier du village vient récolter le montant de l'hypothèque et la pauvre femme ne peut pas payer. Il va falloir qu'elle demande à ses fils d'aller vivre ailleurs. Ces derniers essaient bien de lui venir en aide, mais ils créent plus de maladresses qu'il n'apporte de l'aide. Puisqu'ils ne peuvent pas payer, le banquier se propose alors de prendre pour femme la jeune sœur. Ce qui ne plaît à personne. Dans des décors luxuriants, surtout pour l'époque, voici un long métrage très intéressant. Le duo comique n'occupe pas l'avant de la scène en permanence et laisse place aux autres personnages de cette fable. Même les trois petits cochons sont de la partie. L'image reste très abîmée même si la qualité est meilleure que les films des précédents DVD. Le son est assurément meilleur. Un bon film de cette époque et une histoire qui se tient.
Flying Deuces (1939 – 68 minutes) : L'action se déroule à Paris. Nos deux compères passent du bon temps et Oliver croit avoir trouvé la perle rare pour partager sa vie. Malheureusement, avec ses amies, la jeune fille s'est un peu moquée de notre pauvre Hardy. Désespéré, il décide de se jeter à la Seine sans oublier d'emmener avec lui son bon vieux partenaire Stanley qui ne comprend pas toujours ce qui se passe. Un militaire les surprenant du haut du pont décide de leur proposer mieux que cette fin brutale. Et nos deux amis de s'engager dans la Légion Étrangère, ce corps d'élite de l'armée française basée en Afrique du Nord. Mais la rigueur militaire ne semble pas faire l'affaire de Stan et Ollie. Après maintes péripéties, ils emprunteront un avion pour s'enfuir, même s'ils ne savent piloter ni l'un ni l'autre. La qualité de cet autre long métrage est identique aux précédents, c'est-à-dire pas extraordinaire. Et c'est aussi valable pour le son. On garde bien entendu les maladresses du duo comme principale attraction. À ne pas manquer la scène de l'avion ainsi que le final, très chevalin. À noter un agaçant décalage de la voix par rapport à l'image !
Utopia (1950 – 82 minutes) : Mis en scène par un réalisateur français de l'époque et ayant même une grande actrice française de l'après-guerre au générique, Suzy Delair, ce dernier film du duo "Laurel et Hardy". Nos deux amis se retrouvent à Londres pour recevoir l'héritage d'un vieil oncle. Mais au lieu d'une grosse somme d'argent, comme ils s'y attendaient, il s'agit plutôt d'une île au large de Marseille, en France. N'écoutant que leur courage (et aussi le fond vide de leurs poches), ils affrètent un bateau certains d'être capables de le piloter. Et les voilà partis en mer accompagnés d'un chef cuisinier et d'un passager clandestin. Malheureusement, leur instinct de marin reste très limité et ils se perdent vite. Une nuit, lors d'une violente tempête, une île volcanique surgit juste sous leur bateau. Croyant avoir enfin atteint l'île tant recherchée, le petit groupe entreprend donc d'y bâtir leur communauté. Même s'il est plus récent que les autres, ce film ne bénéficie pas d'une qualité formidable. Par moment, il est moins bon que celui de 1939 ou de 1934. Vraiment dommage. On notera un Stan Laurel très amaigri et surtout faisant plus que ses soixante ans proches. Et là aussi, un agaçant décalage de la voix sur l'image.
This is Your Life (1955 – 30 minutes) : Cette émission de télévision enregistrée en décembre 1954 et diffusée au début de 1955 permet de retrouver Stan Laurel et Oliver Hardy alors qu'ils sont les invités, malgré eux, d'une émission retrouvailles où la production leur permettra de revoir certaines des personnes qui ont marqué leur vie. On y voit un Stan beaucoup plus en forme que dans le film "Utopia", mais surtout très mal à l'aise devant ces caméras-là. Oliver est quant à lui égal à lui-même. L'image est très mauvaise (enregistrement vidéo original de mauvaise qualité ?).
Laurel and Hardy at The Movies (2003 – 23 minutes) : il s'agit d'un montage de bandes-annonces et d'extraits de certains films du duo comique. On y revoit des gags que personne d'autre n'a osé refaire depuis et qui ont marqué le passage de ces deux monstres du cinéma comique américain.
Même si ce coffret n'est pas exceptionnel, il marque les étapes du couple d'humoristes le plus célèbre. On aurait aimé une présentation plus soignée et surtout des sous-titres pour comprendre tous les dialogues, certains étant carrément effacés par l'ouvrage du temps. On se demande aussi pourquoi faire un aussi gros coffret quand la totalité aurait tenu sur deux disques maximum. On appréciera par contre la copie, quoique très mauvaise, de cette émission de télé où nous voyons pour une des très rares fois les deux acteurs au naturel. Et pour finir sur une note triste, il faut savoir qu'ils n'ont jamais pu profiter financièrement de leur talent. Leurs films étaient la propriété des studios et ils n'ont jamais touché un sou des diffusions ou rediffusions. Ils sont pratiquement morts dans la misère et l'indifférence de leurs pairs.
| Film | 7 |
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| Audio | 5 |