Monstre sacré du théâtre britannique pendant plus d'un demi-siècle, spécialiste incontesté de Shakespeare, autant comme acteur que comme metteur en scène, souvent baptisé plus grand acteur du vingtième siècle, Laurence Olivier est peut-être mieux connu du public pour ses nombreux rôles marquant au cinéma (pour lesquels il remporta de nombreuses récompenses dont quatre Oscars - en plus d'être nominé 11 fois, 5 Emmy, 2 BAFTA, etc.). On n'a qu'à se rappeler le dentiste ex-nazi de Marathon Man de John Schlesinger en 1976 ou son rôle de sénateur romain dans Spartacus de Kubrick en 1960.
Mais son premier amour et la passion de toute sa vie furent sans contredit le théâtre en général et Shakespeare en particulier (comme on peut le constater avec le récent coffret de Criterion Olivier's Shakespeare composé de trois de ses adaptations pour le cinéma de classiques du barde anglais). Dans ce coffret de Acorn Media "Laurence Olivier Presents" on retrouve cinq pièces de théâtre écrites par quelques-uns des auteurs les plus marquants du siècle, comme Tennessee Williams, Harold Pinter ou Eduardo de Filippo, produites par Olivier et adaptées pour la télévision en 1976 et 1977 et mettant en vedette Olivier et une pléiade d'acteurs et d'actrices dont la réputation n'est plus à faire. Entre autres, Natalie Wood, Donald Pleasence, Joan Plowright, Robert Wagner, Malcolm McDowell, Carrie Fisher, Helen Mirren, Joanne Woodward et Maureen Stapleton!
Même si toutes les pièces sont intéressantes, leur valeur varie selon le texte. Certaines ont mieux vieilli que d'autres, et ce peu importe l'année de publication. Par exemple, "Hindle Wakes" écrite en 1912 et traitant de valeurs progressistes dans une société conservatrice peut très bien être vue comme une métaphore du climat social et politique actuel de l'Amérique et de l'Occident en général. Par contre, "The Collection", écrite en 1962, bien qu'une excellente pièce, a moins bien traversé les époques avec son regard sur l'homosexualité voilée, le regard actuel sur la question ayant grandement évolué (même si...).
En bonus, on a même inclus un sixième film, une interprétation d'Olivier dans un téléfilm tiré d'une nouvelle de John Fowles et mettant en vedette Greta Scacchi et Toyah Willcox. Ce n'est pas vraiment une pièce de théâtre, mais c'est tout de même un huis clos intense qui aurait certainement pu être joué au théâtre.
"Cat On A Hot Tin Roof – Tennessee Williams, 1955": Lors d'une soirée d'anniversaire pour un riche propriétaire terrien du Mississippi mourant, les membres de sa famille font, à tour de rôle, des révélations bouleversantes sur le patriarche. "The Collection – Harold Pinter, 1962": Dans les milieux chics de Londres, la vie parfaite et plastique de quatre individus est soudainement déstabilisée par des histoires de jalousie. Réalisé par Michael Apted. "Hindle Wakes – Stanley Houghton, 1912": Dans une petite ville conservatrice du nord de l'Angleterre une jeune femme aux idées avant-gardistes crée des remous. Ce télé-théâtre est réalisé par Laurence Olivier qui cependant n'y apparaît pas. "Come Back, Little Sheba – William Inge, 1950": Un médecin raté essaie de résister à ses pulsions alcooliques pendant que sa femme, désabusée, se remémore sa jeunesse pleine d'espoir et pleure la perte de son chien Sheba. "Saturday, Sunday, Monday – Eduardo de Filippo. 1959": Les hauts et les bas d'une famille italienne bouillante qui se réunit tous les dimanches pour manger ensemble et discuter... "The Ebony Tower – John Fowles, 1974": Un téléfilm bonus datant de 1984. Olivier y joue le rôle d'un vieux peintre britannique ayant marqué son époque, mais vivant maintenant en ermite dans la campagne française avec deux jeunes et jolies étudiantes. Le climat érotique étrange de la demeure sera perturbé par la visite d'un jeune critique d'art et peintre, lui aussi connu, et grand admirateur du maître.
Il s'agit ici de pièces de théâtre filmées pour la télévision britannique dans les années soixante-dix. On a donc plusieurs réserves sur la qualité audio et vidéo. Premièrement les séquences extérieures (ou plus souvent de simples liens narratifs) sont tournées sur pellicule, ce qui contraste grandement avec les intérieurs tournés en vidéo de l'époque! De plus, les bandes vidéo originales montrent quelques signes de vieillissement, avec quelques sauts, déchirements vidéos, et même à une occasion une image qui vacille pendant une bonne minute. Si on rajoute la piètre qualité technologique de la captation télévisuelle de 1976, on se retrouve avec un résultat bien loin des séries télé modernes. Pour l'audio, encore là les quelques manques habituels venus de l'âge avancé des bandes originales et des limitations techniques de la prise de son de l'époque. Heureusement pour les amateurs de théâtre, ces documents historiques ont une telle valeur que ces quelques problèmes techniques ne seront pas un obstacle à votre plaisir de téléspectateur. En supplément, les filmographies des acteurs et actrices pour chaque pièce et une biographie de Laurence Olivier qu'on retrouve sur chaque DVD.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |